Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

14 mai 2013 - Conseil de sécurité - Bosnie-Herzégovine - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie Monsieur Inzko, Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine pour sa présentation. Je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

La situation sécuritaire sur le terrain est restée calme et stable, et cet environnement sécuritaire a été entièrement préservé par l’action des institutions bosniennes. C’est là une constante depuis plusieurs années qu’il convient de saluer.

En revanche, la succession de crises politiques - pendant des mois au niveau central, puis maintenant à celui de la Fédération - ainsi que la persistance des tensions entre les représentants politiques des communautés, paralysent le pays et nous préoccupent. Ces affrontements incessants détournent les autorités bosniennes de l’objectif de l’intégration euro-atlantique. Nous le regrettons d’autant plus que d’autres Etats de la région sont sur le point de franchir des étapes historiques dans ce processus ou ont démontré leur capacité de dialogue et de compromis pour se donner la possibilité d’avancer vers leur perspective européenne.

Nous appelons une nouvelle fois le gouvernement bosnien à engager les réformes attendues. Cela vaut en premier lieu pour la mise en conformité de la Constitution avec l’Arrêt Sejdic-Finci de la CEDH, question déterminante pour l’avancée vers l’UE, et la résolution de la question de la répartition des propriétés de l’Etat et de la Défense. Mais il est également indispensable d’améliorer le bon fonctionnement et l’efficacité des institutions, à commencer par la mise en place d’un mécanisme de coordination sur les questions européennes.

Nous restons attachés à la perspective de voir la Bosnie-Herzégovine rejoindre l’Union européenne en tant que pays uni et souverain, jouissant de la pleine intégrité territoriale. Mais un pays sous tutelle et profondément divisé ne peut, comme tel, intégrer l’Union européenne. Il appartient aux Bosniens et à leurs dirigeants de trouver les compromis historiques qui permettront à la Bosnie-Herzégovine de s’appuyer sur des institutions fonctionnant efficacement, ce que, de toute évidence, ne permet pas l’usage qui est fait du cadre institutionnel actuel, hérité de Dayton.

Monsieur le Président,

Nous nous réjouissons de la reconfiguration en cours de la présence internationale en Bosnie-Herzégovine, porteuse d’opportunités et qui illustre du rôle de premier plan que veut, et que doit jouer l’UE dans ce pays, conformément à la perspective européenne qui lui a été offerte.

L’Union européenne renforce son engagement politique, humain et financier sur le terrain. Le bureau du RSUE a été très substantiellement renforcé, y compris dans sa présence régionale et en matière d’Etat de droit. M. Peter Sorensen, Représentant spécial et Délégué de l’Union européenne, a tout notre soutien.

La reconfiguration d’EUFOR ALTHEA, conséquence d’un environnement calme et stable, a permis de réduire les forces stationnées à 600 hommes et de les recentrer vers le développement des capacités et la formation. Le Conseil de sécurité devra prendre acte de ce changement de nature d’EUFOR ALTHEA lorsqu’il examinera à l’automne le rôle de cette mission. EUFOR ALTHEA dispose encore pour le moment, d’un mandat exécutif résiduel pour soutenir la capacité des autorités du pays à maintenir la sécurité, si la situation l’exigeait. Or les autorités bosniennes ont toujours été capables de garantir cette sécurité et n’ont pas besoin pour cela de la présence militaire européenne, comme le rappellent les rapports réguliers du commandant d’opération,

L’action d’EUFOR ALTHEA, dans cette phase descendante, doit rester complémentaire de celle des autres acteurs présents sur le terrain. Je pense notamment à l’OSCE, qui y déploie sa deuxième mission en volume et dont l’action couvre un important volet d’activités telles que la gouvernance, l’Etat de droit, le respect des droits de l’Homme, mais aussi la gestion des stocks d’armes et de surplus de munitions, un sujet sur lequel l’OSCE doit garder un rôle de chef de file et où, à l’inverse, la multiplication des acteurs serait contre-productive.

Monsieur le Président,

Une réflexion sur la reconfiguration du Bureau du Haut Représentant a été lancée, y compris au sein de l’Union européenne qui, je le rappelle, contribue à plus de 53% au budget du BHR. Cette réflexion s’appuie sur le constat non pas que la situation politique est positive, mais qu’au contraire la persistance des difficultés politiques nous oblige à repenser et à adapter notre stratégie. Maintenir coûte que coûte un dispositif datant des années 1990 ne rend pas service à la Bosnie-Herzégovine. Nous souhaitons ramener le Bureau à une taille en phase avec ses responsabilités résiduelles, en renforçant sa transparence et sa complémentarité avec le Bureau de l’UE. La crise gouvernementale actuelle nous rappelle qu’il est grand temps de changer d’approche et de responsabiliser la classe politique bosnienne. Dès lors, le rôle du Haut Représentant doit être limité au strict cœur de sa mission dans le cadre du volet civil des Accords de Paix.

Je vous remercie.

En savoir plus sur la Bosnie-Herzégovine.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU