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13 novembre 2012 - Conseil de sécurité - Bosnie-Herzégovine - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie Monsieur Inzko, Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine pour sa présentation. Je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Je voudrais revenir sur l’évolution en Bosnie-Herzégovine depuis un an.

La situation sécuritaire sur le terrain est restée calme et stable, et c’est là une constante depuis plusieurs années. En outre, comme l’ont indiqué les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et le Commandant d’opération, les autorités du pays se sont montrées jusqu’à présent capables de faire face aux éventuelles menaces pesant sur le climat de sécurité.

Des développements politiques positifs sont intervenus au cours du premier semestre. Des lois importantes, requises par l’Union européenne, sur le recensement et les aides d’Etat ont pu être votées, le budget d’Etat a été adopté, de même qu’un accord sur la répartition des propriétés de l’Etat et de la Défense entre Etat central et Entités. Des élections municipales organisées par les Bosniens se sont déroulées dans le calme, notamment à Srebrenica.

Une nouvelle phase d’instabilité politique s’est ouverte cet été. La rhétorique nationaliste continue d’alimenter la tension et les soupçons et détourne les efforts des autorités des réformes nécessaires. Nous le regrettons et condamnons ces excès de langage. Mais pour autant nous ne partageons pas les craintes exprimées dans le rapport du Haut Représentant, qui nous semblent excessives, d’autant que les tensions politiques n’ont à aucun moment remis en cause le climat de sécurité.

Nous le savons, les défis politiques restent nombreux. Plus que jamais, la réponse à ces défis réside dans la concrétisation de la perspective européenne offerte à ce pays.

L’Union européenne a réaffirmé, y compris lors de la récente visite de la Haute Représentante Catherine Ashton, son soutien à la perspective de voir ce pays rejoindre l’UE en tant que pays uni et souverain, jouissant de la pleine intégrité territoriale.

Cette perspective se traduit également par un engagement politique, humain et financier important et dynamique de l’UE sur le terrain. Le bureau du Représentant spécial pour l’UE (RSUE) a été très substantiellement renforcé, y compris dans sa présence régionale et en matière d’Etat de droit. M. Peter Sorensen, Représentant Spécial et Délégué de l’Union européenne, a tout notre soutien.

Nous souhaitons que le gouvernement en place reprenne la voie des réformes et en particulier qu’il s’efforce réellement de mettre la constitution en conformité avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Monsieur le Président,

Nous allons renouveler l’autorisation d’action d’EUFOR ALTHEA.

La reconfiguration de cette mission a permis de réduire les forces stationnées et de les recentrer vers le développement des capacités et la formation. EUFOR ALTHEA garde un mandat exécutif résiduel afin de soutenir la capacité des autorités du pays à préserver l’environnement sécuritaire si la situation l’exigeait, ce qui jusqu’ici n’a jamais été le cas.

La reconfiguration de la présence internationale en Bosnie-Herzégovine est en cours, comme l’ont montré la fin de la supervision internationale sur le district de Brcko et l’achèvement de la Mission de Police de l’Union Européenne dont le RSUE a repris certaines des tâches résiduelles clefs.

Une réflexion sur la reconfiguration du Bureau du Haut Représentant, demandée par les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, a aussi été lancée. Elle a donné lieu à une évolution initiale, en parallèle à l’engagement accru de l’UE. Ces efforts doivent se poursuivre car cette reconfiguration a pour objectif une plus grande efficacité, fondée sur le rôle clef de l’UE. Nous devons continuer à recentrer l’action du Bureau du Haut Représentant, en veillant à sa complémentarité avec l’action de l’Union européenne et en continuant pour cela à identifier et éliminer les doublons avec le Bureau de l’UE.

Le Haut Représentant, M. Inzko, garant des Accords de Paix au nom de la Communauté internationale, a notre soutien. Mais la crise gouvernementale actuelle nous rappelle qu’il est grand temps de responsabiliser la classe politique bosnienne pour qu’elle retrouve son unité face à la principale priorité, la perspective européenne qui est offerte à son pays. Dès lors, la fonction du Haut Représentant doit évoluer substantiellement.

Je vous remercie.



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