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12 novembre 2001 - Conseil de sécurité réuni au niveau ministériel - Terrorisme international : Intervention de M. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères

Les attentats du 11 septembre sont un défi majeur à la paix, à la démocratie. Le Conseil de sécurité a réagi immédiatement en adoptant la résolution 1368. Conformément à celle-ci, exerçant leur droit de légitime défense, les Etats-Unis ont engagé une riposte armée contre Oussama Ben Laden, le réseau al Qaïda, et le système des Talibans qui les a soutenus. La France est pleinement solidaire de cette action.

La lutte contre le terrorisme international implique d’agir dans le même temps sur de nombreux fronts. La mobilisation doit être universelle, elle l’est d’ailleurs. Les Nations Unies ont, à cet égard, un rôle essentiel à jouer.

Elles ont tout d’abord vocation à doter la communauté internationale d’instruments juridiques renforcés qui lui permettent de lutter contre le terrorisme. Il s’agit notamment de priver les terroristes de toute source de financement et, de faire en sorte qu’ils ne puissent trouver où que ce soit ni soutien, ni refuge. Le Conseil de sécurité a répondu à cette urgente nécessité en adoptant à l’unanimité la résolution 1373.

Nous devons, dans le même esprit, nous mobiliser également pour favoriser l’entrée en vigueur de la convention sur la répression du financement du terrorisme, conclue il y a deux an. Il importe enfin de faire aboutir dans les meilleurs délais le projet de convention générale.

La mobilisation signifie aussi une coopération accrue entre Etats ; les Nations Unies peuvent y contribuer fortement. La résolution 1373 du Conseil de sécurité a mis en place, avec le Comité du contre-terrorisme, un mécanisme coopératif et incitatif qui pourra, nous l’espérons, aider les Etats, selon leurs besoins, à répondre aux exigences de la coalition mondiale.

L’efficacité commande de mobiliser autour des mêmes objectifs les organisations régionales et les enceintes spécialisées. L’Union européenne a ainsi adopté le 21 septembre un vaste plan d’action comprenant un mandat d’arrêt européen ainsi que d’autres mesures judiciaires, policières et de sécurité aérienne. Les nouvelles recommandations du GAFI, adoptées le 30 octobre à Washington, permettront à ses membres d’appliquer aux sources de financement du terrorisme les méthodes qu’ils emploient avec succès pour lutter contre le blanchiment de l’argent. Elles préconisent dans le même temps des mesures applicables par les Etats non-membres du GAFI.

Il est enfin indispensable d’assurer la cohérence entre les initiatives de ces différentes enceintes et ce qui est entrepris aux Nations Unies.

La France propose, dans cette perspective, la création d’un forum sur le financement du terrorisme, à la composition plus large que le GAFI, et qui pourrait notamment relayer de manière opérationnelle les exigences formulées par les Nations Unies.

Les actes de terrorisme international constituent clairement une menace à la paix et à la sécurité internationales que le Conseil de sécurité se doit de combattre avec la plus grande fermeté. La déclaration que nous allons adopter aujourd’hui témoigne de la détermination unanime de ses membres et, à travers eux, de l’ensemble de la communauté internationale. Nous somme décidés à aller de l’avant et à prendre en charge tous les aspects de cette lutte complexe et de longue haleine./.



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