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19 avril 2004 - Proche-Orient : Intervention de M. Jean-Marc de la Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Ma délégation s’associe au discours qui sera prononcé tout à l’heure par la présidence de l’Union Européenne.

La France condamne l’attaque perpétrée le samedi 17 avril contre le chef du Hamas, Abdelaziz Rantissi, qui a provoqué sa mort. La pratique des exécutions extra-judiciaires viole les principes fondamentaux du droit international et de l’Etat de droit sans lesquels il n’y a pas de politique juste et efficace possible, y compris en matière de lutte contre le terrorisme. Cette pratique des forces armées israéliennes doit cesser. Au delà de leur caractère illégal, le recours aux assassinats ciblés, l’usage disproportionné de la force contre des zones peuplées de civils, les destructions de maisons et de terrains agricoles, les entraves à l’accès de l’aide humanitaire compromettent les efforts déployés au cours des derniers mois pour obtenir un cessez-le-feu des mouvements palestiniens. Ces pratiques ne peuvent que conduire à une radicalisation des esprits dans la population palestinienne, et au delà, parmi les populations du Proche et du Moyen Orient et miner les perspectives de reprise de dialogue politique.

La France reconnaît le droit imprescriptible d’Israël à la sécurité et son droit à se défendre et à lutter contre les attentats terroristes, qui sont absolument condamnables. La France condamne systématiquement les attaques terroristes commises contre des civils israéliens par les groupes palestiniens armés, notamment les brigades du Hamas. Cependant, la lutte contre le terrorisme doit absolument se faire dans le strict respect du droit.

La sécurité d’Israël et de ses citoyens passe par la paix. La violence ne peut pas être une solution. Le Président de la République française a rappelé le 15 avril à Alger que " seul un accord négocié reposant sur les principes du droit international et ouvrant la voie à la création d’un Etat palestinien viable peut permettre aux peuples israélien et palestinien de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. Rien de durable ne sera fait sans une négociation entre les parties. Nul ne peut en effet, du point de vue de la France, préempter les résultats d’une négociation nécessaire ". Comme le ministre des affaires étrangères l’a redit publiquement hier, il faut " remettre Israël et l’Autorité palestinienne autour d’une table de négociation ". L’unilatéralisme n’est pas une solution. La France réaffirme sa conviction que seule une solution juste et négociée fondée sur les principes consacrés par les résolutions 242, 338, 1397 et 1515 du Conseil de sécurité conduisant à la création à côté d’Israël d’un Etat palestinien indépendant, viable, pacifique et souverain sur la base des frontières de 1967 apportera à Israël la sécurité à laquelle tous les Israéliens ont droit. En outre, pour être durable, la paix doit être globale et concerner toutes les parties au conflit, c’est à dire également la Syrie et le Liban.

Dans cet esprit, le retrait de Gaza annoncé par le premier ministre israélien à Washington est certainement un élément qui peut être positif : en effet, le retrait des territoires palestiniens est ce que demande la Communauté internationale depuis des années. Mais il faut travailler aux modalités de mise en œuvre dans la concertation. Comme le Conseil européen et comme le Secrétaire général des Nations Unies l’ont rappelé, nous souhaitons que ce retrait constitue véritablement une étape de la feuille de route du Quartet endossée par la résolution 1515 du Conseil de sécurité et qu’il s’inscrive dans la perspective de la création d’un Etat palestinien viable ; tout l’effort doit porter sur l’application de la feuille de route qui est le plan de paix faisant l’objet d’un consensus international. Le Ministre des affaires étrangères l’a indiqué hier : ce ne doit pas être un retrait de Gaza pour solde de tout compte.

La France est naturellement prête, dans le cadre que je viens de décrire, à contribuer à ce que ce retrait soit un succès. La France est convaincue que la Communauté internationale a le devoir collectif d’agir, en particulier à travers le Quartet, pour contribuer à l’avènement d’une solution juste et acceptable par les deux parties. Le Conseil de sécurité, qui a consacré les principes fondamentaux d’un règlement de paix et endossé la feuille de route, a aussi une responsabilité particulière. Il ne saurait rester silencieux. La France salue les efforts déployés en faveur de la paix par les pays de la région, en particulier l’Egypte et la Jordanie. Elle compte sur le prochain Sommet arabe, le mois prochain, pour qu’il contribue de manière substantielle à la relance des efforts de paix.

L’enjeu est d’autant plus fondamental que le règlement du conflit israélo-palestinien est une condition essentielle pour que le Moyen Orient retrouve la stabilité et puisse s’engager sur la voie des réformes et de la modernisation./.



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