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17 Juillet 2008 - Conseil de sécurité - Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies et Président du Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés

Monsieur le Vice-Premier Ministre,

Monsieur le Secrétaire général,

Madame la Représentante spéciale,

Madame la Directrice exécutive de l’UNICEF,

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de remercier pour commencer le Vice-Premier Ministre du Vietnam pour son initiative de nous réunir pour traiter de la question des enfants dans les conflits armés. Je remercie également M. le Secrétaire général, Mmes Coomaraswamy et Veneman, ainsi que M. Mulet pour leurs contributions à ce débat et leur dévouement à la cause des enfants dans les conflits armés. C’est aussi avec la plus grande attention que nous avons écouté les remarques et suggestions de Mme Kate Hunt, représentant la coalition " Watchlist ".

Je souhaiterais effectuer quelques brefs commentaires au sujet du rapport annuel du Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, que j’ai l’honneur de présider depuis un an. Le rapport traduit une activité soutenue du Groupe de travail, accompagnant la mise en œuvre du mécanisme de suivi de la résolution 1612 dans un nombre croissant de situations de conflit. Cette activité s’est concentrée sur l’examen des rapports produits par ledit mécanisme, et l’adoption de conclusions opérationnelles sur ces rapports.


La négociation de ces conclusions a nécessité des efforts plus ou moins intenses selon les situations examinées, résultant parfois en un retard certain entre l’examen du rapport et l’adoption des conclusions. Néanmoins, le Groupe de travail est parvenu à adopter, sur l’ensemble des situations soumises à son examen, des conclusions détaillées. Celles-ci donnent aux parties concernées des indications précises sur les mesures qui s’imposent ou sont recommandées pour libérer les enfants soldats, et permettent sur le terrain à l’UNICEF, aux conseillers pour la protection de l’enfance dans les OMP, ou la représentante spéciale du Secrétaire général à l’occasion de ses visites, d’obtenir des résultats.

Permettez-moi enfin de souligner que le Groupe de travail fonctionne actuellement sans faire appel aux ressources du Secrétariat autres que la mise à dispositions de salles de réunion - et d’interprétation quand on veut bien lui attribuer cette dernière. Au vu de l’importance du sujet traité et du volume d’activité du Groupe, il me semble qu’il est temps de changer cet état de fait.

Je tiens, pour conclure ce point, à remercier tous les membres du Groupe de travail pour leur contribution. Les premiers résultats obtenus doivent nous encourager tous à poursuivre avec détermination la mise en œuvre du mandat que le Conseil de sécurité nous a confié, en étant conscients que la possibilité qui nous est offerte de contribuer à changer le cours des choses pour les enfants nous donne aussi des responsabilités. Nous devons, individuellement et collectivement, assumer ces responsabilités.

M. le Président, je souhaite maintenant m’exprimer également au nom de l’Union Européenne et des pays qui ont souscrit à cette déclaration. L’intégralité de cette déclaration peut être consultée dans le document distribué en salle. Je rappellerai ici les grandes lignes de la position européenne :


- Soutien à l’analyse et aux recommandations du Secrétaire général dans ses rapports sur les enfants dans les conflits armés.

- Condamnation de toutes les violations commises à l’encontre des enfants, et appel à toutes les parties à mettre un terme immédiatement à ces agissements.

- Importance de la Convention pour les droits de l’enfant et de ses protocoles facultatifs, et du rôle que la Cour pénale internationale, créée par le Statut de Rome il y a dix ans jour pour jour, joue dans la lutte contre l’impunité. Il ne saurait y avoir de paix durable sans justice.

- Soutien à l’engagement résolu du Conseil de sécurité sur la question, via notamment ses résolutions, l’activité de son Groupe de travail et l’utilisation par le Conseil des outils à sa disposition, allant jusqu’aux sanctions.

- Appui à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.

- Promotion d’une approche globale du problème, abordant les questions de développement, humanitaires, de sécurité et de droits de l’homme.

Monsieur le Président,

L’Union européenne se félicite de la mise en œuvre du mécanisme de rapport et de suivi dans l’ensemble des situations de conflit où des enfants sont utilisés.

L’Union européenne salue l’adoption par le groupe de travail de conclusions concrètes, et se félicite que celles-ci aient déjà été suivies d’effets positifs, comme l’a souligné le Secrétaire général des Nations unies. Elle appelle l’ensemble des parties à mettre en œuvre ces conclusions.

L’Union européenne note dans le même temps que, jusqu’à présent, tous les instruments à la disposition du Groupe de travail et du Conseil de Sécurité n’ont pas été utilisés, et elle encourage le Groupe de travail et le Conseil de sécurité à prendre des mesures déterminées à l’encontre des parties aux conflits, en vue de les inciter à mettre fin aux violations.

L’Union européenne invite enfin le Secrétariat à prêter attention à la nécessité de donner au Groupe de travail du Conseil de Sécurité les moyens nécessaires pour lui permettre de poursuivre ses activités de manière efficace et transparente.

Monsieur le Président,

Le Conseil de l’Union européenne à confirmé dans ses dernières conclusions que la promotion et la protection des droits de l’enfant, particulièrement des enfants touchés par les conflits armés, demeurait une priorité de l’action extérieure de l’Union européenne.

En juin 2008, le Conseil de l’Union européenne a adopté des lignes directrices révisées, augmentant le nombre des pays prioritaires, et intégrant pleinement les engagements et principes de Paris parmi les textes de référence de l’UE. La problématique des enfants dans les conflits armés est ainsi mieux prise en compte dans la politique étrangère et de sécurité commune et dans les opérations européennes de sécurité et de défense, telles que l’opération EUFOR actuellement déployée au Tchad et en République Centrafricaine pour protéger les populations déplacées et réfugiées du Darfour.

L’Union européenne finance un nombre important de projets en faveur des enfants dans les conflits armés. Ce sont ainsi plus de 100 millions d’euros qui ont été versés dans ce domaine depuis l’an 2000. Il est en effet essentiel que les efforts entrepris dans le cadre de la résolution 1612 soient complétés par un effort important de la communauté internationale pour la prévention des recrutements et la réinsertion des enfants associés aux groupes armés. Il faut également, comme le soulignent les engagements et principes de Paris :


- que les programmes de réinsertion prennent en compte les besoins des enfants, notamment les filles et les enfants handicapés, dans leur diversité ;

- que ces programmes soient intégrés dans des actions plus larges s’adressant aux communautés dans lesquelles les enfants seront réinsérés ;

- qu’ils puissent bénéficier d’un engagement à long terme des donateurs.

L’Union européenne est déterminée à oeuvrer, en partenariat avec tous les pays et organisations intéressés, pour que les enfants ne soient plus, durant les conflits, recrutés, violés, mutilés, tués, ou, plus simplement, privés d’éducation et dépossédés de leur enfance même, puis abandonnés ou stigmatisés une fois la paix revenue. Elle appelle le Conseil de Sécurité à continuer également à contribuer à la réalisation de cet objectif. Les enfants victimes des conflits armés, partout sur la planète, sont nos enfants. Ne les abandonnons pas.

Merci Monsieur le Président.



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