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5 octobre 2009 - Conseil de sécurité : Femmes, paix et sécurité - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La France salue l’initiative du Vietnam d’organiser ce 10ème débat public sur " Les femmes, la paix et la sécurité ", consacré aux " Réponses aux besoins des femmes dans les situations de post-conflit ".

Beaucoup a été fait, notamment par les Nations Unies, pour mettre en œuvre la résolution 1325, mais les efforts doivent être poursuivis.

D’abord, le Conseil s’est efforcé d’intégrer de manière systématique l’approche recommandée par la résolution 1325 dans les mandats des Opérations de maintien de la paix et de convaincre les parties au conflit d’intégrer elles-mêmes cette perspective dans les processus de paix.

Ensuite, le Secrétariat et les agences, fonds et programmes, ont multiplié les actions pour protéger les femmes, y compris dans les situations de post-conflit. Je tiens à cet égard à remercier vivement la Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, Mme Rachel Mayanja, le Secrétaire Général adjoint chargé des Opérations de Maintien de la Paix, M. Alain le Roy, et Mme Ines Alberdi, directrice exécutive de l’UNIFEM, et je remercie également Asha Hagi Elmi Amin pour le témoignage qu’elle nous a apporté. Le rapport du Secrétaire Général rend compte du foisonnement d’initiatives visant notamment à former les personnels des Opérations de Maintien de la Paix, à aider les femmes victimes de violences et à lutter contre l’impunité. Parmi ces initiatives, je rappel celle de la France, en partenariat avec l’UNICEF, pour favoriser la réintégration des enfants-soldats dans la société civile.

Mais les Nations Unies ne sont pas seules à agir. L’Union européenne a montré l’importance qu’elle attachait à la protection des femmes, en adoptant les lignes directrices sur les violences faites aux femmes. Elle s’est également dotée, sous l’impulsion de la France, d’une politique globale en matière de mise en œuvre de la résolution 1325 et d’un document opérationnel actualisé sur la politique européenne de sécurité et défense (PESD) en la matière.

Mais l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir est immense. La liste est longue, des situations dramatiques auxquelles la communauté internationale doit faire face. Que ce soit les exactions commises en République Démocratique du Congo, au Népal, en Birmanie, ainsi qu’en République centrafricaine et au Burundi, exemples qui sont là pour nous le rappeler.

Monsieur le Président,

Moins d’une semaine après l’adoption de l’importante résolution 1888 pour renforcer les efforts de la communauté internationale dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés, la nouvelle résolution que le Conseil vient d’adopter comporte des avancées significatives pour améliorer la mise en œuvre de la résolution 1325.

La définition d’indicateurs par le Secrétariat, dans les prochains mois, pour permettre à l’ensemble des acteurs intéressés de suivre plus précisément les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la résolution 1325, est une première mesure pragmatique et utile.

Je me réjouis par ailleurs que le Conseil ait repris à son compte l’observation, formulée devant ce même Conseil le 30 septembre, par le Secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie, qui estimait que " la transparence, la coopération et la coordination des efforts entre la Représentante spéciale du Secrétaire Général pour les enfants dans les conflits armés et le nouveau Représentant spécial pour les violences sexuelles et les conflits armés seront essentiels ".

Ensuite, le Conseil a retenu pour la première fois un langage exigeant sur les besoins médicaux des femmes qui ont été victimes de viol ou d’autres violences sexuelles, notamment en termes de santé sexuelle et génésique.

Enfin, la France considère que certains aménagements de l’organisation du Secrétariat, en particulier au sein du Département des Opérations de maintien de la paix et du Département des Affaires politiques, permettraient de mieux prendre en compte la place des femmes dans la planification de crise et dans la préparation de la sortie de crise, assurant ainsi une meilleure mise en œuvre de la résolution 1325. Le chemin est donc clairement tracé, à nous de l’emprunter.

Pour faire le bilan des progrès qui ont été réalisés, et qui seront réalisés dans ces domaines, la France soutient la recommandation du Secrétaire Général d’organiser une réunion ministérielle au siège des Nations Unies, à l’occasion du 10ème anniversaire de la résolution 1325, en octobre 2010.

Je vous remercie./.



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