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28 novembre 2000 - La situation à Timor Est : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je vais m’exprimer à titre national. Je souhaiterais rappeler l’intérêt très fort que porte l’Union européenne sur la situation à Timor Est. Mon intervention bien naturellement compte des positions prises par l’Union européenne sur la question.

Nous sommes particulièrement heureux de retrouver à cette table le Représentant spécial du Secrétaire général à Timor Est, M. Vieira de Mello. Nous réitérerons à cette occasion l’appréciation particulièrement élogieuse que nous portons sur le travail effectué par le Représentant spécial et par tous les fonctionnaires et militaires de l’Administration transitoire des Nations unies à Timor Est (ATNUTO). Malgré les difficultés rencontrées dans des domaines tels que la reconstruction et l’administration de la justice, les progrès et le chemin parcouru depuis un an sont considérables et méritent à ce titre d’être vigoureusement salués.

Monsieur le Président,

Nous avons pris connaissance avec un intérêt particulier du rapport de la mission du Conseil de sécurité à Timor Est et en Indonésie. Ses recommandations sont excellentes et nous appelons toutes les parties concernées à les mettre en oeuvre sans délai.

En ce qui concerne l’application de la résolution 1272, nous souscrivons aux observations formulées par la mission du Conseil sur la nécessité de poursuivre et d’accélérer la "timorisation" de l’administration. Nous nous réjouissons de la constitution du Conseil National composé exclusivement de Timorais. Dans la perspective notamment de l’indépendance qui est prévue l’an prochain, nous estimons essentiel que la politique de renforcement des capacités nationales soit systématiquement développée afin de faciliter la transition. Cette prise en main de la gestion de leurs propres affaires par les Timorais devrait aussi être accompagnée d’une restructuration de l’ATNUTO et d’une réflexion sur la définition de l’assistance économique, financière et technique et dans le domaine de la sécurité, qui devra être apportée à Timor Est par la communauté internationale après l’indépendance. Comme la mission du Conseil de sécurité, nous estimons important que le Secrétariat des Nations unies, le PNUD et les autres organismes compétents, commencent à planifier la présence future des Nations unies après le départ de l’ATNUTO. Nous remercions M. Vieira de Mello pour les informations données et espérons que des indications plus précises pourront être fournies dès que possible au Conseil de sécurité sur le calendrier politique que les Timorais de l’Est entendent mettre en oeuvre l’an prochain. Par ailleurs, nous approuvons pleinement les observations faites par la mission du Conseil sur la nécessité pour l’ATNUTO de développer son action afin d’aider les timorais à mettre en place un système judiciaire pleinement opérationnel répondant à leurs attentes. Il faut que la communauté internationale soutienne cet objectif.

Nous endossons totalement les recommandations concrètes et pratiques faites par la mission du Conseil pour l’application des différentes dispositions de la résolution 1319. Il est en particulier impératif que le rapatriement ou la réinstallation des réfugiés qui se trouvent à Timor Ouest puissent être rapidement mis en oeuvre dans un cadre où leur sécurité et leur liberté de choix puissent être effectivement garanties. Nous notons à cet égard avec satisfaction le rapatriement réussi à Timor Est le 21 novembre 2000 d’anciens supplétifs de l’armée indonésienne. Nous espérons qu’un tel type d’opération pourra être rapidement renouvelé. Nous sommes également encouragés par les premières mesures prises par les autorités indonésiennes pour désarmer et dissoudre les milices. Celles-ci restent responsables d’actes trop nombreux de violence, d’intimidations et d’actions de désinformation commis tant à Timor Ouest qu’à Timor Est. Nous appelons le gouvernement indonésien à poursuivre tous les efforts nécessaires en la matière, en traduisant notamment en justice les coupables des crimes contre les populations ou contre le personnel international. L’arrestation récente de 6 personnes impliquées dans le drame d’Atambua constitue un facteur d’encouragement.

Nous estimons, tout comme la mission du Conseil de sécurité, indispensable l’établissement de relations de confiance et de bon voisinage entre Timor Est et l’Indonésie. Nous accueillons favorablement les premières mesures prises dans ce sens par l’ATNUTO et par le Gouvernement indonésien et espèrons qu’une réunion du Comité conjoint frontalier associant l’ATNUTO et le gouvernement indonésien se déroulera dans un esprit de dialogue. Nous nous réjouissons également de l’acceptation par le gouvernement indonésien de la venue à Timor Ouest d’une équipe de sécurité des Nations unies. Toutes ces mesures sont en effet indispensables pour que la communauté internationale et en particulier les agences humanitaires puissent retourner à Timor Ouest pour aider au rapatriement et à la réinstallation des réfugiés.

Je souhaiterais rappeler l’engagement sans faille de mon pays et celui de l’Union européenne aux côtés des dirigeants et du peuple timorais. La prochaine réunion des donateurs qui doit se tenir à Bruxelles au début du mois de décembre sera pour nous l’occasion de réaffirmer cet attachement aux côtés de nos partenaires de l’Union européenne. Nous appelons les autres pays et organismes donateurs à participer activement à la Conférence de Bruxelles.

Par rapport à l’exposé de M. Vieira de Mello, je voudrais maintenant poser une question plus précise sur sa demande d’allègement des procédures administratives et financières pour l’utilisation de ressources pour des dépenses d’infrastructures. Nous comprenons qu’il s’agit là pour lui d’une priorité qui devra être examinée dès que possible par la cinquième commission. Afin d’ores et déjà d’aider nos représentants à la cinquième commission, nous souhaiterions connaître les montants qui seraient en cause et savoir s’il s’agirait bien de redéploiements budgétaires au sein du budget actuel de l’Organisation des Nations unies.



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