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13 septembre 2010 - Conseil de sécurité - Haïti - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je veux avant tout rendre hommage au Représentant spécial Edmond Mulet, dont j’ai écouté la présentation avec beaucoup d’intérêt, et dont je veux saluer l’engagement au sein de la MINUSTAH. Le dispositif de la MINUSTAH, dont le personnel travaille sans relâche dans des conditions qui demeurent extrêmement difficiles, joue un rôle essentiel en Haïti. M. Edmond Mulet jouit du respect et de la confiance des Haïtiens, il doit bénéficier du plein soutien du Conseil de sécurité. J’ai également écouté avec attention l’intervention du Représentant Permanent d’Haïti, l’Ambassadeur Mérorès ; il doit être certain de l’engagement de la France à poursuivre son soutien à Haïti.

Monsieur le Président,

Depuis notre dernière réunion, un processus électoral a été engagé. Comme l’a relevé le Secrétaire général dans son rapport, il est essentiel que les élections présidentielles et législatives se déroulent dans les meilleures conditions possibles, pour donner une gouvernance forte au pays et permettre aux dirigeants haïtiens de mener à bien les projets de reconstruction. La MINUSTAH contribue d’ores et déjà au soutien du processus en cours, en offrant une assistance technique, sécuritaire et logistique. Nous appelons les autorités haïtiennes à favoriser le bon déroulement de ce processus.

Dans ce contexte, la MINUSTAH continue de jouer un rôle essentiel dans de nombreux domaines : bons offices politiques, maintien de l’ordre, promotion des droits de l’Homme, renforcement de l’Etat de droit, qui doivent plus que jamais constituer le cœur de son mandat. Cette mission des Nations unies illustre la complexité des mandats confiés aux opérations de maintien de la paix. Mais pour continuer de mener à bien efficacement ses tâches, la MINUSTAH devra disposer des ressources suffisantes et en particulier, nous devrons veiller au maintien d’effectifs de police suffisants. C’est indispensable pour assurer la sécurité des groupes vulnérables et je pense en particulier aux femmes dont la sécurité doit être une priorité.

En Haïti comme peut-être plus qu’ailleurs étant donné les circonstances, la réussite des Nations unies passe par une bonne coordination des différents acteurs sur le terrain. Il est indispensable que les agences, les fonds, les programmes, travaillent de façon coordonnée dans les différents domaines qu’ils couvrent, qu’il s’agisse de démocratisation, de développement ou de sécurité.

Monsieur le Président,

La Conférence de New York de mars dernier a ouvert des perspectives, la communauté internationale s’est fortement mobilisée, des engagements ont pris. Nous saluons la création et le travail de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti, grâce à laquelle des priorités claires peuvent être définies. Comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport, il est extrêmement important que tous les engagements soient tenus. Les donateurs quant à eux devront être tenus au courant des besoins et des priorités identifiés.

Nous devons aussi continuer d’accorder toute notre attention à l’aide aux centaines de milliers de déplacés, qui devront vivre dans des camps pour une période encore indéterminée. Plus le temps passe, plus il devient urgent de répondre à leurs besoins, en particulier pour des raisons de sécurité.

Monsieur le Président,

La France apporte une aide conséquente à Haïti, avec 326 millions de dollars pour la période 2010/2011, et des efforts accrus de coopération technique dans différents domaines, en particulier l’enseignement, la gouvernance, la police. Nous nous engageons aussi pour renforcer l’Etat de droit en contribuant à la formation des juges notamment. Nous contribuons également pour beaucoup à l’aide apportée par l’Union européenne, dont le représentant donnera tout à l’heure les détails. La France s’associe par avance à l’intervention qu’il prononcera.

La France est fortement engagée au sein de la MINUSTAH, avec notamment le déploiement de près de 140 gendarmes et policiers, ce qui fait de notre pays un des tout premiers contributeurs de police à cette Mission. La France a aussi apporté un appui direct à la Police Nationale Haïtienne et aux pompiers, sous la forme de l’envoi de 110 véhicules en particulier. Enfin, nous avons de plus déployé, en coordination avec la MINUSTAH, des capacités de génie militaire pour contribuer au déblaiement de Port-au-Prince et à d’autres actions urgentes dans ce domaine.

Monsieur le Président,

La France poursuivra son engagement aux côtés du peuple et du Gouvernement haïtiens, en étroite coordination avec les Nations unies. Elle le fera dans le cadre d’un effort global impliquant l’Etat, mais aussi les collectivités locales, notamment les Départements français des Caraïbes, les ONG et la diaspora haïtienne vivant en France.

Je vous remercie.



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