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20 novembre 2003 - Région des Grands Lacs : Intervention de M. Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Permettez-moi Monsieur le président, de me joindre à vous pour condamner l’attentat odieux perpétré aujourd’hui à Istanbul et exprimer nos condoléances à nos collègues britanniques.

Permettez-moi également de saluer la présence du Secrétaire général, et de remercier M. Fall, ainsi que les orateurs qui l’ont précédé, des informations qu’ils viennent de nous fournir sur la conférence internationale de paix pour la région des Grands lacs. Les membres du Conseil de sécurité on tous pris bonne note, en particulier, de l’engagement de l’Union africaine dans la préparation de cette conférence.

Je me joins à ce qu’a dit notre collègue italien au nom de la Présidence de l’Union européenne et je voudrais, en complément, faire quelques remarques à titre national.

L’importance de cet exercice a été suffisamment démontrée. Les conflits qui affectent encore aujourd’hui la République démocratique du Congo et le Burundi, comme celui qui a naguère frappé le Rwanda, ne peuvent être compris isolément. Les frontières n’ont arrêté, ni les mouvements des rébellions armées, ni les interventions militaires des Etats. Elles n’arrêtent pas davantage les trafics d’armes et de matières premières. La normalisation complète des relations entre les gouvernements de la région, la mise en œuvre de mesures de confiance pour assurer la sécurité des frontières, constituent donc les objectifs fondamentaux de cette conférence.

Trois conditions nous semblent devoir être réunies pour que la conférence soit un succès :

* La participation au " premier cercle " doit être ouverte à l’ensemble des Etats voisins — y compris les voisins occidentaux — de la République démocratique du Congo et du Burundi. L’appropriation par les Africains de cette conférence ne pourra vraiment se faire que si les gouvernements qui souhaitent légitimement prendre part à la conférence, n’en sont pas écartés. * Les thèmes prioritaires doivent être hiérarchisés, et correspondre aux principales préoccupations des Etats concernés. Les questions de sécurité doivent donc, clairement, demeurer au premier plan.

Les autres questions ne sont pas négligeables. C’est le cas notamment de la coopération économique régionale. Il faut toutefois éviter, comme l’a souligné M. Fall, que la conférence ne se disperse dans des considérations qui relèvent de la compétence d’autres instances.

* La conférence doit viser des résultats tangibles. L’élaboration éventuelle de mécanismes de suivi ne devra pas faire passer au second plan la discussion, sur le fond, des problèmes les plus essentiels, qui touchent la paix et la stabilité de la région. *

Les Etats concernés sont d’accord sur les principes qui doivent guider leurs relations. Ils l’ont confirmé ici, à l’invitation du Secrétaire général, le 25 septembre dernier. Il nous semble que la conférence doit être pour eux l’occasion de traduire les engagements en actes.

L’idée de tenir deux sommets ne doit donc pas primer sur la possibilité d’une conclusion définitive des travaux de la conférence, si les participants en décidaient ainsi, lors de la réunion prévue en juin prochain en Tanzanie. Ce qui importe aujourd’hui, c’est de saisir l’opportunité des progrès enregistrés, en République démocratique du Congo et au Burundi, et les espoirs dont ils sont porteurs pour les réconciliations nationales. Ne prenons pas le risque de laisser échapper cette dynamique, dont la conférence elle-même ne sera que le catalyseur.

Ces observations me conduisent Monsieur le président, à poser deux questions à M. Fall :

* la première porte sur la demande des voisins de la République démocratique du Congo, qui ne sont pas encore admis à participer à la préparation de la conférence — comment leur garantir que cette conférence procèdera effectivement sans exclusive, c’est-à-dire avec eux ?

- s’agissant enfin des questions de sécurité, qui sont au cœur de nos préoccupations — quelles actions concrètes envisage-t-on de mettre en œuvre à l’issue du sommet prévu en juin prochain ?



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