Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

8 juillet 1999 - Maintien de la paix et de la sécurité et consolidation de la paix après les conflits - Désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants dans un environnement de maintien de la paix : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président, ce Conseil est naturellement honoré que ses travaux soient placés sous la présidence du Ministre des affaires étrangères de la Malaisie pour traiter d’un sujet dont votre pays a eu heureusement l’initiative.

Au cours de la décennie qui s’achève, aucune région du monde n’a, en effet, été épargnée par la recrudescence des conflits internes. Ces affrontements ont souvent mis aux prises des groupes armés, des mutins, des milices se disputant entre eux le contrôle de parcelles de territoires. La multiplication de ces groupes armés, jointe à la prolifération des armes légères, rend encore plus difficile la conclusion d’accords de paix et, surtout, lorsque ces accords sont finalement signés, la vérification de leur respect.

Nul ne peut se substituer aux parties concernées pour appliquer de bonne foi des arrangements pacifiques mais le rôle du Conseil de sécurité reste déterminant, même si le maintien et la consolidation de la paix sont le résultat des efforts de tous qu’il s’agisse d’institutions internationales, d’organisations régionales, d’Etats contributeurs ou de bailleurs de fonds.

C’est dans ce contexte que le désarmement des anciens combattants est un problème qui mérite, comme votre pays l’a justement souligné, Monsieur le Président, d’être traité et auquel il faudrait s’efforcer d’apporter des solutions durables. Un exemple récent, celui de la Guinée-Bissau, montre que la récupération et le stockage des armes, même sous surveillance, n’offrent pas des garanties suffisantes en cas de résurgence des tensions et d’une reprise des hostilités. En fait, seule la destruction de ces armes empêche, bien évidemment, qu’elles puissent être utilisées à nouveau et aurait contribué à conforter le règlement de paix qui a été parrainé par les organisations régionales et les Nations Unies. Il convient donc d’inclure cet objectif de la démobilisation des anciens combattants, de la démilitarisation dans une perspective d’ensemble. La collecte des armes doit aller de pair avec la démobilisation et la réintégration dans la vie civile de ceux qui portent les armes : sans offre de réinsertion sociale et de réintégration dans la vie nationale, les anciens combattants seront portés à reprendre les armes au premier accroc à l’accord de paix ou parce qu’ils y verront le seul moyen, en fait, d’améliorer leurs conditions de vie.

Il est donc devenu évident, indispensable, que les accords qui mettent fin à des conflits, en particulier à des conflits internes, comportent des dispositions précises prévoyant des modalités de mise en oeuvre et de vérification en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants.

Mais la communauté internationale elle-même ne doit pas éluder ses responsabilités politiques autant que financières, pour rendre possible la mise en oeuvre de ces accords et donc la réussite d’une transition pacifique. Cet effort de la part de la communauté internationale peut se manifester de plusieurs façons : d’abord, en cas de déploiement de forces multinationales autorisées ou d’opérations de maintien de la paix des Nations Unies, en prévoyant dans le mandat de ces opérations et de ces forces des tâches de collecte, de stockage et, comme je l’ai mentionné tout à l’heure, de destruction des armes ; ensuite, en aidant à la restructuration des forces armées, de manière à éviter le maintien ou la reconstitution de milices et, parfois, à réintégrer dans des structures militaires établies, contrôlées, une partie des ex-combattants ; enfin et surtout, en apportant une aide économique, matérielle, à la réhabilitation et au développement, de façon à détourner définitivement les anciens combattants du recours à la force armée.

Dans tous ces domaines, un soutien plus généreux de la communauté internationale serait nécessaire. C’est en effet le manque de ressources financières qui constitue le principal obstacle à la mise en oeuvre de programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU