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26 février 1999 - RCA : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Le projet de résolution portant sur la prorogation du mandat de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINURCA) que nous allons adopter marque une étape importante dans la poursuite du processus de paix et de réconciliation nationale entamé en janvier 1997 avec la conclusion des Accords de Bangui.

Les résultats obtenus par la MINURCA depuis le début de son déploiement le 15 avril 1998 sont importants. Les acquis de la Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui (MISAB) ont été préservés et la République centrafricaine est restée, comme le précise le Secrétaire général dans son rapport du 18 décembre 1998, "un îlot de relative stabilité dans une région déchirée par la guerre". (S/1998/1203, par. 38)

La bonne tenue des élections législatives, les 22 novembre et 13 décembre 1998, a également été une étape importante dans le rétablissement d’institutions nationales qui avaient été presque entièrement détruites par les mutineries successives qui avaient secoué le pays en 1996. Il serait regrettable que la réussite de ces élections soit désormais gâchée par des querelles politiciennes stériles.

La formation, à l’occasion de la tenue de ces élections, d’une première unité restructurée des forces armées centrafricaines et la poursuite du programme de démobilisation soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement ont constitué deux signes encourageants de la volonté des autorités centrafricaines de restructurer leurs forces militaires.

Ces progrès satisfaisants ne doivent néanmoins pas occulter que des difficultés sérieuses demeurent. Ce serait une grave erreur pour les autorités et les responsables politiques centrafricains, quels qu’ils soient, de croire que la seule présence de la MINURCA permettrait de résoudre tous les problèmes que doit affronter le pays. Tout d’abord parce que cette présence de la MINURCA est limitée dans le temps ; le projet de résolution précise que la Mission doit définitivement prendre fin le 15 novembre 1999 au plus tard. Ensuite, parce que, bien évidemment, la responsabilité de la réconciliation nationale incombe avant tout aux Centrafricains eux-mêmes. Enfin, parce qu’il est indispensable de mettre au plus vite en oeuvre les réformes structurelles qui conditionnent le redressement économique à long terme de la République centrafricaine.

La délégation française considère que l’accomplissement des engagements pris par le Président de la République centrafricaine, dans la lettre qu’il a adressée au Secrétaire général des Nations Unies le 23 janvier 1999, est essentiel. Comme le précise sans ambiguïté la déclaration que vous avez prononcée, Monsieur le Président, au nom du Conseil de sécurité, le 18 février 1999, le succès, le futur mandat et la présence continue de la MINURCA en République centrafricaine sont étroitement liés à la réalisation de ces engagements. Les progrès constatés dans leur mise en oeuvre seront d’ailleurs dans ce sens revus tous les 45 jours, aux termes de la résolution que nous allons adopter.

Parmi les points les plus importants que le Conseil de sécurité prendra en compte pour procéder à cette évaluation périodique figurent la poursuite d’un dialogue constructif et consensuel entre tous les partis politiques centrafricains afin de permettre le fonctionnement effectif de la nouvelle Assemblée nationale et la préparation sereine d’élections présidentielles, libres et équitables ; la poursuite de la restructuration des forces armées centrafricaines ; la réalisation des objectifs économiques et financiers définis conjointement avec les institutions financières internationales ; et le respect de l’engagement pris solennellement par le Gouvernement centrafricain lui-même, ce dont nous le félicitons, de se tenir à l’écart de tout conflit extérieur.

Dans ce contexte, nous ne doutons pas un seul instant que l’adoption de cette résolution et la prorogation du mandat de la MINURCA constitueront une occasion privilégiée pour les autorités et pour les partis politiques centrafricains de progresser dans la voie du dialogue et de la réconciliation nationale. Toute autre attitude porterait préjudice à la poursuite de la Mission des Nations Unies et à la République centrafricaine elle-même.

M. Jagne (Gambie) (interprétation de l’anglais) : La Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINURCA) a joué un rôle important dans la quête de la paix dans ce pays. Il convient également de reconnaître que c’est le peuple de la République centrafricaine qui a permis, dans une large mesure, à la MINURCA de s’acquitter de son mandat. En fait, à l’issue de sa récente visite à Bangui, le Sous-Secrétaire général Annabi a informé le Conseil que tous ses interlocuteurs, y compris le Président Patassé, convenaient à l’unanimité de maintenir la MINURCA. La lettre qu’a adressée le Président au Secrétaire général, dans laquelle il réaffirme son attachement aux réformes, témoigne clairement de cet engagement. (Gambie) (interprétation de l’anglais) : La Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINURCA) a joué un rôle important dans la quête de la paix dans ce pays. Il convient également de reconnaître que c’est le peuple de la République centrafricaine qui a permis, dans une large mesure, à la MINURCA de s’acquitter de son mandat. En fait, à l’issue de sa récente visite à Bangui, le Sous-Secrétaire général Annabi a informé le Conseil que tous ses interlocuteurs, y compris le Président Patassé, convenaient à l’unanimité de maintenir la MINURCA. La lettre qu’a adressée le Président au Secrétaire général, dans laquelle il réaffirme son attachement aux réformes, témoigne clairement de cet engagement.

Il faut également se rappeler que ces réformes sont non seulement politiques mais également économiques et financières. Des institutions internationales vitales telles que la Banque mondiale y sont également associées. Il est inutile de mentionner la lettre du Président de la Banque à cet effet. Le rôle de la MINURCA et celui joué par les différentes institutions internationales se renforcent mutuellement.

En outre, il est clair que sans la présence de la MINURCA, les progrès réalisés à ce jour n’auraient pas été possibles et par conséquent, on peut dire, avec un optimisme mesuré, que grâce au maintien de l’assistance du reste de la communauté internationale, les problèmes en République centrafricaine pourront être résolus de façon satisfaisante. Dans ce contexte, il est absolument nécessaire que toutes les parties dans ce pays continuent d’apporter leur collaboration au processus.

Etant donné que la situation d’ensemble reste instable et qu’elle est exacerbée par le conflit qui a lieu dans la République démocratique du Congo voisine, et compte tenu de toutes les questions soulevées par le Secrétaire général dans son rapport, ma délégation est fermement convaincue qu’il serait prématuré de mettre un terme au mandat de la MINURCA. Nous souscrivons donc à la recommandation du Secrétaire général en vue de proroger le mandat de la MINURCA jusqu’au 15 novembre 1999, sans oublier qu’une telle prorogation est tributaire de certaines conditions et de conditionnalités. Il reste qu’en cette phase cruciale d’engagement du pays dans un processus de réformes douloureuses, le moins que puisse faire le Conseil de sécurité est de soutenir ce processus.



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