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17 octobre 2007 - Conseil de sécurité - Commission de Consolidation de la Paix - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je souhaite vous remercier d’avoir organisé le débat qui nous réunit aujourd’hui, alors même que l’Assemblée générale a tenu, la semaine dernière, son débat annuel sur les rapports de la Commission de consolidation de la paix et du fonds de consolidation de la paix et que vous-même, Monsieur le Président, avez été élu vice-président de la Commission.

J’y vois à la fois un exemple et un signe de la bonne coopération qui s’installe et que nous appelons de nos vœux entre la Commission et les deux organes dont elle dépend.

Comme mon collègue italien, je regrette qu’il n’ait pas été possible d’entendre la voix de l’Union européenne et d’autres intervenants importants.

Monsieur le Président,

Je voudrais tout d’abord revenir sur les activités de la CCP au cours de l’année passée telles que décrites dans son rapport. Grâce au bureau de la Commission et aux deux coordonnateurs des formations-pays, nos collègues de Norvège et des Pays-Bas, un cap a été franchi : celui de la mise sur pied de la Commission, au sens administratif et institutionnel du terme. Cela n’a pas été facile, avec les inévitables décalages, rivalités et incompréhensions qui se font jour lorsque l’on crée des mécanismes de coordination. Cela a gêné les débuts de la Commission, mais aujourd’hui tout le monde a compris que ce n’était dans l’intérêt de personne et en tout cas pas dans l’intérêt des pays considérés, que de poursuivre dans cette voie.

La création de la Commission de consolidation de la paix et, dans son sillage, celle du Bureau d’appui et du fonds, doivent permettre aux pays considérés de sortir effectivement et rapidement des crises dans lesquelles ils se trouvent et de retrouver le chemin d’un développement durable. C’est à cette aune, très concrète, que nous souhaitons voir notre Conseil mesurer les progrès de la CCP.

La Commission de Consolidation de la paix a engagé et étrenné ses activités avec deux pays inscrits à l’ordre du jour du Conseil depuis de nombreuses années, avec pour objectif d’y consolider des stratégies de sortie de crise alors que ces pays étaient plongés depuis de longues années dans des conflits atroces. Ces deux exemples ont montré clairement que, souvent, la théorie peinait face aux réalités du terrain. Cela ne doit pourtant en rien ralentir nos efforts pour que vive une institution dont le rôle est fondamental pour stabiliser les sorties de crises et dans le même temps pour en prévenir le retour. De ce point de vue, et c’est important pour la France, la Commission est un instrument essentiel de prévention des conflits et donc de mise en œuvre de la " responsabilité de protéger ", concept fondamental que ce Conseil doit mettre en œuvre, comme en ont décidé les Chefs d’Etat et de gouvernement en septembre 2005.

Monsieur le Président,

Avec ses deux premiers dossiers, la Commission est parvenue à créer un processus qui rassemble tous les acteurs et à jeter les bases d’une stratégie qui fédère leurs efforts.

Nous voulons à cet égard saluer le travail réalisé pour produire le cadre stratégique pour la consolidation de la paix au Burundi autour d’un nombre limité de priorités et d’engagements adaptés aux enjeux cruciaux de la consolidation de la paix dans ce pays. Ce document a été développé en étroite liaison avec le gouvernement, mais aussi, et c’est important, avec les partis politiques, la société civile et, plus généralement, toutes les parties présentes sur le terrain.

La Commission doit maintenant passer à la phase opérationnelle et piloter la mise en œuvre de ce cadre stratégique. Cela suppose, en relais des mécanismes établis localement, d’appuyer les projets et actions nécessaires et de suivre les progrès, en veillant au respect des échéances.

Nous espérons qu’un travail similaire pourra être rapidement accompli s’agissant de la Sierra-Leone et nous attendons avec intérêt le retour de l’Ambassadeur Majoor sur sa visite à Freetown où un nouveau gouvernement issu d’élections démocratiques vient de se mettre au travail.

Monsieur le Président,

Comme ma délégation a eu l’occasion de l’affirmer la semaine dernière à la tribune de l’Assemblée générale, la France considère que la Commission doit désormais atteindre son rythme de croisière.

Les discussions ont déjà commencé sur l’élargissement possible de son ordre du jour à de nouveaux pays. Toute cette réflexion, qui je l’espère nourrira nos échanges au Conseil comme ceux des autres organes principaux, manifeste un appétit pour l’action que je dois souligner.

Cette question de l’élargissement de l’ordre du jour de la Commission est indissociable de la montée en puissance de celle-ci. Nous souhaitons que la Commission développe ses activités et apporte au Conseil ses avis sur de nouveaux cas, au fur et à mesure que les besoins s’en feront sentir et que la Commission en aura les capacités. En tout état de cause, il n’y a pas, en la matière, de formule unique, comme l’ont déjà démontré les cas du Burundi et de la Sierra-Leone. L’examen de cette question se poursuivra donc au Conseil qui saura, je n’en doute pas, entretenir avec le Président de la Commission, l’Ambassadeur Takasu, une relation de travail transparente et efficace.

Monsieur le Président,

Pour conclure, j’aimerais souligner que l’objectif qui a guidé à la création de la Commission de consolidation de la paix va bien au-delà d’une nouvelle création bureaucratique. Il s’agit s’apporter une réponse adéquate et coordonnée de la Communauté internationale à des situations de post-conflit et à inscrire dans la durée le retour à la paix. Pour y parvenir, nous devons veiller à ce que la Commission demeure un mécanisme souple et réactif, permettant de rassembler tous les acteurs et de fédérer leur action sur une feuille de route unique.

En septembre 2005, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont pris des engagements pour sortir de la misère les pays les plus affectés par des crises graves. En ce jour du 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère, nous nous devons de renouveler cet engagement. C’est ce que la France fait aujourd’hui par ma voix.

Je vous remercie./.



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