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13 février 2013 - Conseil de sécurité - Coopération entre l’Union européenne et les Nations unies - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies


Monsieur le Président,

Je salue à mon tour la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. La France s’associe à la vision et l’engagement de l’Union européenne au service d’un multilatéralisme efficace, en pleine collaboration avec le Conseil qu’elle vient de nous présenter.

Je soulignerai trois aspects de la contribution de l’Union européenne à la réalisation des objectifs des Nations unies.

Tout d’abord, l’Union européenne demeure un modèle unique de coopération et d’intégration au service de la paix et de la sécurité sur le continent européen.

Aujourd’hui l’Union européenne joue ce rôle au cœur même du continent, dans les Balkans autrefois ravagés par la guerre. Elle favorise le dialogue bilatéral entre la Serbie et le Kosovo et leur offre une perspective d’intégration dans un espace qui les dépasse.

La fin de la période d’indépendance supervisée du Kosovo s’est déroulée sans incident le 10 septembre dernier. C’est un succès de toute la communauté internationale, dont l’Union européenne peut prendre toute sa part.

L’ouverture, au plus haut niveau, d’une nouvelle phase de dialogue politique entre le Kosovo et la Serbie, sous l’égide de l’Union européenne, prolonge cet effort. Je me félicite ainsi de la rencontre des présidents serbe et kosovar la semaine dernière à Bruxelles. Ce dialogue confirme la volonté des deux parties de normaliser leurs relations dans le cadre de leur rapprochement européen qui, nous l’espérons, permettra aux deux pays de tourner la page des conflits.

Monsieur le Président,

L’Union européenne s’est aussi dotée des outils pour agir au delà du continent européen, au service du système de sécurité collective dont ce Conseil est la pierre angulaire.

Il y a exactement deux ans la Haute représentante présentait à ce Conseil la création du Service européen d’action extérieure, jalon important de la mise en œuvre du Traité de Lisbonne.

Depuis, ces développements ont permis de renforcer la contribution de l’Union européenne à la paix et la sécurité collective, et d’en faire ainsi un partenaire précieux des Nations unies.

Je donnerai quelques exemples :

Les forces africaines qui composent la Mission internationale de soutien au Mali, autorisée par la résolution 2085, ont commencé leur déploiement pour appuyer les forces armées maliennes dans la restauration de la sécurité de l’Etat. Via la facilité africaine de paix, l’Union européenne apporte son concours au financement de leurs soldes.

Elle apporte également son soutien dans la refondation de l’outil de défense malien. Le déploiement à partir de la mi-mars de la mission de l’Union européenne de formation participe au même objectif de restauration de la souveraineté malienne. Forte de 500 personnes, dont 172 formateurs, cette mission assurera, en un an, la formation de quatre bataillons de 650 soldats maliens chacun. Le soutien à la recherche d’une solution politique au Mali illustre l’approche globale de l’Union européenne, qui dans cette logique, a débloqué son aide économique pour relancer le développement du pays et jeter ainsi les bases d’une paix durable.

Par ailleurs, malgré le blocage persistant de ce Conseil, l’Union européenne s’est engagée résolument en faveur d’une transition démocratique en Syrie. C’est la raison pour laquelle elle a condamné très vite la répression sanglante du régime de Bachar el-Assad et considéré les forces de la Coalition Nationale Syrienne comme représentantes légitimes du peuple syrien.

Elle a démontré sur cette crise sa volonté et sa capacité à agir. L’Union européenne a imposé, depuis mai 2011, un large éventail de sanctions individuelles, financières et commerciales contre le régime. Avec plus de 400 millions d’euros versés au titre de l’aide humanitaire, l’Union européenne et ses Etats membres ont ainsi apporté une aide considérable pour soulager le sort de la population syrienne y compris des réfugiés. L’Union européenne a constamment soutenu l’action du Représentant spécial conjoint pour trouver une solution politique au conflit.

Sur le dossier nucléaire iranien, la Haute représentante intervient comme facilitatrice du dialogue avec Téhéran. Nous la remercions de ses efforts intenses et de son engagement exemplaire aux côtés des E3+3, afin de maintenir la porte du dialogue ouverte.

Une nouvelle réunion du groupe E3+3 avec l’Iran interviendra à Almaty le 26 février. Ce doit être pour l’Iran l’occasion de faire, sans plus attendre les gestes de confiance que la communauté internationale attend de lui, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA.

Tant que l’Iran ne se conformera pas à ses obligations, nous assumerons nos responsabilités et renforcerons la pression afin de le convaincre d’abandonner sa politique d’isolement et de provocation. L’Union Européenne et ses Etats membres jouent là pleinement leur rôle, en ayant mis en place un dispositif de sanctions très fort. Nous continuons de penser que la fermeté reste le meilleur gage de la recherche de la solution diplomatique de long terme qu’est notre objectif à tous.

Monsieur le Président,

L’Union européenne apporte enfin son soutien aux travaux du Conseil de sécurité sur plusieurs thématiques transversales, démontrant qu’elle est un partenaire majeure des Nations unies dans la définition de perspectives de progrès dans la vie internationale.

Elle promeut ainsi le rôle des femmes dans les stratégies de sortie de crise. C’est notamment le cas en Afghanistan à travers la mission de police EUPOL, où un effort indéniable est réalisé pour augmenter le nombre d’officier de police féminins.

En matière de protection des enfants dans les conflits armés, je remercie l’Union européenne de son soutien constant apporté à la Représentante spéciale pour les Enfants et les conflits armés.

Monsieur le Président,

Je conclurai en rappelant que ce rôle particulier de l’Union européenne s’est traduit il y a deux ans par l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution 65/276. Celle-ci consacre la place de l’Union européenne comme partenaire et amie des Nations unies, non seulement en tant qu’organisation régionale mais en tant que pilier d’un système international cohérent et efficace.

Je vous remercie.


En savoir plus sur l’Union européenne à l’ONU.



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