Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

13 juillet 1998 - Sierra Leone : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(Résolution 1181 (1998))

Les difficultés du Groupe de contrôle (ECOMOG) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour venir à bout des activités de la rébellion et des activités des membres de l’ancienne junte militaire montrent que la situation en Sierra Leone demeure fragile et que les progrès accomplis risquent toujours d’être remis en cause. Ces incertitudes ne doivent pas nous empêcher de nous réjouir du rétablissement du Gouvernement constitutionnel sierra-léonais et de nous féliciter des intentions de réforme qu’il manifeste, en particulier dans le domaine de l’état de droit et de la restructuration de l’Etat.

La présence d’une Mission d’observation des Nations Unies en Sierra Leone (MONUSIL) devrait constituer un facteur de stabilisation de la situation et permettre aux autorités légales de la Sierra Leone d’affermir leur autorité. Nous sommes donc particulièrement heureux des initiatives qui ont été prises par plusieurs membres du Conseil pour monter, organiser et faire approuver cette mission d’observateurs des Nations Unies. Il s’agit de la seconde opération nouvelle créée par le Conseil de sécurité en Afrique au cours des trois derniers mois. Nous voulons voir dans cette décision la preuve de l’intérêt du Conseil de sécurité et de la communauté internationale pour aider l’Afrique à prévenir et à régler les crises.

La création de la Mission d’observation des Nations Unies en Sierra Leone permet de traiter à la fois des dimensions militaire et civile du conflit. La diversité des tâches assignées à la Mission reflète son ambition. Il s’agit de suivre le programme de démobilisation et de réinsertion des anciens combattants ; de superviser le respect du droit international humanitaire, comme l’a souligné à l’instant l’Ambassadeur de Suède ; de suivre le programme de restructuration de la police ; enfin, d’apporter une assistance technique au Gouvernement sierra-léonais pour faire face aux besoins du pays dans le domaine des droits de l’homme.

La MONUSIL constitue également une expérience intéressante, une expérience prometteuse et féconde de coordination entre une opération régionale, celle mise en oeuvre par l’ECOMOG pour le compte de la CEDEAO, expérience dont nous saluons l’importante contribution à la stabilisation du pays, et une opération des Nations Unies. Le succès de la MONUSIL dépendra donc de la coopération concrète entre les deux missions : celle de l’ECOMOG, mission principale, et celle, complémentaire, de la MONUSIL. Mais il s’agit là, encore une fois, d’une coopération telle que nous en avions manifesté le souhait entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales auxquelles nous faisons confiance.

La MONUSIL s’inscrit enfin dans le cadre politique d’une véritable réconciliation nationale et, une fois de plus, nous nous réjouissons à cet égard des intentions affirmées par le Gouvernement sierra-léonais. Nous espérons donc que la MONUSIL pourra soutenir toutes les initiatives, notamment celles venant du Gouvernement, qui permettront de rétablir le processus démocratique et d’accélérer ainsi la reconstruction et le relèvement de la Sierra Leone.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU