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14 Juillet 2014 - Syrie/ Humanitaire : Adoption de la résolution 2165 - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France aux Nations-Unies

Monsieur le Président,

Le Conseil vient d’adopter à l’unanimité une nouvelle résolution sur l’accès humanitaire en Syrie. Je remercie l’Australie, la Jordanie et le Luxembourg pour les efforts qu’ils ont déployés pour préparer ce texte. L’adoption d’une nouvelle résolution était nécessaire.

Elle l’était parce que les dispositions de la déclaration présidentielle du 2 octobre 2013 et les dispositions de la résolution 2139 n’ont pas été mises en œuvre par le régime syrien comme l’ont soulignés les rapports successifs du secrétaire général.

Elle était nécessaire parce que la tragédie se poursuit en Syrie, avec un bilan qui ne cesse de s’alourdir depuis plus de trois ans : plus de 170 000 victimes, plus de 10 millions de Syriens qui ont dû fuir la violence des combats ; 10 millions de syriens qui ont besoin d’aide. Elle était nécessaire parce que les agences humanitaires des Nations Unies et leurs partenaires d’exécution pourraient faire plus et mieux, si le régime syrien ne fermait pas ses frontières, ne multipliait pas les obstacles bureaucratiques à la distribution de l’aide humanitaire et ne contrôlait pas cette aide afin qu’elle ne parvienne pas aux zones contrôlées par l’opposition.

Cette résolution permettra de changer la donne, concrètement, au moins pour une partie de ceux qui ne reçoivent pas l’aide qu’ils devraient et pourraient recevoir.

Elle rappelle certains principes fondamentaux de l’action humanitaire, qui est que l’aide doit être distribuée sans préjugé et sans motivation politique.

Elle réitère l’une des principales demandes contenues dans la résolution 2139, qui est que l’aide doit pouvoir être acheminée par les routes les plus directes, que ce soit à travers les lignes de front ou à travers les frontières, depuis les pays voisins.

Mais elle va plus loin : elle ouvre quatre points de passage transfrontaliers depuis les pays voisins qui étaient jusqu’à présent fermés. Cette disposition fondée sur les demandes du BCAH pourrait être décisive pour toucher près de 2 millions de personnes supplémentaires.

Enfin, elle innove en mettant en place un mécanisme d’inspection des convois, afin que les autorités syriennes n’aient plus aucune raison d’objecter à l’action des acteurs humanitaires sur leur territoire.

Cette résolution est une étape supplémentaire dans les efforts de ce Conseil pour améliorer les conditions et l’efficacité du travail des acteurs humanitaires.

Cela étant, elle ne complète pas, et ne remplace pas, la résolution 2139 dont toutes les exigences demeurent d’actualité. À cet égard nous devons rappeler que les autorités syriennes utilisent massivement les barils d’explosifs, ce qui est une violation directe et incontestable de la résolution 2139.

Elle a une visée pratique de court terme qui doit permettre d’améliorer le travail humanitaire, mais elle souligne également que la transition politique qui doit permettre de répondre aux aspirations légitimes du peuple syrien, n’a toujours pas eu lieu.

Enfin elle se félicite de la nomination d’un nouvel envoyé spécial, M. De Mistura, que la France accompagnera dans ses efforts pour promouvoir une solution, sur la base du communiqué de Genève.

Je vous remercie.


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