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16 mars 2001 - Kosovo : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je souhaite compléter, par quelques commentaires à titre national, l’intervention que le représentant permanent de la Suède prononcera au nom de l’Union européenne.

Je tiens d’abord à saluer le représentant spécial du Secrétaire Général, M. Hans Haekkerup, dont c’est la première visite à New York dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Dès son arrivée à Pristina, M. Haekkerup s’est investi dans l’importante mission qui lui a été confiée : la poursuite de la mise en oeuvre de la résolution 1244 dans tous ses aspects. Qu’il soit assuré de nos encouragements et de tout notre soutien dans l’accomplissement de son mandat.

Comme le représentant spécial l’a souligné, la lutte contre les violences, en particulier celles qui sont motivées par la haine ethnique, constitue toujours une préoccupation centrale de la communauté internationale au Kossovo. La MINUK et la KFOR se sont mobilisées, d’une manière coordonnée, pour faire face aux défis lancés par les extrémistes. Elles s’acquittent de leur mission avec courage et persévérance.

Toutefois, pour vaincre la violence, la MINUK et la KFOR ont aussi besoin de l’implication de la société kossovare tout entière. Il est indispensable que tous les responsables politiques de la province leur apportent un soutien actif et dénué d’ambiguïté. C’est en mettant un terme aux heurts ethniques, en garantissant le droit de tous à la sûreté et en développant un dialogue pacifique que les Kossovars réussiront à s’intégrer dans une Europe démocratique.

Nous saluons le processus engagé par le représentant spécial du Secrétaire Général pour définir les institutions de l’autonomie du Kossovo, comme le prévoit la résolution 1244.

Nous souhaitons que des discussions approfondies soient menées avec les Kossovars. L’objectif est de les impliquer et de les amener à réfléchir sur le contenu de l’autonomie, y compris sur les aspects relatifs à la protection et aux droits des minorités. Ce processus doit avoir pour contrepartie un engagement clair de leur part de respecter et de mettre en oeuvre toutes les composantes du contenu de l’autonomie.

Il importe que les représentants de toutes les communautés participent à ce processus, notamment les Serbes du Kosovo. Il faut parallèlement que Belgrade soit tenue informée.

S’agissant des élections générales au Kossovo, nous continuons d’être convaincus qu’elles seront utiles au processus démocratique et à l’autonomie substantielle telle que prévue par la résolution 1244, si les conditions suivantes sont réunies :

- la définition précise des compétences et du mandat des organes qui vont être élus ;

- des conditions de sécurité satisfaisantes ;

- la participation de toutes les minorités, notamment des Serbes, au scrutin.

A cet égard, nous nous félicitons des récentes déclarations des autorités de Belgrade (M. Djindjic, M. Svilanovic) sur la participation des Serbes au scrutin, qui vont dans le bon sens.

Les élections pourront se tenir dès que ces éléments seront réunis. Vouloir fixer une date a priori serait prendre un risque. Nous faisons confiance au représentant spécial du Secrétaire Général pour prendre toutes les décisions appropriées et nous l’appuierons en ce sens.

Les actions de déstabilisation qui sont orchestrées par des groupes armés extrémistes Albanais, aux pourtours du Kossovo, ne sauraient être tolérées.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté les actions de violence à la frontière nord de la Macédoine et dans la région de Tetovo. L’intégrité de la Macédoine doit être respectée. Nous ne pouvons accepter la volonté des extrémistes de modifier par la force les frontières entre la Yougoslavie et la Macédoine, et notamment entre le Kosovo et la Macédoine. La politique de modération menée par les autorités de Skopje doit être soutenue. Il faut également que les Albanais de Macédoine se voient offrir toutes les perspectives politiques, dans le cadre constitutionnel actuel.

S’agissant de Presevo, nous nous félicitons de l’accord de cessez le feu conclu le 12 mars entre les forces armées yougoslaves et les groupes armés albanais. Nous appelons les parties à le respecter, et à engager rapidement un dialogue pour un règlement politique global et durable de la crise.

La communauté internationale doit soutenir ce processus, en particulier par le renforcement de son assistance humanitaire, économique et sociale à la région. Des projets humanitaires sont déjà en cours de mise en oeuvre par l’Union européenne.

Le Conseil de l’Atlantique Nord a adopté le 9 mars une décision d’autorisation par étapes et sous conditions du retour des forces yougoslaves dans la Zone de sécurité, avec l’intention, à terme, de la supprimer. Ceci va dans le sens que nous souhaitons. Nous nous félicitons qu’en application de cette décision, le COMKFOR ait autorisé le déploiement des forces yougoslaves dans la zone C/Est de la zone de sécurité et que ce déploiement se soit déroulé sans incidents.

La mise en échec des extrémistes qui, au Kossovo et à sa périphérie, cherchent à assombrir les perspectives de la réconciliation, de la paix et du développement est un objectif partagé par toute la communauté internationale. Quelles que soient les causes dont ces groupes isolés se réclament, leurs actions violentes ne trouveront aucune tolérance auprès de notre conseil : la déclaration présidentielle qui sera lue tout à l’heure le marquera sans équivoque. M. Haekkerup pourra porter à tous les démocrates de la région notre message de solidarité.



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