Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

20 février 2004 - Timor Est : Intervention de M. Michel Duclos, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

L’Irlande prononcera tout à l’heure au nom de l’Union européenne une allocution à laquelle nous souscrivons pleinement.

Nous avons beaucoup de motifs de nous réjouir de l’évolution au Timor Est et nous voudrions saisir cette occasion de la présence de M. Jose Ramos Horta, Ministre des Affaires étrangères, pour dire combien nous sommes heureux des progrès accomplis par le peuple timorais lui-même depuis l’indépendance et de déploiement de la MANUTO.

Toutefois, trois motifs d’inquiétude persistent. Je les évoquerai brièvement :

- La sécurité du pays reste fragile sur le plan interne. notamment du fait des agissements des bandes armées.

- Sur le plan externe, les forces armées timoraises ne paraissent pas totalement en mesure de faire face seules à d’éventuels incidents graves à la frontière.

- Enfin, la question du rapatriement des Est Timorais réfugiés à Timor Ouest demeure une source potentielle d’instabilité.

Dans ce contexte, que devons-nous faire ?

La France soutient pour sa part la prolongation du mandat de la MANUTO pour une durée d’un an, comme l’a recommandé le Secrétaire Général. Cette prolongation devrait permettre à l’ONU de consolider les acquis qu’elle a obtenus.

Ce mandat devrait être reconfiguré et mettre l’accent sur l’assistance aux autorités timoraises. Les grandes lignes proposées par le Secrétaire général paraissent pertinentes : la MANUTO doit poursuivre l’assistance au système judiciaire et aux structures administratives du pays, contribuer au maintien de sa sécurité et de sa stabilité en soutenant notamment la formation des forces de police timoraises.

Il est malaisé, à ce stade, d’évaluer de manière objective aussi bien le volume que la composition adéquats de la MANUTO ainsi prolongée dans le mandat reconfiguré. La France fait confiance au Secrétaire général pour nous indiquer le format qui serait le plus adapté aux besoins du terrain. A cet égard, il conviendra naturellement d’être attentif aux préoccupations des différentes parties concernées et à l’évolution de la situation sur le terrain.

Monsieur le Président,

Il reste important de définir une stratégie de sortie claire demeure essentielle.

Le renouvellement de la MANUTO doit permettre aux Nations-Unies de poursuivre leur désengagement. Il est important que notre organisation démontre sa capacité à mettre un terme aux opérations qu’elle engage lorsque les conditions sont réunies et aussi sa capacirté à permettre la prolongation des efforts de stabilisation par l’aide au développement et l’engagement des donateurs bilatéraux

Aussi voudrions-nous faire une triple suggestion :

* l’échéance de la MANUTO ne devra pas aller au delà d’une année, en fonction naturellement de l’évolution de la situation sur le terrain,

* pour tenir cette échéance, nous devrons définir un calendrier précis de réduction des effectifs, jusqu’au retrait définitif de la MANUTO,

* nous devrons dans le même temps continuer à encourager les autorités timoraises à poursuivre leurs efforts en vue de consolider l’Etat et de conforter l’indépendance du pays.

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU