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21 juillet 2005 - La situation au Moyen-Orient : Intervention de M. Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi pour commencer d’indiquer que ma délégation souscrit pleinement à l’intervention qui sera prononcée tout à l’heure par l’ambassadeur britannique au nom de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

A quelques semaines du début du désengagement israélien de la bande de Gaza, la situation au Proche-Orient demeure malheureusement un sujet de vive préoccupation. Tout doit être fait, à l’approche de cette étape importante, pour éviter que ne s’enclenche à nouveau l’engrenage de la violence.

La trêve est l’un des acquis les plus précieux et les plus fragiles de ces derniers mois. Sa préservation implique que les parties fassent preuve de la plus extrême retenue, qu’elles reprennent leur dialogue et leur coopération, y compris dans le domaine sécuritaire, afin de faire cesser les violences.

La France condamne ainsi avec la plus vigoureuse fermeté l’attentat-suicide commis à Netanya il y a tout juste une semaine, ainsi que les tirs de roquettes et de mortiers qui ont côuté la vie à des civils israéliens. Nous appelons l’Autorité palestinienne à intensifier ses efforts pour faire prévaloir l’ordre public dans les territoires palestiniens. C’est un impératif absolu à quelques semaines du début du retrait de Gaza.

De son côté, Israël doit faire preuve de retenue, et notamment mettre un terme à sa politique d’assassinats ciblés dont la poursuite ne peut qu’alimenter la spirale de la violence.

La réussite du retrait israélien de la bande de Gaza est dans l’intérêt de tous. Mais l’horizon politique des Palestiniens ne doit pas se limiter à ce retrait. Celui-ci doit constituer une première étape s’inscrivant dans le cadre de la Feuille de route. Dans cette perspective, le Quartet doit jouer pleinement son rôle pour engager et assister les parties à mettre en œuvre leurs obligations aux termes de la Feuille de route. Nous sommes à cet égard favorables à la tenue d’une conférence internationale le moment venu.

Monsieur le Président,

S’agissant de la barrière de sécurité, nous reconnaissons pleinement à Israël le droit de prendre des mesures énergiques pour protéger ses citoyens contre le terrorisme. Mais le tracé retenu pour la barrière de sécurité soulève aujourd’hui de nombreuses inquiétudes. La barrière pénètre en effet de plusieurs kilomètres à l’Est de la ligne verte à l’intérieur des territoires palestiniens, en contradiction avec les dispositions pertinentes du droit international, comme l’a relevé l’année dernière la Cour internationale de Justice dans son avis consultatif. Cette construction, si elle était irréversible, constituerait une annexion de facto d’une partie substantielle de la Cisjordanie. Elle compromettrait sérieusement la perspective d’une solution négociée du conflit en préjugeant la frontière du futur Etat palestinien, voire en rendant physiquement impossible l’édification d’un tel Etat.

La construction du mur donne lieu à des dépossessions de grande échelle. Elle place des milliers de Palestiniens dans une situation des plus précaires. Le mur déstabilise socialement et économiquement des régions entières et menace la viabilité économique et géographique du futur Etat palestinien.

Nous appelons ainsi le gouvernement israélien à stopper toute construction de la barrière à l’intérieur des territoires palestiniens, y compris autour de Jérusalem-Est, et à démanteler les tronçons qui s’y trouvent déjà, conformément aux dispositions pertinentes du droit international. L’Union européenne n’entérinera aucune modification non négociée du tracé des frontières d’avant 1967./.



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