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15 juin 2001 - Bosnie-Herzegovine : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France souscrit sans réserve à la déclaration que le représentant permanent de la Suède fera plus tard au nom de l’Union européenne. Je souhaite simplement la compléter par quelques observations plus spécifiques à titre national.

Mes remerciements s’adressent tout d’abord au représentant spécial du Secrétaire Général, M. Jacques Klein, dont les commentaires, comme toujours précis et incisifs, complètent l’excellent rapport du Secrétaire Général. Je souhaite aussi témoigner à l’Ambassadeur Klein toute notre satisfaction pour le travail remarquable qu’il accomplit, depuis maintenant près de deux ans, à la tête de la mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine.

La méthode suivie par le représentant spécial est la bonne : la MINUBH s’est fixé des objectifs clairs ; elle a identifié les moyens de les atteindre ; elle rend compte régulièrement, en toute transparence, des obstacles rencontrés dans la mise en oeuvre de son mandat et de ses efforts pour les surmonter. Sur le terrain, M. Klein déploie toute son énergie et son talent pour assurer le succès de cette mission. Qu’il reçoive nos chaleureux encouragements dans son action exemplaire.

Plusieurs événements alarmants, ces derniers mois, ont mis les forces de police en Bosnie-Herzégovine à l’épreuve. Le premier de ces événements a été la dissidence des dirigeants du HDZ, qui ont chercher à entraîner notamment les policiers bosno-croates dans la violation des accords de Dayton. Plus tard, les émeutes orchestrées à Banja Luka et Trebinje en réaction à la reconstruction de mosquées ont constitué un nouveau défi, qui ont démontré l’absence de professionnalisme et surtout le non-respect des institutions et de la légalité par les responsables policiers bosno-serbes. Agissant aux côtés du haut représentant et de la SFOR, la MINUBH a eu la réaction qui convenait : elle a opportunément décertifié les auteurs de ces atteintes sérieuses à l’esprit et à la lettre des accords de paix.

En parallèle avec les sanctions qu’il peut prendre en application de l’annexe 11 des accords de Dayton, l’Ambassadeur Klein a raison de mettre aussi l’accent sur une formation adéquate des policiers bosniens, ainsi que sur le renforcement de leurs moyens financiers et matériels. La MINUBH oeuvre concrètement dans cette direction. La communauté internationale doit l’y aider. Mais les responsabilités des dirigeants politiques bosniens ne doivent pas être éludées. En promouvant officiellement et sincèrement la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, en encourageant l’indépendance de la justice, et en prenant toutes les dispositions pratiques pour accélérer le retour des groupes minoritaires, les dirigeants bosniens apporteront leur contribution à l’édification d’une police moderne, plus proche des standards européens.

Par ailleurs, pour renforcer sa coordination et l’efficacité de son action civile, la communauté internationale a invité le haut représentant, en concertation avec la MINUBH, à formuler des propositions. Nous espérons que ce processus de restructuration s’engagera dès que possible.

Les commentaires du Secrétaire Général et de son représentant spécial sur les perspectives politiques, en Bosnie-Herzégovine et dans la région des Balkans, ont retenu toute notre attention.

Comme le rapport du Secrétaire Général le relève, la conviction existe chez certains que les frontières et les institutions démocratiques peuvent être modifiées, pour peu que l’obstruction et la violence soient assez fortes pour affaiblir la détermination internationale. Ces individus doivent savoir que les accords de Dayton doivent être respectés. Il n’y a pas d’avenir pour les extrémistes, d’où qu’ils viennent. Seuls le respect de la constitution et le renforcement des institutions centrales permettront à la Bosnie-Herzégovine de progresser dans le processus de rapprochement avec l’Europe.

La communauté internationale ne se laissera pas détourner de la réalisation de ses aspirations dans la région, comme le Secrétaire Général l’a fort opportunément rappelé. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, réunis en ce moment même au Conseil européen de Goeteborg, sont déterminés à jouer pleinement leur rôle au service de ces objectifs. C’est aussi ce message que le conseil de sécurité se propose de relayer sans ambiguïté, dans les prochains jours, pendant sa visite au Kossovo.



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