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23 septembre 2002 - Moyen-Orient : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France souscrit pleinement à l’intervention qui sera prononcée tout à l’heure par l’Ambassadeur du Danemark au nom de l’Union européenne.

La situation en Israël et dans les territoires palestiniens s’est dégradée de façon tragique au cours des derniers jours. La gravité de la situation justifie pleinement que notre Conseil, compte tenu des responsabilités que lui confère la Charte, se réunisse aujourd’hui pour entendre les parties, pour examiner la situation avec la plus grande attention, et pour lui apporter une réponse adaptée.

Un nouvel espoir de reprendre le chemin du dialogue et des négociations de paix a été détruit.

Il a été détruit par les attentats terroristes qui ont frappé Israël au cours des derniers jours à Jérusalem et à Tel Aviv, faisant de nombreuses victimes innocentes, ainsi que par l’acte terroriste qui a visé délibérément des écoliers palestiniens à Hébron la semaine dernière. La France a condamné avec la plus extrême fermeté ces actes odieux et injustifiables. Ils discréditent la cause qu’ils prétendent servir. Je renouvelle ici, devant notre Conseil, la solidarité et les condoléances de la France aux familles des victimes de ces actes barbares.

L’espoir a également été détruit par ceux qui, par aveuglement ou délibérément, n’ont pas su ou n’ont pas voulu tirer parti du calme relatif qui a prévalu pendant près de six semaines. En poursuivant ses opérations militaires pendant cette période, alors qu’aucun attentat n’était commis contre des civils en Israël, en causant ainsi la mort de nombreux civils palestiniens, l’armée israélienne a fait le jeu des factions palestiniennes les plus extrémistes.

Les opérations militaires en cours contre les bureaux du président de l’Autorité palestinienne à Ramallah sont inacceptables. La France demande qu’elles cessent immédiatement. Elle est intervenue en ce sens auprès des autorités israéliennes. Répondre à la violence par de nouvelles violences, assiéger l’Autorité palestinienne, détruire ses infrastructures, ne contribue en rien à la lutte anti-terroriste et ne sert donc pas les préoccupations de sécurité légitimes d’Israël. Ces actions entravent au contraire un peu plus la capacité de l’Autorité à combattre le fléau terroriste. Elles empêchent la mise en œuvre des réformes qui ont été engagées avec le soutien unanime de la communauté internationale, et qui sont essentielles pour établir un nouveau partenariat pour la paix. Il faut encourager les réformes, non les freiner. L’opération contre la présidence palestinienne ne peut que les retarder.

Bien entendu, il est essentiel que l’Autorité palestinienne utilise tous les moyens qui sont à sa disposition pour empêcher les terroristes d’agir, arrêter et juger leurs auteurs et leurs commanditaires avec la plus grande sévérité. Le message de la France est sans équivoque sur ce point.

Il n’est toutefois pas moins essentiel qu’Israël se persuade que l’impératif -tout à fait légitime- de sécurité ne peut à lui seul tenir lieu de stratégie. Pour reprendre les propos du Secrétaire général des Nations Unies, et ceux que son envoyé spécial a tenus devant notre Conseil vendredi dernier, l’approche fondée sur la seule exigence de sécurité, dite " approche séquentielle ", a échoué. Il faut restaurer l’espoir. Ceci implique, à côté de l’amélioration de la situation sécuritaire, l’engagement et l’accomplissement de progrès parallèles dans les autres domaines, et en particulier dans le domaine politique.

De ce point de vue, la dernière réunion du Quartet a permis de fixer un cap vers une reprise du processus de paix. La France, à l’instar de beaucoup d’autres, s’est félicitée de ce développement positif. Le cadre général d’un plan en trois phases devant conduire au règlement du conflit a été arrêté. Ce cadre définit les étapes, les mesures attendues des parties ainsi qu’un calendrier pour leur mise en œuvre. Il reconnaît au Quartet un rôle essentiel de surveillance. Dans le contexte de défiance réciproque où se tiennent les parties, l’établissement d’un mécanisme tiers chargé d’évaluer et de surveiller l’accomplissement, par chacune des parties, des mesures attendues d’elles nous apparaît en effet indispensable. La tenue prochaine d’une conférence internationale pourrait également contribuer de façon utile à fixer les paramètres et le rôle de chacun, et accroître ainsi les chances de succès de futures négociations de paix.

Le cap fixé par le Quartet doit être maintenu. Les différents éléments de cette feuille de route doivent être précisés. Les membres du Quartet s’y sont engagés. Ils poursuivront leurs travaux en ce sens dans les prochaines semaines. Mais c’est avant tout aux parties elles-mêmes qu’il appartient, au-delà des mots et des professions de foi, de démontrer sur le terrain leur adhésion aux objectifs fixés par la communauté internationale. Ceci implique notamment la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité. Toutes valent en effet de la même façon, pour tous et dans toutes leurs dispositions./.



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