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31 octobre 2005 - Liban - Enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri - Vote de la résolution 1636 : Intervention du Ministre devant le Conseil de sécurité

Monsieur le Président,

Le 14 février 2005, l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri et 22 autres personnes ont été assassinés dans un lâche attentat terroriste, commis en plein cœur de Beyrouth.

Nous sommes solennellement réunis aujourd’hui dans cette enceinte pour réaffirmer notre volonté de rechercher la vérité et de punir les coupables de cet acte odieux.

Je tiens d’abord, au nom du gouvernement et du peuple français, à rendre hommage à la mémoire de Rafic Hariri. Celui-ci incarnait la volonté indéfectible d’indépendance, de démocratie et de liberté du Liban, volonté pleinement légitime que la France, unie par tant de liens à ce pays, n’a cessé de soutenir et d’encourager.

Le peuple libanais a été profondément choqué par cette tragédie, qui est survenue au moment où le Liban retrouvait progressivement sa souveraineté et reprenait le contrôle de son destin. Le peuple libanais, à l’unisson de la communauté internationale, a exigé de connaître toute la vérité sur cet assassinat politique, pour que justice soit faite et pour en finir avec l’impunité.

Monsieur le Président,

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a entendu cet appel. En décidant à l’unanimité d’établir une commission d’enquête indépendante internationale, au printemps dernier, il a rendu espoir à tout un peuple.

Cette commission, sous la direction du juge Detlev Mehlis, a accompli un travail remarquable, dans des circonstances très difficiles. Elle a remis son rapport au Conseil de sécurité il y a dix jours.

Ses conclusions, au terme de plusieurs mois d’une enquête approfondie et rigoureuse, sont d’une extrême gravité. J’en rappellerai les deux principales : la première est " qu’il existe des preuves convergentes d’une implication de responsables officiels libanais et syriens dans cet acte terroriste " ; la seconde est que la Syrie n’a pas coopéré de bonne foi avec la commission et qu’il lui incombe de clarifier une part considérable des questions non résolues.

Le Conseil de sécurité ne pouvait rester silencieux face à des conclusions d’une telle gravité. La France, avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ont donc proposé qu’une résolution ferme tire toutes les conséquences du rapport de la commission d’enquête indépendante.

Je me félicite que le Conseil de sécurité ait pu parvenir rapidement à un accord sur ce texte ; celui-ci ne vise qu’un seul objectif : la vérité, toute la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri, afin que ceux qui en sont responsables répondent de leur crime.

En adoptant aujourd’hui cette résolution à l’unanimité, le Conseil de sécurité adresse un triple message :

- D’abord, et c’est essentiel pour la France, un message de solidarité avec le peuple et le gouvernement libanais, qui ont su faire preuve, ces derniers mois, d’un courage et d’une détermination sans faille ;

- Nous adressons également un important message de soutien à la commission d’enquête indépendante et à son président, qui doivent être en mesure de poursuivre leur travail, aux côtés de la justice libanaise, dans les meilleures conditions possibles ;

- Enfin, notre Conseil lance un appel clair, ferme, pressant à la Syrie. Les autorités syriennes doivent aujourd’hui coopérer pleinement avec la commission, pour que toute la lumière soit faite, dans les délais les plus brefs, sur l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri. La résolution a été adoptée à l’unanimité. Les dirigeants syriens doivent comprendre que le Conseil de sécurité, et à travers lui la communauté internationale tout entière, ne tolèrera rien de moins qu’une coopération immédiate, totale et qu’il tirera les conséquences de tout manquement, de la part des autorités syriennes, à leurs obligations.

Monsieur le Président,

Plus de huit mois se sont écoulés depuis le lâche et tragique assassinat de Rafic Hariri et de 22 autres innocents. Malgré la poursuite des attentats et des tentatives de déstabilisation, le Liban a tenu bon. Les élections législatives du mois de juin se sont déroulées dans la liberté et la transparence ; le nouveau gouvernement, présidé par M. Fouad Siniora, travaille et progresse ; le peuple libanais, dans cette période difficile, se montre à la hauteur de son destin ; il n’entend ni faiblir, ni céder face au terrorisme.

La communauté internationale a le devoir d’aider le Liban à ce moment crucial de son histoire. Une poursuite résolue de l’enquête sur l’attentat terroriste du 14 février, la révélation de la vérité et la punition des coupables sont essentielles au renforcement de la souveraineté et de la stabilité du Liban. Mon pays est convaincu que la résolution que nous avons adoptée aujourd’hui y contribuera.

Je vous remercie./.



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