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14 février 2006 - Kosovo/MINUK : Intervention de M. Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez moi tout d’abord de remercier le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Jessen Petersen, pour la présentation qu’il vient de faire et pour son action déterminée à la tête de la MINUK.

Permettez moi également de saluer la présence parmi nous de M. Tadic, Président de Serbie et, au sein de la délégation conduite par M. Jessen Petersen, de M. Kosumi, Premier ministre du Kosovo.

Le Représentant permanent de l’Autriche prononcera tout à l’heure une intervention au titre de la Présidence de l’Union européenne à laquelle je m’associe pleinement.

Je ferai pour ma part quelques brèves remarques.

Je souhaiterais tout d’abord saluer la mémoire du Président Rugova, qui a consacré sa vie à défendre son peuple de façon pacifique. Il revient désormais à son successeur, M. Fatmir Sejdiu, et à l’ensemble des autorités et de la population du Kosovo, de suivre la voie qu’il avait tracée en s’engageant de façon constructive dans les pourparlers qui doivent débuter très prochainement.

Monsieur le Président,

Nous partageons l’analyse du Secrétaire général s’agissant des progrès réalisés au Kosovo ces derniers mois : s’il ne fait pas de doute que les autorités sont aujourd’hui bien mieux préparées qu’elles ne l’étaient hier pour participer aux négociations, force est de constater que trop peu a été fait en matière de mise en œuvre réelle des normes. Nous attendons désormais des actes et des améliorations concrètes sur le terrain. Quel que soit le statut futur du Kosovo, celui-ci devra être multiethnique ; or c’est dès aujourd’hui que doivent se construire les relations de demain entre les différentes communautés. Nous demandons donc au Premier ministre, et à l’ensemble des institutions provisoires du Kosovo, de prendre les mesures nécessaires pour accélérer la mise en œuvres des normes prioritaires. La capacité des autorités kosovares à trouver des solutions aux différents problèmes, qu’il s’agisse de la sécurité, mais aussi de l’éducation, des questions de logement, des retours des réfugiés, ou encore de l’approvisionnement énergétique, sera bien entendu un critère fondamental lorsque viendra le moment de déterminer le statut du Kosovo.

Monsieur le Président,

Depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité sur le Kosovo, le Secrétaire général des Nations unies a désigné M. Martti Ahtisaari pour mener les pourparlers sur le statut du Kosovo. Il nous paraît essentiel, en cette période délicate, que l’ensemble de la communauté internationale, et en particulier le Conseil de sécurité, apporte un soutien sans faille à sa mission. Nous estimons notamment que l’approche qu’il a choisie, consistant à traiter en premier lieu les questions concrètes, est parfaitement pertinente.

Parallèlement, nous ne devons pas perdre de vue l’objectif qu’a précisé le Groupe de contact à Londres, le 31 janvier dernier, de conclure ces négociations dans le courant de l’année 2006. Nous appelons les responsables politiques, à Belgrade comme à Pristina, à s’engager résolument dans un dialogue constructif autour de M. Ahtisaari. A cet égard, la réunion prévue à Vienne les 20 et 21 février prochains sur les questions liées à la décentralisation est essentielle pour que ce dialogue s’amorce de façon positive. En tout état de cause, le règlement du statut devra, entre autres, être acceptable pour la population du Kosovo. Les dirigeants de la Serbie et du Kosovo devront faire preuve de courage et de vision politique afin de trouver une solution réaliste.

Comme l’a fait le groupe de contact dans sa déclaration du 31 janvier dernier, nous souhaitons rappeler le caractère spécifique du cas du Kosovo. La situation actuelle est le résultat des événements dramatiques qui ont suivi la désintégration de l’ex-Yougoslavie. La solution qui sera trouvée sur le statut du Kosovo devra nécessairement le prendre en compte.

Monsieur le Président,

Quel que soit le futur statut du Kosovo, il sera ancré dans l’architecture européenne. C’est aussi dans cette perspective que des progrès vers une société démocratique et multi-ethnique nous paraissent indispensables. Nous espérons que les parties sauront utiliser les mois qui viennent à cette fin.

Je vous remercie./.



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