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29 juin 1998 - Les enfants touchés par les conflits armés : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Ce débat démontre combien votre initiative était justifiée et justifie donc que nous nous associions à ceux qui vous remercient d’avoir, avec l’appui des délégations du Conseil, suscité l’adoption prochaine d’une déclaration sur les enfants dans les conflits armés. Cette déclaration est bienvenue.

Je ne reviendrai pas sur les chiffres et les statistiques qui ont été mentionnés et qui visaient à illustrer la gravité du problème auquel nous sommes confrontés. Je me bornerai à souligner le caractère effectivement accablant des faits qui attestent combien nombreux sont les enfants recrutés, enrôlés de force en tant que combattants, tant malheureusement dans les armées régulières que dans des groupes armés. Il s’agit là d’un phénomène particulièrement déplorable et il faut mobiliser tous nos efforts pour le juguler.

La question dont nous débattons est donc extrêmement préoccupante. Elle revêt de multiples aspects. Elle justifie que tous les efforts soient effectivement déployés pour renverser une tendance extraordinairement inquiétante à précipiter dans les conflits armés les enfants.

Dès l’origine, la France a soutenu l’idée mise en avant par le Secrétaire général de donner un mandat de représentant spécial pour les enfants dans les conflits armés. Et nous nous félicitons de la désignation à cet effet de M. Olara Otunnu, dont chacun ici à l’ONU connaît le dévouement, l’énergie et aussi l’efficacité. Je voudrais donc très simplement réitérer l’appui de la France à l’action de M. Olara Otunnu et exprimer le souhait très vif que, compte tenu de l’ampleur et des implications de son mandat, le Représentant spécial puisse bénéficier de la coopération entière et de la collaboration très active de la part de toutes les instances du système de l’ONU et toutes presque sont concernées par le problème des enfants dans les conflits armés, mais naturellement et plus particulièrement, l’UNICEF, le Haut Commissaire aux droits de l’homme, le Haut Commissaire pour les réfugiés. M. Olara Otunnu doit évidemment pouvoir compter sur la coopération des gouvernements et des acteurs non gouvernementaux.

La France souscrit entièrement aux dispositions contenues dans le projet de déclaration présidentielle que nous allons adopter, notamment en ce qui concerne la protection de l’aide humanitaire, la nécessité de prendre en considération l’impact humanitaire des sanctions, l’importance de concevoir et de mettre en oeuvre des programmes adaptés aux besoins des enfants, notamment dans le domaine de la réintégration et de la réhabilitation sociales.

Je dois dire que j’ai écouté avec beaucoup d’attention les différents points qui ont été marqués avec force par les orateurs qui m’ont précédé, et qui me paraissent tous effectivement dignes de notre appui. Je voudrais simplement souligner un élément qui nous paraît urgent et particulièrement important : c’est la nécessité d’une ratification universelle de la Convention des droits de l’enfant et, évidemment, la nécessité de l’application effective de cette Convention. Nous souhaitons également l’aboutissement dès que possible des efforts qui ont été entrepris en vue de la conclusion d’un protocole additionnel facultatif à la Convention, qui sera justement relatif aux enfants dans les conflits armés.

Nous avons pu mesurer dans les différentes instances de l’ONU toutes les conséquences positives qui ont pu être tirées du souci des délégations de voir appliquer la Convention des droits de l’enfant. Et nous savons combien à cet égard est vigilant et actif le Comité des droits de l’enfant. Je crois donc qu’il faut mobiliser nos efforts de manière très concrète en vue de la conclusion de ce protocole additionnel qui est relatif aux enfants dans les conflits armés. Ce serait, me semble-t-il, le premier effet heureux et positif de la déclaration du Président, que nous allons adopter et dont, une fois de plus, il faut vous remercier d’avoir, avec le soutien des délégations membres du Conseil, eu l’initiative.



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