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21 mars 2000 - Timor Est : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi d’abord de vous dire combien j’ai été touché par vos mots de bienvenue. Je vous en remercie vivement. C’est une joie pour moi de rejoindre, pour la troisième fois dans ma carrière, la famille des Nations unies, et c’est un honneur de siéger auprès d’ambassadeurs qui apportent chaque jour à cette enceinte le concours de leur expérience et de leur sagesse. Comme mon remarquable prédécesseur et ami, Alain Dejammet, je serai à l’écoute de tous, attentif aux préoccupations de chacun et toujours prêt au dialogue et à la concertation.

Monsieur le Président, il est bon que notre conseil se tourne à nouveau vers la situation à Timor, une situation particulièrement difficile, mais, pour les Nations unies, une mission qui peut devenir exemplaire. Nous avons lu le rapport du Secrétaire général, écouté avec la plus grande attention les informations que nous a apportées M. Hedi Annabi, que je voudrais remercier, et dans l’esprit de cette séance d’information interactive, je voudrais peut-être, si vous me le permettez, Monsieur le Président, lui poser quelques questions sur trois points.

Le premier point qui nous préoccupe est la situation du retour des réfugiés. Retour des réfugiés de Timor-ouest, si j’ai bien entendu M. Annabi, il en resterait 100 000 et ce problème demeure donc au premier rang des préoccupations de notre conseil. Les autorités indonésiennes et le haut commandement de l’armée ont confirmé leur volonté d’agir pour mettre fin aux activités des milices pro-intégrationnistes. Mais les autorités indonésiennes peuvent-elles réellement mettre en oeuvre ces engagements sur le terrain et exercer un contrôle strict sur les échelons locaux de la hiérarchie militaire ? Et là je voudrais m’associer à ce que les orateurs précédents ont dit. Nous sommes particulièrement préoccupés des indications qui nous parviennent à cet égard. Les retours se sont-ils accélérés dans les dernières semaines ? Par ailleurs on rapporte que des anciens membres des milices intégrationnistes tentent actuellement de revenir à Timor-est. Si cela est le cas, comment sont-ils accueillis et traités par la population locale et quel rôle l’ATNUTO joue-t-elle en la matière ?

Ma deuxième question portera sur le Conseil consultatif national. La France, naturellement, se félicite de son installation le 2 décembre. Cette instance permet aux Timorais de toutes tendances de faire valoir leurs points de vue. Un premier bilan peut-il être tiré des activités de ce Conseil consultatif national ? Se réunit-il régulièrement, traite-t-il effectivement de toutes les questions importantes ? Le dernier groupe pro-autonomie, le Forum uni pour la démocratie et la justice, qui n’avait pas rejoint le Conseil à la fin du mois de janvier, l’a-t-il fait à présent ?

Enfin, Monsieur le Président, je voudrais poser une dernière question, tournée cette fois-ci vers l’avenir. Bien sûr l’ATNUTO fait un travail admirable. Elle bénéficie de notre soutien total et sans réserve et je voudrais saluer en particulier l’action tout à fait remarquable conduite par M. Sergio Vieira de Mello. Mais au-delà de la présence des Nations unies, il faut naturellement un avenir pour Timor-est. Y a-t-il de ce point de vue une perspective de voir grandir les ressources locales ? Nous avons noté avec beaucoup d’intérêt la création, hier même, des premiers impôts à Timor, sous forme d’une taxe de cinq pour cent sur les droits de douane. Nous serions intéressés d’entendre M. Annabi sur les perspectives à long terme qui peuvent se dessiner pour le Timor oriental. Monsieur le Président, je vous remercie.



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