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19 octobre 2001 - Somalie : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je tiens à souhaiter la bienvenue au Premier ministre de Somalie, M. Ali Khalif Galaydh, que nous avons de nouveau le plaisir d’entendre au Conseil de sécurité. Son dernier passage à New York, au mois de janvier, avait été l’occasion d’une séance très constructive.

Le Gouvernement national de transition issu du processus d’Arta mérite d’être soutenu. La situation reste très fragile certes. Mais, comme le souligne la rapport du Secrétaire général, la conclusion du processus d’Arta représente aujourd’hui "l’option la plus viable pour une paix durable en Somalie". Il est nécessaire que toutes les factions rejoignent le processus d’Arta.

Une intervention sera ensuite prononcées au nom de l’Union européenne. La France y souscrit pleinement. Je limiterai donc mon intervention à quelques brefs commentaires :

- La situation actuelle pourrait porter à la lassitude. Le Conseil de sécurité a été saisi de la situation en Somalie pour la première fois au début de l’année 1992. Le Conseil a consacré beaucoup d’énergie à la crise somalienne. Il a adopté sur ce sujet près de vingt résolutions. Celles-ci ont permis le déploiement de deux opérations de maintien de la paix, d’un coût de quelques 2 milliards de dollars, et d’une force multinationale de 37 000 hommes.

- Ce n’est pas le moment de baisser les bras. La situation humanitaire bien entendu appelle un engagement accru des Nations Unies. D’après le rapport du Secrétaire général, 750 000 personnes ont besoin d’une aide internationale pour combler le déficit alimentaire dû aux mauvaises récoltes passées.

- Mais au-delà et dans le contexte nouveau de l’"après 11 septembre", il est essentiel d’aider la Somalie pour éviter qu’elle ne devienne un "nouvel Afghanistan". Il semblerait que l’organisation ’’Al-Itihad Al-Islamiya’’ n’ait plus d’existence ’’militaire’’ en Somalie depuis 1995-1996. C’est une bonne chose. Mais il faut éviter que de nouveaux terroristes puissent à l’avenir trouver refuge sur le territoire somalien. La lutte contre le terrorisme, en Afghanistan et ailleurs, poussera les membres des organisations terroristes à chercher de nouvelles implantations, dans les pays où les structures étatiques sont les plus faibles. La Somalie ne doit pas devenir l’un de leurs refuges.

C’est exactement ce que souhaite le nouveau gouvernement de la Somalie. Nous devons l’aider à réussir.

- Aider la Somalie aujourd’hui, c’est tout à la fois de la consolidation de la paix et de la prévention des conflits. Une implication plus grande des Nations Unies est nécessaire, notamment dans le domaine crucial de la formation de la police. Les actions du PNUD dans ce domaine doivent être encouragées. Je rapelle que la France est favorable à l’envoi d’une mission de consolidation de la paix en Somalie dès que les conditions de sécurité le permettront. Il faut que la sécurité soit régulièrement évaluée. Il est indispensable qu’une mission soit dépêchée prochainement depuis le siège./.



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