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24 avril 2002 - Kosovo : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur Bernard Kouchner, Ministre de la Santé, qui fut le premier représentant spécial au Kossovo, présent à New York pour le Fonds Mondial Sida, a tenu à siéger au banc de la France et à écouter les exposés du représentant spécial et du vice-premier ministre Covic. Il souhaitait, par ce geste, marquer le soutien amical et déterminé de la France à l’action de son remarquable successeur, M. Michael Steiner. Ce geste est un symbole de la coopération franco-allemande pour aider le Kossovo à rejoindre l’Europe, ses valeurs et ses idéaux, dans la paix, la démocratie et le progrès.

La France s’associe à la déclaration que le représentant permanent de l’Espagne fera plus tard au nom de l’Union européenne. Dans mon intervention, je mettrai l’accent sur les questions auxquelles nous attachons une importance plus spécifique à titre national.

1) Lors de notre dernier débat, le 27 mars, plusieurs orateurs avaient exprimé leur intention de contribuer à une évaluation de l’action de la Mission des Nations Unies au Kossovo. M. Steiner, lui aussi, vient de s’engager dans cette entreprise en nous livrant ses commentaires éclairants.

Après moins de deux mois et demi passés à Pristina, le représentant spécial peut déjà mettre à son actif des réussites importantes. Son rôle a été décisif pour surmonter une impasse politique persistante et permettre l’élection d’un président du Kossovo, ainsi que la constitution d’un gouvernement de coalition. Sous réserve de la nomination des derniers membres de l’équipe du gouvernement autonome, les institutions de l’autonomie provisoire sont désormais en place. Par conséquent, les conditions nécessaires à une mise en œuvre effective des dispositions du cadre constitutionnel de l’autonomie sont sur le point d’être réunies. Nous nous réjouissons des premières décisions prises par le gouvernement autonome et encourageons les élus kossovars à exercer pleinement, dans le respect du droit, les pouvoirs qui leur ont été délégués par le cadre constitutionnel.

Nous savons gré au représentant spécial d’avoir tracé le cap, en assignant à la MINUK et aux institutions autonomes des priorités claires pour assurer une pleine application du cadre constitutionnel, conformément aux dispositions de la résolution 1244. Il convient de se concentrer sur la réalisation de ces tâches essentielles. Comme le Secrétaire Général l’a souligné dans son dernier rapport sur les activités de la MINUK, il serait utile de se donner les moyens d’évaluer précisément l’ampleur des progrès accomplis. Par ces critères, il s’agirait de mesurer le respect par les institutions provisoires des grands principes de démocratie, d’état de droit et de stabilité régionale posés par la résolution 1244 et le cadre constitutionnel, avec pour objectif d’encourager les nouveaux élus kossovars à poursuivre dans cette voie.

Par ailleurs, il est positif que le représentant spécial et les autorités yougoslaves puissent développer un dialogue nourri sur les questions d’intérêt commun. Nous nous félicitons de la présence aux côtés du représentant spécial d’un conseiller du chef du gouvernement de l’autonomie provisoire à la dernière réunion du groupe de travail de haut niveau. Ceci va dans le sens de l’instauration d’une relation de coopération confiante, que nous appelons de nos vœux, entre la MINUK et les institutions provisoires, d’une part, et les autorités de Belgrade, d’autre part. La mise en œuvre du document conjoint signé le 5 novembre entre M. Covic et M. Haekkerup doit se poursuivre. Ce document est une pierre de touche de l’application de la résolution 1244, à laquelle il est pleinement conforme.

Sur la base de ce texte, le gouvernement yougoslave a pu décider le transfèrement au Kossovo des prisonniers albanais détenus en Serbie et leur placement sous le contrôle de la MINUK. Il convient d’étendre cette coopération fructueuse et d’appliquer pleinement les dispositions du document conjoint. De nouveaux progrès substantiels sont indispensables, notamment à propos du retour des membres des communautés minoritaires et du rétablissement de leur liberté de mouvement, ainsi que sur le dossier des personnes disparues.

Au Kossovo, la primauté du droit, le développement économique et la création d’une société égale pour tous constituent des impératifs inextricablement liés. Il faut progresser de pair dans ces trois domaines, comme le Secrétaire Général et son représentant spécial y appellent. C’est nécessaire pour qu’un avenir multiethnique puisse être construit.

A Mitrovica, une approche globale a également été retenue, conformément à la stratégie exposée l’an dernier par M. Haekkerup devant le Conseil de l’Atlantique Nord. Cette approche, qui reçoit notre entier soutien, est la base sur laquelle repose l’action de la MINUK et de la KFOR dans cette municipalité. Elle a porté de premiers fruits, si l’on en juge par la réduction du nombre d’incidents au cours des derniers mois. Dans ce contexte, les récentes attaques contre la police de la MINUK doivent être condamnées. Tous ceux qui disposent d’une influence sur les principaux acteurs dans cette ville doivent en user pour faire cesser les intimidations et les violences, ainsi que pour obtenir le démantèlement des structures parallèles. D’une manière générale, nous encourageons toutes les communautés à respecter l’autorité de la MINUK dans tout le Kossovo. C’est dans leur intérêt et dans celui du déroulement pacifique du processus d’autonomie provisoire./.



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