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17 septembre 2007 - Conseil de sécurité - Somalie - Intervention de Jean-Pierre Lacrois, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Ould ABDALLAH pour son exposé ainsi que le représentant de Somalie pour les propos qu’il a tenu. Je veux lui redire ici qu’il a le plein soutien de la France pour mener à bien la tâche difficile qui est la sienne. Nous apprécions en particulier qu’il ait présenté au Conseil de sécurité une stratégie intégrée. Nous avons en effet la conviction que la crise somalienne est une crise globale, à la fois politique, sécuritaire et naturellement humanitaire. Elle menace aujourd’hui la stabilité de l’ensemble de la région.

Je voudrais insister sur trois pistes d’action, qui ne se conçoivent qu’ensemble :

1) La première est la situation humanitaire. L’urgence aujourd’hui en Somalie est de répondre au drame humanitaire. La situation sur place, telle que l’ont décrite aujourd’hui M. Ould Abdallah et il y a 10 jours M. Holmes, se dégrade encore : plus de 600.000 personnes ont fui leur foyer en 2007 et au moins la moitié des habitants de Mogadiscio ont quitté la ville pour se fixer dans des campements de fortune le long des routes. On se bat toujours dans la capitale : aux attentats et aux assassinats pratiqués par les insurgés répondent parfois des tirs d’artillerie des troupes éthiopiennes et du gouvernement fédéral de transition.

Nous rappelons que le Gouvernement fédéral de transition a la responsabilité de protéger les civils et que l’ensemble des combattants doivent respecter le droit humanitaire. La France souhaite que l’aide humanitaire soit renforcée, que l’accès aux populations dans le besoin soit garanti et que les conditions de travail des personnels humanitaires soient améliorées. Cette demande s’étend aux autres peronnels internatioanux quoi travaillent en Somalie. Je pense notamment aux journalistes t plus particulièrement à notre compatriote M. Gwen le Gouil, journaliste français enlevé dimanche dans la région du Puntland. La France demande sa libération sans délai.

La France poursuit la protection militaire des bâtiments du PAM, qui apportent l’essentiel de l’aide alimentaire à la Somalie. Deux rotations ont déjà été effectuées, la troisième est en cours jours. Notre engagement se poursuivra jusqu’au 16 janvier. Cette opération permet d’améliorer significativement les conditions de délivrance de l’aide et nous sommes en contact avec plusieurs de nos partenaires pour que cette opération puisse se poursuivre au-delà de cette date.

2) Mais la France ne perd pas de vue le fait que la crise ne se résoudra pas sans dialogue politique. La première tâche du nouveau Premier ministre, M. Nur Hassan Hussein Adde, une fois qu’il aura constitué son équipe gouvernementale, sera de lancer le dialogue entre le Gouvernement fédéral de transition et l’opposition, en Somalie et ailleurs. Ce dialogue doit être le plus inclusif possible et englober ceux qui ont pris les armes, à l’exception naturellement des quelques " extrémistes qui ont un agenda international ". Le Conseil de sécurité doit soutenir sans réserve les efforts déployés par M. Ould ABDALLAH pour convaincre toutes les parties au conflit. Après 16 ans de chaos et de conflits, la France souscrit en particulier à sa stratégie de réunions discrètes de petits groupes de décideurs autour de thèmes spécifiques en vue de créer les conditions d’un véritable processus politique.

3) Enfin le 3e volet : celui de la sécurité. Dans ce contexte comment agir sur le plan de la sécurité ? M. Ould ABDALLAH a évoqué une force ad hoc qui viendrait compléter l’AMISOM. L’idée d’une telle force, sous mandat des Nations unies, mérte réflexion. D’autres options sont envisageables. En tout état de cause, la situation est telle que le Conseil de sécurité ne peut, selon nous, se permettre d’exclure aucune option : qu’il s’agisse de soutenir l’AMISOM, d’envisager de donner un mandat à une force ad hoc ou une d’une éventuelle opération de maintien de la paix. Nous demandons donc au Secrétariat de travailler sur l’ensemble de ces possibilités, y compris en envoyant rapidement une mission d’évaluation technique sur place et de refaire régulièrement le point de ses travaux devant le Conseil de sécurité.

A court terme, ma délégation note que tous les scénarii crédibles envisagés supposent un plus grand dialogue politique mais aussi que l’AMISOM se déploie rapidement. La France rend hommage à l’Union africaine et au contingent ougandais présent sur le terrain. Nous avons participé activement à la formation de contingents du Burundi et nous accueillons avec satisfaction l’annonce faite vendredi par l’envoyé spécial de l’Union africaine selon lequel le premier bataillon burundais serait déployé très bientôt, dans la deuxième moitié du mois de décembre.

Monsieur le Président, au vu de ce qui précède vous ne serez pas étonné que la France soutienne l’idée qu’il faut en effet " changer de cap ". Face à la catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux un désengagement complet de la communauté internationale n’est pas envisageable. Mais le simple statu quo n’est pas non plus une option. Je souhaite remercier M. Ould ABDALLAH pour les pistes qu’il a tracées devant nous ce matin. Nous souhaitons que le Conseil de sécurité puisse rapidement approfondir les différentes options, en travaillant de façon concrète avec l’ensemble des services concernés du Secrétariat.

Je vous remercie./.



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