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16 septembre 1999 - Protection des civils en périodes de conflit armé : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président, je souhaite d’abord vous remercier d’avoir inscrit ce sujet à l’ordre du jour de nos travaux et d’avoir suscité ce débat public, suivant ainsi l’initiative bienvenue du Canada sur ce sujet. Je souhaite également remercier le Secrétaire général et Mme Mary Robinson de leur présence et de leurs interventions. Elles témoignent de l’actualité de nos préoccupations.

Le sujet que nous examinons est en fait devenu au coeur des compétences du Conseil de sécurité. Il suffit de se rappeler les débats que nous avons eus tout récemment à propos du Timor, d’avoir à l’esprit les exactions contre les populations civiles qui ont été commises au Timor oriental. Et comment ne pas se rappeler, cette fois avec satisfaction, la réaction rapide et unanime du Conseil lorsqu’il a décidé, pour faire face justement à ce problème de la protection des populations civiles, d’autoriser l’envoi d’une force internationale pour rétablir la paix et la sécurité et mettre fin aux violences.

Mais il faut garder à l’esprit d’autres situations aussi graves dans le reste du monde : Afghanistan, Angola, Grands Lacs, régions dans lesquelles les civils sont égale-ment les principales victimes. Un seul exemple : une équipe du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) qui s’est rendue en République démocratique du Congo a indiqué, hier, que le conflit dans cette région de l’Afrique avait déraciné près d’un million de personnes devenues réfugiées ou déplacées. Là aussi il faudrait que le Conseil agisse et assume ses responsabilités.

Je crois qu’il est inutile de revenir sur le constat qui a été fait et refait dans cette enceinte selon lequel les conflits armés ont changé de nature et font actuellement en majorité des victimes civiles. Les combattants se battent entre eux, mais ils ne se battent plus seulement entre eux, ils s’attaquent aux populations sans défense, en violation, bien sûr, des lois internationales et des principes fondamen-taux du droit humanitaire. Il s’agit d’une stratégie de terreur où plus personne ni aucun lieu ne sont épargnés.



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