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3 mai 2001 - RDC - Exploitation illégale des ressources naturelles : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je voudrais remercier le Secrétaire Général des Nations Unies de sa présence, adresser un salut cordial aux ministres de RDC, de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi qui sont présents dans cette salle.

Tout à l’heure l’Ambassadeur de la Suède exprimera les vues de tous pays de l’UE et je voudrais ajouter quelques commentaires à titre national français

Les informartions qui figurent dans le rapport du panel ne sont, à vrai dire, pas tout à fait nouvelles : de nombreuses indications figuraient auparavant dans la presse. Les ONG, les témoignages divers s’étaient fait l’écho de la situation. Mais c’est la première fois qu’une vision d’ensemble du pillage des ressources de de la RDC nous est présentée et le tableau d’ensemble est extrêmement préoccupant.

Je voudrais rendre hommage au travail accompli par Mme Ba N’daw et les experts. C’est un rapport extrêmement documenté, c’est un rapport courageux et, disons le clairement, nous savons que la sécurité des experts a parfois été menacée. C’est une préoccupation pour tout ce Conseil.

Dans sa méthodologie le panel a très exactement suivi le mandat qui lui était donné par le Conseil de Sécurité, ce qui explique le large nombre d’Etats qui ont été soumis à investigation en raison de l’interprétation large du concept d’illégalité. Une conclusion s’impose : non seulement le pillage alimente le conflit mais on peut se demander aujourd’hui s’il n ’est pas devenu une motivation de la poursuite de ce conflit. Désormais le Conseil de Sécurité doit prendre en compte cette dimension du conflit, le plus meurtrier qui frappe actuellement le continent africain. Nous avons tous en tête les chiffres avancés par l’International Rescue Committee de New York : 2,5 millions de morts depuis 1998 dont 200 000 directement liés aux combats. Ces chiffres sont abominables. Ils appellent une action, une mobilisation de notre Conseil et de toutes les parties.

La responsabilité de ce Conseil est de contribuer avec toutes les parties concernées à mettre un terme au pillage et ce rappport va nous y aider. Nous allons prolonger le panel de trois mois par une décision unanime de notre Conseil et au cours des trois prochains mois le panel nous tiendra informés. Il complètera notre connaissance de cet important dossier. Dans trois mois il nous présentera une nouvelle évaluation de la situation. Dans le travail du panel, dans la mobilisation de la communauté internationale il faudra veiller à ce qu’au-delà des Nations Unies les institutions multilatérales concernées et les pays impliqués fassent toute leur part de l’effort. Nous souhaitons que ce Conseil travaille dans un esprit de dialogue, dialogue avec tous ceux qui sont mis en cause et de ce point de vue je voudrais saluer non seulement la présence des ministres autour de cette table mais les discours qui ont été prononcés. Nous sommes à l’écoute des uns et des autres. Nous saluons leur esprit de coopération et après mon collègue irlandais je voudrais saluer l’annonce par le ministre Mbabazi ici présent de la création en Ouganda d’une commission indépendante d’enquête. Je voudrais également remercier des annonces qu’il a faites le ministre des finances du Burundi. Tous les pays mis en cause doivent faire preuve de cet esprit de dialogue. Nous sommes, de notre côté, à l’écoute dans un esprit objectif et c’est au bout de trois mois, lorsque nous aurons le rapport complémentaire, que nous examinerons dans cette salle les mesures éventuelles qui pourraient être nécessaires, s’il n’y avait pas les progrès que nous espérons vers la fin des pillages de la RDC. L’esprit de dialogue doit être exprimé par tous les Etats mis en cause. Certains aujourd’hui n’ont pas souhaité s’exprimer : je lance un appel à ceux qui ne sont pas présents dans la salle et qui auraient été mis en cause pour qu’ils fassent preuve de la coopération marquée par les ministres ici présents.

Au-delà de ce rapport je crois que nous devons tous avoir en tête l’objectif que le Conseil de Sécurité souhaite atteindre dans la région des Grands Lacs. Notre objectif c’est la fin du conflit, c’est le retour de la paix, une paix dans la sécurité pour tous. Notre objectif c’est, enfin, le retour du développement économique et tout cela par la mise en oeuvre de l’accord de Lusaka. Les Nations Unies sont déterminées à apporter tout leur concours à cet objectif, mais c’est, bien entendu, l’action des parties elles-mêmes qui permettra d’abord de progresser dans cette voie./.



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