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13 février 2012 - Assemblée générale - Syrie
Intervention de M. Emmanuel Bonne, conseiller politique à la représentation permanente de la France auprès des Nations Unies

M. le Président,

Je vous remercie d’avoir prie l’initiative d’avoir organisé cette importante réunion. Je remercie aussi la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme d’avoir présenté à l’Assemblée générale le dernier état de la situation en Syrie. Je m’associe enfin à la déclaration que vient de prononcer le représentant de l’Union européenne.

M. le Président,

Nous sommes consternés par ce que nous avons entendu aujourd’hui. Depuis le rapport préliminaire de la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’Homme, en décembre dernier, la situation n’a fait qu’empirer en Syrie. Les autorités de Damas refusent d’entendre les appels répétés du Conseil des droits de l’Homme et de cette Assemblée générale, elles refusent aussi d’entendre les appels de la Ligue des Etats arabes. Les autorités syriennes se sont enfermées dans une stratégie de la terreur : elles continuent de recourir massivement au meurtre, à la torture, aux détentions arbitraires, aux disparitions, et à toutes les formes de violence contre des civils qui expriment pacifiquement leur aspiration à la liberté. Au moins 6 000 Syriens dont des centaines de femmes et d’enfants, sont tombés sous les coups du régime de Bachar Al-Assad depuis presque un an. Chaque jour, sinistre imprécision des chiffres, il y a des dizaines de nouvelles victimes civiles, le rythme est à ce point élevé que la Haute Commissaire ne peut plus en faire un compte exact depuis le début de cette année.

Pire, le véto de deux membres du Conseil de sécurité a conforté le régime syrien dans sa logique de tueur. Ce régime considère qu’il a maintenant carte blanche pour massacrer son peuple, il n’hésite plus à recourir à l’artillerie lourde pour faire taire toute forme d’opposition. Les villes protestataires, notamment Homs, sont assiégées et privées de tout. Les hôpitaux eux-mêmes sont devenus des centres de torture et de détention, ôtant toute chance de survie aux blessés. La situation humanitaire s’aggrave de jour en jour, alors que les autorités refusent toujours l’accès aux personnes en difficultés.

La Commission d’enquête nous l’avait dit en décembre, la Haute Commissaire l’a confirmé aujourd’hui : le régime syrien est coupable de crimes contre l’humanité. L’impunité doit cesser : les autorités syriennes, en premier lieu le président Assad, devront répondre de leurs actes devant la justice. Notre attachement à la lutte contre l’impunité est connu, nous tenons à le réaffirmer aujourd’hui face aux crimes qui se déroulent en Syrie.

M. le Président,

Le double véto opposé au Conseil de sécurité n’empêchera pas la communauté internationale de rester mobilisée dans la défense du peuple syrien. Ce véto ne nous arrêtera pas : la France et ses partenaires continueront d’œuvrer dans toutes les instances afin de faire cesser les violences.

Nous devons continuer de soutenir l’initiative de la Ligue des Etats arabes. Depuis plusieurs mois, la Ligue a fait tout son possible pour mettre fin aux violences et trouver une solution pacifique à la crise et répondre aux aspirations légitimes du peuple syrien. Le plan d’action qu’elle a adopté le 2 novembre et complété le 22 janvier pose les jalons d’une transition démocratique en Syrie, qui inclut le transfert de l’autorité du Président Bachar Al Assad et le lancement d’un dialogue national dans un environnement libre de toute violence. Il s’agit là de la seule initiative de paix crédible, l’implication des acteurs régionaux est le gage de sa viabilité.

M. le Président,

Nous saluons la décision prise hier par la Ligue des Etats arabes de nommer un envoyé spécial chargé de mettre en œuvre le plan arabe. Nous souhaitons que le Secrétaire général des Nations Unies renforce ses liens avec la Ligue des Etats arabes, notamment par le biais de cet envoyé. A l’appel de la Ligue, notre Assemblée sera aussi saisie et il importera alors de manifester tout notre appui aux mesures qu’elle propose.

Les efforts de la communauté internationale doivent en effet converger pour appuyer l’initiative arabe. C’est pourquoi nous apportons notre plein soutien à la création d’un Groupe des amis du peuple syrien afin de réunir tous les Etats qui condamnent les exactions du régime de Bachar Al-Assad et soutiennent une transition pacifique en Syrie. Ce Groupe permettra d’accentuer la mobilisation internationale en coordonnant les pressions sur le régime syrien. Il permettra également de montrer au peuple syrien que la communauté internationale ne l’abandonne.

M. le Président,

Nous saluons aussi les manifestants de Syrie qui luttent à main nue pacifiquement pour défendre leurs droits, leur liberté et leur dignité. Nous admirons leur courage et appelons l’opposition à se rassembler autour du Conseil national syrien dont nous saluons le projet d’établir une Syrie démocratique et pluraliste, fondée sur le respect des droits de l’Homme, et garantissant les droits des minorités et de leurs membres.

Enfin, la situation en Syrie sera au centre de l’attention de la 19ème session du Conseil des droits de l’Homme dans quelques semaines. La Commission d’enquête présentera alors son rapport final et ses recommandations. Ceux-ci seront examinés avec la plus grande attention. Nous appelons le Conseil des droits de l’Homme à saisir cette prochaine occasion pour condamner unanimement et avec la plus grande fermeté les exactions du régime de Bachar Al-Assad.

Je vous remercie./.



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