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29 juin 2000 - La situation en Somalie : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La tenue de ce nouveau débat ouvert au Conseil de sécurité sur la situation en Somalie est, aux yeux de ma délégation, particulièrement importante pour trois raisons :

En premier lieu, parce qu’il marque que notre Conseil est engagé dans la résolution de toutes les crises, celles dont la presse internationale parle, mais aussi celles qui ne sont plus sous les feux de l’actualité. Je voudrais clairement marquer sur ce point qu’il n’y a pas de crises ’’oubliées’’ sur l’agenda du Conseil. L’échec d’une méthode d’intervention ne doit pas nous conduire systématiquement à l’inertie. Nous devons tirer des leçons de nos difficultés passées pour voir de quelle façon les Nations unies peuvent appuyer la paix en Somalie et permettre la renaissance de ce pays.

En second lieu, ce débat est important, parce qu’il souligne une fois de plus le souci de notre Conseil de soutenir et d’appuyer, chaque fois que la possibilité s’en présente, les initiatives régionales en faveur de la paix. Je citerai naturellement l’initiative des signataires de l’accord de Lusaka sur la RDC, celle de la CEDEAO en Sierra Leone, celle de l’OUA pour résoudre le conflit éthio-érythréen et enfin celle de l’IGAD pour la Somalie. Nous nous félicitons tout particulièrement, dans ce dernier cas, de l’implication nationale de Djibouti, à travers l’initiative prise par le Président Guelleh, pour apporter une solution durable à la crise en Somalie.

Le troisième intérêt de ce débat est de nous permettre enfin d’endosser un processus qui, s’il a été parfois difficile, n’en a pas été pour autant moins exemplaire. A la différence des précédents plans de paix pour la Somalie, qui ont tous, faut-il le rappeler, échoué, l’initiative du Président de Djibouti s’est refusée à faire reposer la réussite du plan sur le bon vouloir des chefs de guerre. Le témoignage que vient de nous offrir l’ambassadeur de Djibouti est éloquent. Le processus de paix conduit par le Président Guelleh a permis de donner la parole à la société civile, à la population, victime du conflit. Les anciens, les intellectuels, les ONG locales, les groupes de femmes, les chefs religieux, les exilés : tous, sans exception, ont pu exprimer leurs vues sur l’avenir de leur pays et ont montré leur profonde lassitude quant à la poursuite du conflit.

La France estime donc très important que la communauté internationale puisse désormais apporter un appui sans équivoque à Djibouti, un soutien qui ne reste pas simplement moral mais qui prenne aussi une dimension financière et qui permette effectivement d’accompagner jusqu’au bout la poursuite d’un processus si heureusement engagé./.



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