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11 novembre 2010 - Conseil de sécurité - La situation en Bosnie-Herzégovine : Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Haut-Représentant pour l’intervention qu’il vient de prononcer et l’assure du soutien de la France. Je salue la présence de M. Radmanovic, président en exercice de la Présidence de Bosnie-Herzégovine.

Monsieur le Président,

Il y a tout juste quelques jours, les 27 Ministres des affaires étrangères de l’Union européennes ont décidé de lever l’obligation de visas de court séjour pour la Bosnie-Herzégovine. C’est une avancée majeure : d’abord pour les citoyens de Bosnie-Herzégovine, qui pourront se déplacer plus facilement en Europe ; mais aussi pour les dirigeants politiques, qui voient avec cette décision de l’Union européenne la réalisation concrète de leurs efforts. Cette décision illustre à quel point l’unité des dirigeants bosniens vers un objectif commun peut porter ses fruits. L’UE avait spécifié depuis longtemps les critères qui devaient être remplis. Dès qu’ils l’ont été, elle a su tenir ses engagements.

Cependant, nous regrettons que les progrès attendus dans d’autres domaines n’aient pas été au rendez-vous. Ainsi, faute d’un accord entre les deux entités sur la question de la répartition des propriétés de la Défense, le premier programme annuel du Plan d’Action pour l’Adhésion de l’OTAN n’a pu débuter en septembre dernier. La Bosnie-Herzégovine se verra offrir une nouvelle possibilité de lancer ce programme en septembre prochain.

Monsieur le Président,

Le Haut Représentant fait état, hélas, de nombreux blocages et conflits internes dans son dernier rapport ; nous ne pouvons que souscrire à ses analyses. Le temps est fini où la communauté internationale prenait les décisions à la place des dirigeants du pays. Souvenons-nous : il y a dix ans, à Zagreb, l’Union européenne consacrait la perspective européenne de tous les pays de la région. Peu à peu cette perspective s’est précisée par des étapes, des feuilles de route, des critères. Les uns après les autres, tous les Etats de la région saisissent cette opportunité et se préparent, chacun à son rythme, à rejoindre un jour de plein droit la famille européenne. Le Sommet qui s’est tenu à Sarajevo en juin dernier a confirmé l’engagement de l’UE dans cette voie. Parallèlement, l’UE contribue à la stabilisation de la Bosnie-Herzégovine, à travers la mission EUFOR Althéa.

Depuis dix ans, la communauté internationale appuie les autorités bosniennes pour les aider à construire des institutions capables de faire fonctionner le pays. Des objectifs et des conditions ont été fixés pour opérer une transition qui permette aux autorités bosniennes de décider seules de leur avenir. La communauté internationale resterait présente, sous la forme d’un " RSUE renforcé " qui remplacerait le Haut représentant. Mais, plutôt que de saisir cette opportunité, les dirigeants du pays, en particulier de Republika Srpska, comme l’a noté M.Inzko dans son rapport, multiplient les critiquent contre la communauté internationale qui soutient pourtant le pays à bout de bras depuis tant d’années.

Les mois passés, avec la perspective des élections législatives, ont vu se multiplier, de toutes parts, des propos publics inacceptables de la part d’un pays qui siège à ce Conseil et qui souhaite intégrer l’Union européenne et l’OTAN. Nous appelons les dirigeants à former rapidement les gouvernements à la suite des élections du 3 octobre : la période de la campagne électorale doit désormais se refermer pour laisser la place à la reprise des chantiers interrompus.

Monsieur le Président,

Nous nous félicitons des gestes intervenus ces derniers mois dans la région, tels que par exemple l’adoption au printemps dernier par le Parlement de Serbie d’une résolution condamnant le massacre de Srebrenica, qui montrent que le dialogue et la réconciliation avaient leur place dans les Balkans, et que la coopération régionale que l’Union européenne appelle de ses vœux n’est pas un vain mot. Une nouvelle fois, nous appelons les dirigeants bosniens à mettre en pratique de telles initiatives au niveau national, et d’engager enfin une dynamique positive qui puisse confirmer la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine.

L’avenir du pays dépend de ses dirigeants, en particulier de ceux qui viennent de recueillir les scrutins de la population. C’est à eux aujourd’hui qu’il revient de faire preuve de courage et de détermination pour résoudre leurs problèmes.

Je vous remercie./.



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