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11 mars 2002 - Somalie : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Le Gouvernement national de transition, issu du processus d’Arta, mérite d’être soutenu. Comme l’a dit le Secrétaire général, c’est la seule option viable. C’est la meilleure garantie de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Somalie auxquelles notre Conseil rappelle constamment son attachement. Il faut donner sa chance au nouveau gouvernement du Premier ministre Farah. Il faut répondre aux offres de coopération de ce gouvernement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

Une intervention sera ensuite prononcées au nom de l’Union européenne. La France y souscrit pleinement. Je limiterai donc mon intervention à quelques brefs commentaires :

- Le Conseil de sécurité a été saisi de la situation en Somalie pour la première fois au début de l’année 1992. Le Conseil de sécurité a consacré beaucoup d’énergie à la crise somalienne. Il a adopté sur le sujet près de vingt résolutions. Celles-ci ont permis le déploiement de deux opérations de maintien de la paix, d’un coût de quelque 2 milliards de dollars, et d’une force multinationale de 37 000 hommes.

- Ce n’est pas le moment de baisser les bras. La France partage l’"optimisme prudent" du Secrétaire général. Le neuvième sommet de l’IGAD a ouvert de nouvelles perspectives. La conférence de réconciliation nationale prévue pendant la seconde quinzaine d’avril, à Nairobi, devrait les confirmer. A condition toutefois que le GNT et l’ensemble des parties somaliennes y participent sans préalables. A condition aussi que l’ensemble des Etats de la région confirment leurs bonnes dispositions. C’est l’un des messages que notre Conseil doit faire passer.

- Dans le contexte nouveau de l’"après 11 septembre", il est essentiel d’aider la Somalie pour éviter qu’elle ne devienne un "nouvel Afghanistan". Il faut le faire en concertation avec les Somaliens. Il faut le faire en limitant les conséquences humanitaires des décisions prises. On ne peut que souligner de ce point de vue les conséquences très lourdes du gel des avoirs d’Al-Barakaat. La formule de dégel contrôlé des avoirs gelés proposée par les autorités somaliennes devrait donc recevoir un accueil favorable.

Que peut faire notre Conseil ?

- Plusieurs pistes, excellentes, sont évoquées dans le rapport du Secrétaire général. Les missions de "bons offices" de Mohamed Sahnoun ont certainement eu un effet très bénéfique, au sommet de Khartoum en particulier. Il faut les poursuivre et les intensifier. Elles complèteront utilement l’action quotidienne du nouveau Représentant du Secrétaire général, M. Winston Tubman.

- La création de deux groupes d’amis, à Nairobi et à New York, va également dans le bon sens. La France serait intéressée à y participer, aux côtés d’autres pays susceptibles de favoriser le règlement et de contribuer à la mobilisation de la communauté internationale.

Que faire d’autre ?

- Il est important que le Conseil réaffirme clairement son attachement à certains principes. La France appuie sans réserve la préparation d’une déclaration présidentielle qui pourrait être adoptée cette semaine.

- Les moyens de rendre effectif l’embargo sur les armes, décidé en 1992, sont discutés par le comité des sanctions, sous la conduite de son nouveau président, l’Ambassadeur de Bulgarie. Je ne vais pas les détailler. Mais c’est un enjeu majeur dans un pays marqué par la prolifération des armes. Des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration conséquents seront aussi indispensables.

- Enfin notre Conseil doit se tenir prê à frznchir un pas décisif. La France est favorable à l’envoi d’une mission de consolidation de la paix en Somalie dès que les conditions de sécurité le permettront. Les résultats de la mission inter-agences qui s’est rendue dans plusieurs régions somaliennes, du 15 au 23 janvier, ne concluent malheureusement pas encore en ce sens. Mais il faut que la sécurité à Mogadiscio notamment continue d’être régulièrement évaluée, avec l’espoir qu’un feu vert pourra être donné prochainement à un retour des nations Unies, notamment dans la capitale./.



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