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31 mars 1998 - Kosovo : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(Résolution 1160 (1998))

La situation au Kosovo, en République fédérale de Yougoslavie, appelle une réaction du Conseil de sécurité. Les événements dramatiques qui ont marqué l’ex-Yougoslavie au cours des dernières années ont en effet démontré la nécessité d’une réponse rapide et appropriée aux situations de crise dans la région.

Les Etats qui constituent ce que l’on appelle le Groupe de contact, mais aussi l’Union européenne, l’ensemble des 26 pays de la Conférence européenne qui s’est tenue à Londres et les Etats voisins des Balkans sont intervenus dès le début de la crise. Ils ont insisté sur l’arrêt des violences, le retrait des forces de police spéciale, la condamnation du terrorisme et l’importance de parvenir à une solution politique de la crise au Kosovo à travers le dialogue, et dans le respect de l’intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie. Cette solution devrait comprendre une autonomie sensiblement accrue pour le Kosovo.

Lors de la réunion de Londres du Groupe de contact, le 9 mars dernier, des exigences précises avaient été définies, des échéances avaient été posées et des mesures d’application immédiate avaient été décidées. Réunis à nouveau le 25 mars à Bonn, les Etats du Groupe de contact ont constaté que des progrès avaient été accomplis depuis la réunion de Londres.

La visite conjointe des Ministres des affaires étrangères allemand et français, à Belgrade, le 19 mars, a permis de constater une évolution positive de la position des autorités au sein de la République fédérale de Yougoslavie. L’agrément obtenu entre les parties le 23 mars sur les mesures destinées à mettre en oeuvre l’Accord de 1996 sur l’éducation montre également qu’il est possible de parvenir à une solution négociée de questions délicates.

Ces progrès, pour importants qu’ils soient, ne sont pas encore suffisants. Des pas supplémentaires doivent être encore accomplis par les autorités de Belgrade et les représentants des Albanais du Kosovo pour qu’un dialogue substantiel s’engage sans conditions préalables. Le projet de résolution examiné aujourd’hui par le Conseil de sécurité s’inscrit dans ce contexte.

Par ce projet, le Conseil de sécurité déciderait d’un embargo sur les ventes et les fournitures d’armes à la République fédérale de Yougoslavie, y compris le Kosovo. La France applique déjà de telles mesures, en conformité avec l’embargo qui fut décidé par l’Union européenne en 1991 et qui a été confirmé le 19 mars dernier.

Les mesures prévues dans le projet de résolution doivent avant tout être perçues comme des moyens de parvenir à un règlement négocié de la crise actuelle. Le texte prévoit ainsi que le Conseil de sécurité reconsidérera les interdictions décidées, et pourra notamment décider d’y mettre fin, dès lors que le Gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie aura rempli les conditions décrites dans la résolution. Les interdictions pourront donc être levées, lorsque le Secrétaire général, dans l’un des rapports réguliers qu’il devra soumettre au Conseil de sécurité tous les 30 jours, fournira une évaluation selon laquelle le Gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie s’est conformé aux exigences précises définies par le Conseil de sécurité.

Le projet de résolution prévoit également que des progrès concrets sur certaines questions difficiles touchant le Kosovo permettront à la République fédérale de Yougoslavie d’améliorer les perspectives qui lui sont offertes de normalisation de ses relations internationales et de pleine participation aux institutions internationales.

Mon pays considère donc ce projet de résolution comme un texte équilibré susceptible de contribuer à une solution politique et pacifique de la crise actuelle au Kosovo. C’est pourquoi la France se prononcera en faveur du projet de résolution.

M. Amolo (Kenya) (interprétation de l’anglais) : La délégation kényenne prend la parole afin d’exprimer son appui au projet de résolution dont nous sommes saisis aujourd’hui. Nous déplorons les récents événements qui ont eu lieu au Kosovo et, tout en nous félicitant des progrès qui ont été faits pour appliquer les mesures énoncées dans la déclaration du Groupe de contact en date du 9 mars 1998, beaucoup d’efforts acharnés restent à faire. La délégation kényenne appelle donc la République fédérale de Yougoslavie et les autres parties à agir rapidement pour parvenir à une solution politique de la question du Kosovo par le dialogue. Nous demandons également aux dirigeants albanais du Kosovo de condamner toutes les actions terroristes et de réaliser leurs objectifs politiques, sociaux et économiques par des moyens uniquement pacifiques.

Nous estimons que la prolifération des armes et autres matériels connexes a exacerbé la situation politique tendue et le climat d’insécurité et nous sommes d’avis qu’un embargo sur les armes contribuera à renforcer la paix et la stabilité au Kosovo. Nous demandons donc à tous les Etats de respecter strictement cet embargo. Le projet de résolution dont nous sommes saisis fournit un mécanisme précis en vue de la levée de l’embargo et nous espérons que cela sera bientôt possible.



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