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13 octobre 2000 - La situation en RDC : Intervention de M. Pascal Teixeira da Silva, conseil politique de la mission permanent de la France auprès des Nations unies

En février dernier, notre conseil autorisait, dans sa résolution 1291, le déploiement de la phase 2 de la mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo, la MONUC. Neuf mois après, la mise en oeuvre de cette opération de paix est encore bloquée par la poursuite des hostilités, en particulier dans la province de l’Equateur, et par le manque de coopération des parties avec les Nations Unies.

Notre Conseil a dû, à plusieurs reprises, rappeler aux parties leurs obligations. Adoptée il y a maintenant quatre mois, la résolution 1304 exigeait, je cite, "que l’Ouganda et le Rwanda qui ont violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, retirent toutes leurs forces du territoire de la RDC sans plus tarder, conformément au calendrier prévu dans l’accord de cessez le feu et le plan de désengagement de Kampala".

Le Conseil a exigé également que toutes les parties, et notamment le gouvernement de la RDC coopèrent au déploiement de la MONUC en levant les restrictions à la liberté de circulation de son personnel et en assurant sa sécurité.

Malheureusement, les demandes du Conseil n’ont pas été entendues par les parties.

Le Conseil de sécurité décide aujourd’hui de prolonger encore de deux mois le mandat de la MONUC. La France espère, avec le Secrétaire général, que les parties sauront mettre ce délai à profit pour prouver qu’elles sont résolues à faire progresser le processus de paix au Congo.

Encore une fois le message adressé aux belligérants est clair. Il tient en quatre points qui ont à nouveau été rappelés dans la déclaration adoptée par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet du Conseil en septembre :

- appel au parties à cesser les hostilités et à se conformer à leurs obligations dans le cadre de l’Accord de Lusaka et des résolutions du Conseil ;

- appel au retrait accéléré des forces ougandaises et rwandaises et de toutes les autres forces étrangères conformément à la résolution 1304 ;

- appel à toutes les parties congolaises et en particulier au gouvernement à s’engager pleinement dans le dialogue national ;

- appel à toutes les parties à coopérer avec la MONUC pour permettre son déploiement.

Il appartient maintenant à tous les belligérants de répondre, par des actes concrets, à cet appel qui leur a été adressé au plus haut niveau par le Conseil de sécurité.

Les Nations unies ne peuvent pas se substituer aux parties si celles-ci ne démontrent pas leur volonté de parvenir à un règlement pacifique de la crise. Rappelons aussi que la poursuite du conflit, alimentée par le pillage des ressources naturelles du pays, a entraîné des conséquences dramatiques pour la population congolaise. Les massacres de civils, en particulier dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, le manque de soins et d’approvisionnements font que le conflit en RDC est aujourd’hui, sans doute, la plus grave crise humanitaire en Afrique. Les organisations humanitaires et le Secrétariat ont témoigné de l’ampleur de cette crise : depuis deux ans les victimes se comptent par centaines de milliers. Il est urgent que les parties mettent fin aux combats./.



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