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28 février 2000 - Situation dans les Balkans : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Nous attachons beaucoup d’intérêt aux interventions de M. Carl Bildt pour plusieurs raisons. La première c’est son expérience. Il a été l’émissaire de la Commission européenne lors d’une phase particulièrement difficile du conflit en Bosnie-Herzégovine et il a mené sa mission avec autorité, avec persévérance, avec sagesse et finalement, conjointement aux efforts de M. Holbrooke, avec succès. Il a été le Haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine, le premier haut représentant de la communauté internationale, d’où une très riche expérience dont nous avons tous ici intérêt à tirer profit.

Mais la seconde raison qui fait que nous attachons beaucoup d’intérêt et d’importance aux interventions de M. Carl Bildt tient aux conditions mêmes de sa nomination, tient à son mandat. Le Secrétaire général des Nations unies a eu raison de désigner un envoyé spécial pour l’ensemble des Balkans. Je crois que c’est ce qui est important dans la tâche de M. Bildt, c’est l’étendue de ses compétences, c’est la nécessité pour lui de porter un regard d’ensemble de la région. Pourquoi ? Parce que nous savons bien que l’ensemble des Balkans est actuellement traité de façon un peu composite par différentes institutions, différents organes avec des mandats, des compositions différentes. C’est M. Carl Bildt qui peut porter un regard général sur l’ensemble de la situation où des traits, malgré la spécificité des situations, sont similaires. Je crois que, dans cette tâche, M. Bildt a bien à l’esprit, et il nous en a apporté la preuve aujourd’hui, les trois considérations importantes.

La première c’est de tenter de renforcer les facteurs de coopération, de solidarité, par rapport aux facteurs de désintégration, d’éclatement. Je pense qu’il s’agit là d’une perspective intéressante, la seule viable en fait, à laquelle il a raison de s’attacher.

La seconde considération est importante également. C’est que nous ne devons pas avoir peur du mot réforme. Quand on parle de réforme, on pense évidemment à une réforme démocratique. Oui, il y a des acteurs dans la région qui doivent prendre mieux conscience de cette nécessité de réforme démocratique ou bien s’effacer, s’il n’en prennent pas conscience, car c’est une des clés du succès de la consolidation des facteurs de solidarité ou de coopération.

La troisième observation, c’est évidemment que pèse le primat de la reconstruction. Il faut continuer à apporter notre aide, notre assistance, afin que les motifs d’espérance l’emportent.

Voilà les trois considérations : solidarité, réforme, reconstruction, qui sont sous-jacents à la vision d’ensemble de M. Carl Bildt. C’est la raison pour laquelle nous nous félicitons de sa présence aujourd’hui. Nous nous félicitons de son travail déjà mené et nous l’encourageons à poursuivre dans cette voie. Je vous remercie.



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