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9 décembre 2008 - Débat du Conseil de sécurité sur la lutte contre le terrorisme - Intervention prononcée au nom de l’Union européenne par M. Jean-Pierre Lacroix

Monsieur le Président, tout d’abord, ma délégation souhaiterait remercier vivement votre pays et vous-même en particulier pour avoir organisé ce débat à l’occasion de la Présidence croate du Conseil de sécurité en décembre. Je souhaiterais saluer votre présence aujourd’hui à la présidence de ce débat et également saluer la présence du Secrétaire général.

Pour cette intervention j’aurais l’honneur de prendre également la parole au nom de l’Union européenne et de la Turquie, de votre pays la Croatie, de l’ex-République yougoslave de Macédoine, pays candidats ; de l’Albanie, du Monténégro, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels ; ainsi que de l’Ukraine et de la République de Moldavie, qui se rallient à la présente déclaration.

Malgré tous nos efforts, la menace du terrorisme n’a en rien baissé d’intensité et la longue litanie des actes terroristes survenus aux quatre coins de la planète est là pour le rappeler. La sophistication et la détermination des terroristes qui ont frappé au cœur la ville de Mumbai il y a quelques jours en atteste.

Face au terrorisme, nous devons faire plus et nous devons faire mieux. Pour cela, nous devons d’abord comprendre les ressorts du terrorisme mondial qui, ici même à New York, a ouvert une nouvelle ère sanglante de l’histoire du terrorisme. Mondial, ce terrorisme l’est par son champ d’action, il l’est aussi par sa capacité à se fondre dans la mondialisation, à évoluer avec la modernité, et ce malgré lе caractère archaïque de ses référents idéologiques. Il est enfin mondial par sa capacité à défier et à menacer nos Etats, alors que les terroristes ne sont probablement que des centaines, voire peut-être quelques milliers d’individus dispersés dans différentes régions du monde.

L’Union européenne tient le terrorisme pour l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales. Notre devoir est de combattre ce fléau par tous les moyens. Mais pour ce faire, nous devons impérativement résister aux pièges mortels qu’il nous tend ; la peur, la division, le renoncement. La peur, c’est l’abdication et la défaite. La division, ce sont les déchirements entre les peuples, les cultures, les religions, que les terroristes cherchent justement à provoquer. Le renoncement, c’est l’abandon des principes et des valeurs sur lesquels sont établies nos démocraties et notre Organisation : le dialogue, la paix, les droits de l’homme.

Pour l’Union européenne, le respect des droits de l’homme et la primauté du droit sont des éléments fondamentaux de la lutte antiterroriste. Ce n’est pas l’arbitraire contre la violence aveugle : c’est l’état de droit contre le crime. C’est dans le respect de nos valeurs, du droit, des libertés publiques et dans le recours à des procédures claires et équitables que nous parviendrons à terrasser le terrorisme.

Pour l’Union européenne, l’ONU est naturellement le cadre pour développer les normes et les structures afin de renforcer lа coopération internationale contre le terrorisme. L’ONU a un rôle central à jouer à cet effet. De ce point de vue, des efforts considérables ont été entrepris. Les principaux outils ont été développés : 16 instruments internationaux contre le terrorisme, plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de large portée, trois organes subsidiaires du Conseil de sécurité et dernièrement une Stratégie antiterroriste mondiale à laquelle tous les Etats Membres de l’ONU ont souscrit. Avec ces instruments, l’ONU a développé à la fois les principes clefs d’une lutte efficace contre le terrorisme à l’échelle mondiale, de même que les instruments juridiques et institutionnels nécessaires à cet effet.



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