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12 mai 2010 - Conseil de sécurité - La situation en Somalie - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies



Monsieur le Président,

Je tiens à remercier pour leurs présentations le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Ahmedou Ould Adballah, [ainsi que le vice-Premier ministre du Gouvernement fédéral de transition S. Exc. M. Abdirahman Hadji Aden Ibbi]. Je souhaite rappeler le plein soutien que la France apporte au Gouvernement fédéral de transition et je m’associe à la déclaration que le Chef de la délégation de l’Union européenne prononcera tout à l’heure.

La situation en Somalie reste fragile.

La conférence d’Istanbul le 22 mai, à laquelle le Ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner participera, doit permettre de commencer à dessiner les pistes du développement de la Somalie. La communauté internationale doit soutenir le Président Cheikh Sharif. Nous espérons que les Nations Unies pourront, conformément à la stratégie d’ensemble validée par le Conseil de sécurité, assurer une présence permanente en Somalie même, sous l’impulsion du représentant spécial du secrétaire général, dont le Conseil a reconnu le rôle de coordination.

De tels progrès supposent cependant d’abord que le Gouvernement fédéral de transition continue, avec l’aide de la communauté internationale, à se renforcer militairement. La France y a contribué en formant notamment un bataillon de 500 soldats somaliens, d’autres pays ont fait de même comme l’Ouganda ou Djibouti. L’Union européenne commence ce mois-ci, avec la participation de soldats français notamment, à former 2000 soldats somaliens en Ouganda, en étroite coopération avec l’AMISOM et d’autres partenaires internationaux. Tout l’enjeu est d’inscrire ces efforts dans la durée et de les coordonner le mieux possible et avec l’action de l’AMISOM. La force de l’Union africaine, renforcée par un quatrième bataillon ougandais et par de nouveaux effectifs de police continue en effet à apporter au gouvernement un soutien indispensable. Je rends hommage au courage de ces personnels et en particulier aux contingents ougandais et burundais.

Le soutien apporté à l’AMISOM par le paquet de soutien logistique des Nations Unies, dans le respect du périmètre décidé par le Conseil de sécurité, doit se poursuivre, de même que l’appui des grands bailleurs internationaux, directement ou par les différents fonds mis en place. Les Nations Unies ont enfin des moyens d’action spécifiques, comme les sanctions internationales. Après l’adoption en décembre dernier de la résolution 1907, le comité de sanctions a décidé de placer une série d’entités et d’individus sur la liste des personnes sanctionnées sur le fondement de la résolution 1844, de façon à marquer concrètement notre détermination.

Toutes ces actions auront d’autant plus d’impact que le gouvernement fédéral de transition saura renforcer la dynamique politique qu’il a su renforcer, dans l’esprit de l’accord de Djibouti en passant un accord avec le groupe Ahlu Sunna Wal Jamaa le 15 mars dernier. Il n’en est que plus urgent que cet accord soit mis en œuvre et que les autorités de transition somaliennes démontrent leur unité.

S’agissant de la lutte contre la piraterie, le rapport du Secrétaire général montre que le nombre d’attaques a reculé. Il nous faut continuer nos actions en mer et l’opération Atalante de l’Union européenne prend toute sa part dans cet effort. Mais il nous faut aussi développer nos actions à terre. Cela suppose d’aider les Etats de la région, qui sont des victimes des actions des pirates, à disposer des moyens juridiques et matériels nécessaires pour poursuivre, juger et le cas échéant emprisonner les pirates.

Nous saluons les efforts des Etats de la région et nous encourageons le Kenya, les Seychelles et la Tanzanie, de même que la Somalie à renforcer encore leur action dans ce domaine, avec le soutien notamment du fonds fiduciaire du groupe de contact, qui a déjà décidé de l’allocation de plus de 2 M d’euros. Nous appelons les donateurs à contribuer à ce fonds. La France salue l’accord trouvé entre le GFT et les autorités du Puntland dans ce domaine. La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité se rendra prochainement dans la région pour évoquer notamment ces questions, que notre Conseil réexaminera fin juillet.

M. le Président, la Somalie traverse une des crises les plus complexes et dangereuses qui soient et je rappelle qu’un ressortissant français y est notamment retenu en otage depuis le mois de juillet dernier. L’action de la communauté internationale y est donc particulièrement difficile et nous devons continuer à améliorer sans cesse nos modes d’action. A cet égard, la France suivra avec attention le résultat des différentes enquêtes lancées à la suite de la publication du dernier rapport du groupe de contrôle de la Somalie. Je souhaite insister sur l’idée que ces difficultés mêmes rendent d’autant plus nécessaire une meilleure coordination de l’action de la communauté internationale et des Nations unies. Je salue les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général pour aller dans le sens d’une mission intégrée. La France attend avec intérêt les recommandations du Secrétaire général.

Je vous remercie./.



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