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12 novembre 1999 - Burundi : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La situation au Burundi est difficile. L’exposé du Sous-Secrétaire général Ibrahima Fall est instructif. Nous le remercions d’avoir été aussi précis que rigoureux dans l’exposé des faits.

La disparition du médiateur du processus d’Arusha, Julius Nyerere, a ouvert une période d’incertitude. L’augmentation des violences commises par les groupes armés rebelles, en particulier dans la région de Bujumbura, a accru les tensions.

Ma délégation, comme celles qui se sont exprimées, est préoccupée par ces évolutions. Elle condamne les attaques commises par les groupes rebelles contre les populations civiles et contre les organisations humanitaires. Elle déplore les violations des droits de l’homme qui accompagnent le regain des tensions.

En dépit de ces difficultés, il est nécessaire que le processus de réconciliation au Burundi, tant interne qu’externe, reprenne son cours et progresse.

La communauté internationale doit aider les Burundais à accomplir cette réconciliation. Ce débat offre au Conseil de sécurité l’occasion d’examiner le rôle que les Nations Unies peuvent jouer à cet effet.

Pour y contribuer je souhaiterais évoquer brièvement quelques orientations qui pourraient guider l’action du Conseil. Ces orientations résultent de la récente visite dans la région des grands lacs, et notamment au Burundi, du Ministre délégué à la coopération et à la francophonie, M. Charles Josselin.

1 - Il est essentiel que le processus de réconciliation s’appuie sur les résultats obtenus dans le cadre des négociations d’Arusha. La France rend hommage à l’action entreprise par Julius Nyerere. Elle espère que la médiation reprendra le plus rapidement possible. Nous appuyons les efforts que le Secrétaire général des Nations unies a entrepris, à travers l’envoi d’un émissaire dans la région, pour aider à la revitalisation du processus externe.

2 - Il est également indispensable que toutes les parties, notamment la rébellion armée, participent aux négociations en vue d’un règlement. L’arrêt des hostilités constitue naturellement une priorité.

3 - La reprise du processus et sa poursuite doivent être appuyées par la communauté internationale de manière très concrète. Le Burundi connaît une situation de tensions que les difficultés économiques n’ont fait qu’aggraver. Il faut sortir de ce cercle vicieux. La délégation française souhaite souligner ici que les progrès du processus de paix doivent être appuyés par une aide internationale à la réconciliation, à la reconstruction et à la démocratisation.

Enfin, le Conseil doit avoir à l’esprit les liens avec la situation en République Démocratique du Congo. La mise en oeuvre de l’Accord de Lusaka est nécessaire pour permettre le redressement plein et entier du Burundi. Le Conseil devra ainsi, au cours des prochaines semaines, réfléchir à l’articulation entre l’application du processus de Lusaka et la reprise du processus qui avait été lancé par les négociations d’Arusha. Je ne pourrais, à cet égard, que remercier le représentant de l’Argentine qui vient de s’exprimer en faveur de l’idée d’une conférence sur les grands lacs réunie sous le double patronage des Nations unies et de l’OUA.

Je vous remercie Monsieur le Président.



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