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25 novembre 1998 - Haïti : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

La délégation française apporte son soutien au projet de résolution, qui va être mis aux voix et qui tend à proroger le mandat de la Mission de police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH) jusqu’au 30 novembre 1999.

Les raisons qui nous conduisent à soutenir fermement cette prorogation sont les suivantes.

La MIPONUH, sous l’impulsion du Représentant du Secrétaire général, M. Harston, dont nous tenons à saluer ici une fois encore la compétence et la rigueur, a obtenu des résultats techniques significatifs sur le terrain, mais qui restent malheureusement, aujourd’hui encore, inachevés. Ces résultats, ainsi que l’investissement fait par la communauté internationale à Haïti depuis plusieurs années, méritent d’être préservés.

La Police nationale haïtienne est aujourd’hui une des institutions de l’Etat qui peut assumer sa mission. La présence de la MIPONUH, à côté des actions de coopération bilatérales et multilatérales, constitue, dans un contexte politique encore fragile, un contrepoids important à des dérives toujours possibles. Les risques existent et s’inscrivent dans l’expansion du trafic des drogues, des menaces de violation des droits de l’homme ou des tentatives éventuelles de récupération des forces de police par telle ou telle faction politique.

La France partage le souci exprimé par un certain nombre de pays de mettre progressivement fin aux activités de la Mission de police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH) et de transférer la gestion de cette mission dans un autre cadre. Il est clair cependant que cette transition doit être organisée et se faire dans le temps afin de ne pas porter atteinte aux résultats obtenus jusqu’à présent. Il convient de ne pas compromettre les efforts que déploie Haïti pour renforcer ses institutions. Nous devons donc préserver en la matière une approche pragmatique.

Nous nous félicitons que le projet de résolution présenté demande explicitement au Secrétaire général de faire des recommandations dès la mi-1999 pour la mise en place du mécanisme qui pourrait succéder à la MIPONUH.

Afin de permettre la réussite de l’achèvement du mandat de la MIPONUH l’an prochain et la mise en place d’une assistance renforcée d’autres structures des Nations Unies en Haïti, nous nous associons pleinement à l’appel qu’adresse le Secrétaire général aux responsables gouvernementaux et aux dirigeants politiques haïtiens pour qu’ils mettent fin à leurs différends stériles et qu’ils trouvent une solution à la crise politique actuelle. Nous ne pouvons que déplorer à cet égard que le blocage de la situation politique sur place continue à empêcher la mise en place d’une véritable politique de développement, affaiblisse l’administration haïtienne, empêche le démarrage d’un véritable processus de décentralisation et ralentisse la mise en oeuvre des réformes structurelles pourtant indispensables.



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