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11 janvier 2012 - Conseil de sécurité - Somalie - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies

Madame la Présidente,

Je vous remercie d’avoir permis la tenue de cette réunion qui permet de renforcer le dialogue et la coordination entre l’Union africaine et les Nations Unies sur la question de la Somalie.

Je remercie à cet égard le Commissaire Lamamra d’avoir fait le déplacement à New York pour nous présenter les positions de l’Union africaine, de même que les Ministres du Kenya, de l’Ouganda et les représentants de l’Ethiopie et de la Somalie. Je remercie enfin M. Pascoe et Mme Malcorra pour leurs précisions.

Madame la Présidente,

Sur le plan politique, l’adoption le 6 septembre 2011 par les Institutions fédérales de transition somaliennes, les Présidents du Puntland et du Galmudug et les représentants d’Ahlu Sunna wal jama’a de la « Feuille de route » définissant les tâches prioritaires qui devront être menées à bien d’ici le 20 août 2012 a constitué une étape déterminante.

La mise en œuvre, en temps et en heure, et dans toutes ses composantes, de cette feuille de route est indispensable.

Les institutions fédérales sont confrontées à des défis considérables. Elles doivent toutefois tirer parti rapidement de l’évolution favorable du contexte sécuritaire dans Mogadiscio pour mettre en œuvre les objectifs de la feuille de route. Nous attendons également du GFT qu’il fasse preuve d’un réel volontarisme en matière de lutte contre la piraterie maritime.

Le rapport du Secrétaire général remis le 9 décembre dernier le montre, les progrès dans la mise en œuvre de la Feuille de route sont encore insuffisants. Par ailleurs, la crise parlementaire ouverte le 13 décembre dernier avec la tentative de destitution du speaker se poursuit. Dans ces conditions, notre vigilance à l’égard de l’action des institutions de transition n’est que renforcée.

Comme ce Conseil l’a déjà indiqué, la poursuite du soutien de la communauté internationale aux institutions de transition dépendra de la mise en œuvre de la Feuille de route dans les délais prévus. Ceux qui entraveraient le processus de paix ainsi que la paix et la sécurité en Somalie pourront faire l’objet de sanctions du Conseil de sécurité.

Il faut toutefois également noter des évolutions positives. D’importantes avancées ont été obtenues sur le volet constitutionnel de la Feuille de route et sur la réforme du Parlement. La Conférence nationale sur le processus constitutionnel qui s’est tenue du 21 au 23 décembre à Garowe, au Puntland, a été un relatif succès. Elle a permis de définir des principes clairs pour la suite du processus constitutionnel. Ces progrès doivent à présent être consolidés et les efforts poursuivis et accompagnés.

Madame la Présidente,

Sur le plan sécuritaire, les succès obtenus par l’AMISOM et les forces de sécurité somaliennes au cours des derniers mois ont permis de reprendre le contrôle de nouvelles zones à Mogadiscio et dans sa région. Ces résultats doivent être salués alors que les troupes déployées sur le terrain exercent leur mission dans des conditions particulièrement éprouvantes. Ils ont été consacrés par la visite du Secrétaire général à Mogadiscio en décembre dernier, pour la première fois depuis 18 ans, et l’annonce d’un retour des agences des Nations Unies dans la capitale somalienne. Il s’agit là de signes positifs pour l’avenir dont nous pouvons nous féliciter et que nous encourageons.

L’intervention menée par le Kenya depuis octobre 2011, et celle menée concomitamment par l’Ethiopie s’appuyant sur des milices de l’ouest somalien, contribuent également à affaiblir Al-Shabaab. Nous nous réjouissons de cet affaiblissement du Shabaab qui constitue un signe encourageant pour l’avenir de la transition politique.

Dans ce contexte l’Union africaine a présenté des demandes détaillées au Conseil de sécurité pour renforcer l’AMISOM, alors que la situation semble en effet propice. Ces demandes portent notamment sur un relèvement du plafond de troupes et une extension du périmètre du paquet de soutien logistique. La présentation d’un nouveau concept stratégique pour l’AMISOM le 5 janvier vient préciser le contexte dans lequel ces demandes s’insèrent. Ce concept stratégique doit maintenant faire l’objet d’un examen détaillé politique, opérationnel et financier.

Rappelons par ailleurs que la mise en place de forces de sécurité somaliennes crédibles est également essentielle. C’est une question de crédibilité politique pour le GFT. Ce sont les forces somaliennes qui devront prendre, au plus tôt, le relais de l’AMISOM et parachever ainsi, en matière de sécurité, la stabilisation du pays.

Madame la Présidente,

Je conclurai en évoquant la situation humanitaire, qui constitue toujours un facteur de préoccupation. Quatre millions de personnes ont toujours besoin d’assistance alimentaire (dont trois millions dans le sud) alors que l’accès à l’aide humanitaire n’est possible que pour environ 1,5 millions de personnes compte tenu du contexte sécuritaire dégradé et des cas de détournements de l’aide alimentaire.

Les Nations Unies, comme les ONG humanitaires, apportent un soutien vital à la population affectée par la famine dans toute la région. Nous restons mobilisés pour répondre à la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique. L’accès sans entrave de l’aide humanitaire doit être garanti./.



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