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12 février 2010 - Conseil de Sécurité - Opérations de maintien de la paix : débat sur les stratégies de transition et de sortie - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies et président du Conseil de Sécurité

Je souhaite vous remercie pour votre participation à ce débat.

Mes remerciements vont aussi à tous ceux qui ont fait le chemin de loin, en particulier les RSSG, pour partager leur expérience.

Ils vont également à ceux sans lesquels le maintien de la paix dans ses différentes phases ne serait pas possible : les contributeurs de troupes et de police, qui conduisent l’action sur le terrain, la Commission de consolidation de la paix, qui est appelée à jouer un rôle croissant, et les organisations internationales qui contribuent directement à la mise en œuvre de mandats, et surtout aux hommes et aux femmes qui servent dans des conditions difficiles dans toutes les opérations de maintien de la paix.


Pourquoi avons-nous souhaité organiser ce débat ?

Notre objectif primordial est de réussir les opérations. Or, nous sommes confrontés aujourd’hui à deux tendances contradictoires.

Tout d’abord, les opérations se sont accumulées au cours des dernières années, pesant de tout leur poids sur un Secrétariat aux moyens comptés.

D’autre part, depuis quelques mois, sont apparues des perspectives de réduction de plusieurs opérations.

Nous en tirons une conclusion simple : il faut réussir les transitions, c’est-à-dire ce passage complexe et progressif vers le plein exercice par l’Etat hôte de toutes les compétences qu’un Etat souverain exerce normalement, seul, sans présence étrangère, sur son territoire. Réussir les transitions, car elles sont la condition d’une paix durable sur le terrain.

De nombreuses opérations ont été le théâtre de transitions globalement réussies, comme le Cambodge ou la Sierra Leone.

Dans le document de cadrage que nous vous avons transmis avant cette séance, nous avons identifié les facteurs qui nous paraissent expliquer les difficultés que nous avons parfois à réussir les transitions.

A cet égard, il nous paraît que plusieurs facteurs sont essentiels au succès des transitions, et que nous pouvons peser sur eux :

— Tout d’abord, la qualité des mandats : comment déterminer si l’action des Nations unies a atteint ses objectifs, et doit graduellement s’effacer au profit du pays hôte, si les objectifs et l’état final recherché ne sont pas clairs ?

— Il revient ensuite au Secrétariat, sur la base de ses mandats, de réaliser une planification de qualité, et de rapporter d’une manière qui lui permette de bien comprendre à quel degré d’achèvement en est la mission ; il est très important de maintenir cet échange permanent entre la mission et le conseil

— Les ressources disponibles sont aussi un élément majeur. Chacun sait qu’elles sont limitées dans certains domaines clés, comme la réforme du secteur de sécurité qui est pourtant la dimension essentielle de la transition. Tout ce qui peut contribuer à renforcer ces ressources est bienvenu.

— Enfin, maintes fois le Secrétariat nous rappelle, avec justesse, la nécessité de renforcer les processus de paix.


Sur la base de ces considérations de bon sens, le Conseil est parvenu à un accord sur une déclaration présidentielle, qui manifeste notre souhait d’améliorer notre travail sur les transitions, en commençant par faire le ménage devant notre propre porte.

Nous nous engageons en particulier :

— à mieux définir dans nos mandats le résultat final escompté et à hiérarchiser les tâches ;

— à renforcer le dialogue entre le Conseil et le Secrétariat, en améliorant l’information réciproque ;

— à utiliser davantage les outils comme les cadres et plans de travail stratégiques, qui permettent de mesurer les progrès et l’état d’achèvement d’une mission. Le Secrétariat pourra planifier sur cette base les différentes phases de la mission et leur calendrier ;

— à mieux prendre en compte la reconstruction post-conflit au plus tôt dans les mandats, en recourant en outre à la Commission de consolidation de la paix ;

— enfin, à faire tous les efforts pour appuyer les processus de paix.


Avec ces engagements, nous ne changerons ni la nature fondamentalement politique des situations portées au Conseil, ni le temps long nécessaire aux processus de paix et de réconciliation. Nous espérons contribuer à un processus plus réfléchi et plus responsable au sein de notre Conseil et dans notre dialogue avec le Secrétariat.

Les décisions que nous nous apprêtons à prendre sont, je crois, simples et de bon sens.


Nous sommes convenus de faire à la fin 2010 un bilan de ces efforts.

Comme vous le savez, mon pays est très attaché à maintenir la dynamique de réforme, et à renforcer sans cesse le partenariat précieux qui nous unit au Secrétariat et aux principaux autres acteurs du maintien de la paix./.



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