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10 février 2014 - Conseil de sécurité - Kosovo / MINUK - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je tiens à remercier le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Farid Zarif, pour son exposé ainsi que les Premiers ministres de Serbie, Monsieur Ivica Dacic, et du Kosovo, Monsieur Hashim Thaçi, pour leurs interventions respectives.

Monsieur le Président,

Le rapport du Secrétaire général revient sur le bilan d’une année 2013 historique. L’accord du 19 avril obtenu entre la Serbie et le Kosovo sous les auspices de l’Union européenne et de la Haute Représentante est une étape sans précédent dans la normalisation de leurs relations. Je félicite également les parties pour la poursuite sans relâche de leur dialogue depuis lors. Les espoirs suscités au printemps ont été confirmés par les faits.

Autre évènement marquant, les derniers mois ont vu la tenue d’élections municipales sur l’ensemble du territoire du Kosovo. Pour la première fois tous les électeurs du Kosovo se sont rendus aux urnes dans un cadre institutionnel unique. Le taux de participation relativement élevé sur l’ensemble du territoire, bien qu’un peu plus faible au nord de l’Ibar, démontre l’appropriation progressive par les populations serbes du système institutionnel kosovar.

Ces événements témoignent du lancement d’une dynamique, tant à la base qu’au plus haut niveau de la société kosovare.

Le Secrétaire général dans son rapport nous invite aussi à porter le regard vers l’année qui s’ouvre. Dans un contexte marqué par les élections, la tendance positive doit se poursuivre et il nous incombera de rester attentifs à la poursuite du dialogue et aux développements politiques des deux Etats. A ce titre, nous continuerons de chercher les marques tangibles de la mise en œuvre de l’accord du 19 avril 2013 entre Pristina et Belgrade. Deux aspects sont pointés à juste titre dans le rapport du Secrétaire général : la poursuite du démantèlement des structures parallèles serbes au nord du Kosovo et leur intégration dans les institutions kosovares ainsi que la mise en place d’une association ou communauté de communes serbes, dotée de véritables compétences. Ces deux processus sont indissociables.

Comme l’indique le rapport du Secrétaire général, les anciens policiers serbes du nord du Kosovo sont de plus en plus nombreux à signer leur engagement auprès de la police kosovare. C’est une marque de la qualité du dialogue entre les deux parties sur ce point. Aussi nous les appelons à poursuivre la discussion sur la mise en place de structures judiciaires qui elles aussi seront de nature à renforcer la confiance de la population locale dans ce nouveau cadre institutionnel.

Nous encourageons enfin les parties à favoriser sur le terrain la protection des minorités. Le faible volume du retour de réfugiés au Kosovo reste un motif de préoccupation. La restauration de la confiance mutuelle entre communautés demeure l’unique chemin pour permettre au Kosovo et à la Serbie d’ouvrir ensemble une nouvelle page de leur histoire, qui soit résolument tournée vers la paix et la coopération régionale.

Madame la Présidente,

La décision d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE avec la Serbie d’une part, et d’autoriser la Commission à négocier un accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo d’autre part devrait aussi trouver en 2014 ses premières réalisations.

La normalisation des relations entre Serbie et Kosovo a été fixée par l’UE comme critère commun de leur rapprochement européen respectif. Il conviendra dès lors de veiller à ce que l’un comme l’autre restent engagés de manière constructive, et dans la durée, dans l’amélioration de leurs relations.

L’année 2014 sera également l’année de la revue stratégique de la mission EULEX dont l’examen devra tenir compte de l’évolution du contexte régional d’une part, et du souhait des autorités kosovares d’une plus grande responsabilisation sur le plan de l’Etat de droit d’autre part. C’est donc sur une logique davantage axée sur le partenariat que l’Union veillera à accompagner le Kosovo dans le renforcement de ses institutions, renforcement indispensable à la poursuite de son rapprochement européen.

Monsieur le Président,

Ces développements positifs imposent que la communauté internationale en prenne acte. Il est temps que la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK) adapte sa présence à la situation sur le terrain, en accord avec les autorités kosovares et en fonction de leurs besoins effectifs.

Nous sommes également d’avis que le suivi par ce Conseil de cette question doit refléter la réalité des relations entre les parties et que le nombre de débats sur ce sujet soit revu à la baisse.

Je vous remercie.


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