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14 septembre 2011 - Conseil de sécurité - Somalie - Intervention de M. Emmanuel Bonne, représentant de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Mahiga, pour sa présentation et pour sa présence ici, aussi peu de temps après le succès de la conférence de Mogadiscio. Je tiens aussi à remercier le représentant de l’Union africaine et le premier ministre somalien de nous avoir rejoins aujourd’hui.

Monsieur le Président,

J’évoquerai d’abord la situation humanitaire en Somalie, elle reste extrêmement préoccupante.

La région de Bay a été déclarée la semaine dernière en situation de famine, ce qui porte à 6 les régions touchées par le fléau. Ce sont donc maintenant 4 millions de personnes qui sont concernées. 450 000 d’entre elles sont en danger de mort immédiat.

Pire, le pic de la famine n’a sans doute pas été atteint et il pourrait l’être dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois.

Il est donc impératif de soutenir l’effort collectif pour aider les Somaliens à traverser cette grave crise humanitaire. C’est pourquoi la France a alloué 30 millions d’euros d’aide d’urgence pour la Corne d’Afrique, et envoyé 18 tonnes de suppléments alimentaires pour les enfants par avion, ainsi que 381 tonnes de denrées alimentaires par bateau.

Je salue ici les efforts des agences des Nations unies et des ONG pour faire parvenir de l’aide aux Somaliens. C’est une tâche complexe dans un territoire encore contrôlé en majorité par le Shebab. Il est nécessaire à cet égard que l’ensemble des acteurs impliqués -ONG, équipe pays des Nations unies, AMISOM- se coordonnent au mieux.

La situation sécuritaire en Somalie demeure critique.

Le retrait des forces du Shebab de Mogadiscio a démontré que les choses peuvent changer dans le pays. La capitale est désormais entièrement sous le contrôle du GFT. L’AMISOM a joué un rôle clef : sans elle, Mogadiscio serait encore aux mains du Shebab aujourd’hui.

Il importe aujourd’hui de capitaliser sur cette avancée. L’AMISOM doit parvenir à sécuriser l’ensemble du territoire libéré et à conserver les positions acquises, en coordination étroite avec les forces armées du GFT et les milices alliées. Le vide laissé par le Shebab ne doit en tout cas pas être comblé par de nouveaux seigneurs de guerre. L’AMISOM doit aussi poursuivre ses efforts, avec les forces du GFT, pour réduire les zones encore sous contrôle du Shebab.

Pour renforcer l’AMISOM, nous avons permis l’an dernier, dans ce Conseil, le relèvement du plafond de troupes de 9 000 à 12 000 soldats. Nous souhaitons donc que l’Union africaine puisse maintenant tout mettre en œuvre pour que ce plafond de troupes autorisé soit atteint dans les meilleurs délais.

Le renforcement que nous envisageons aussi du paquet logistique fourni par les Nations unies à l’AMISOM doit encore contribuer au renforcement de la Force.

Mais souvenons nous que l’AMISOM n’est pas une fin en soi, c’est un moyen de rétablir la paix et de permettre l’établissement d’un Etat stable en Somalie. Il incombe aux Institutions fédérales de transition de poser les fondations de cet Etat au plus vite.

La France se réjouit donc de l’adoption de la " Feuille de route " le 6 septembre dernier à Mogadiscio : cette Feuille de route saura, nous l’espérons, faciliter, étape par étape, l’établissement d’un cadre constitutionnel, la réconciliation nationale et la fourniture de services de bases à la population.

Le GFT doit être conscient des délais courts qui lui sont impartis pour réaliser ces objectifs. Il faudra faire en moins d’un an ce qui n’a pas pu l’être en 6 ans. Il importera donc de respecter chaque échéance fixée par la feuille de route dès le départ, au risque sinon de manquer les objectifs fixés et d’échouer. Il reviendra aussi à la communauté internationale d’accompagner le GFT tout au long de ce processus et d’assurer son suivi de chaque étape.

Le soutien et l’expertise qui seront apportés par les Nations unies au GFT dans ce contexte seront déterminants. La présence des agences de l’équipe pays et d’UNPOS devra donc être renforcée autant que possible. C’est pour faciliter cette présence effective et efficace sur le terrain, à Mogadiscio, que nous appuyons la création d’une unité spécifique de l’AMISOM de 300 soldats, plus particulièrement en charge de la protection des personnels internationaux.

Monsieur le Président,

La communauté internationale a choisi d’apporter sa confiance et son soutien pour une année de plus aux institutions de transition somaliennes. Nous attendons de leur part dans les mois à venir une détermination et un engagement sans précédent, à la hauteur des attentes de la population somalienne.

Je vous remercie./.



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