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15 décembre 2010 - Conseil de sécurité - Session de haut niveau sur l’Irak - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie M. le Vice-Président Joe Biden, M. le Secrétaire général Ban Ki-moon, ainsi que Monsieur le ministre Zebari, de leurs interventions. Je voudrais m’associer à l’hommage qui a été rendu à l’Ambassadeur Holbrooke. En tant qu’Européen, je voudrais notamment rappeler le rôle qu’il a joué pour la conclusion des accords de Dayton qui ont mis un terme à la guerre en Bosnie-Herzégovine.

Monsieur le Président,

La France est heureuse de s’associer à cet exercice, qui marque une avancée dans le retour à la pleine souveraineté de l’Irak. La session d’aujourd’hui est l’occasion pour la France, et le Conseil dans son ensemble, de saluer le chemin parcouru par l’Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Sur tous les plans, politique, sécuritaire comme institutionnel, la République d’Irak est en bonne voie de parachever les efforts de reconstruction et de normalisation.. Le dynamisme de son économie en fournit la meilleure démonstration.

Les derniers développements politiques en Irak portent l’espoir d’une normalisation complète au plan institutionnel. Nous espérons que l’accord intervenu entre l’ensemble des formations politiques irakiennes le 11 novembre dernier en vue de former un gouvernement de partenariat national portera rapidement ses fruits. Nous avons toute confiance dans le fait que l’esprit de responsabilité dont ont fait preuve les dirigeants irakiens pour surmonter leurs divergences prévaudra pour résoudre les dernières questions pendantes avant la formation effective du gouvernement. Ce faisant, les acteurs politiques irakiens ont fait le choix de relever les défis de l’avenir qui s’ouvre à l’Irak et nous souhaitons leur apporter tout notre soutien.

Sur cette voie de la normalisation, la France a clairement choisi de s’engager aux côtés du peuple et des dirigeants irakiens. Cet engagement est d’abord un engagement politique, qui s’est traduit par de nombreuses visites au plus haut niveau : le Président de la République comme le Premier ministre se sont rendus à Bagdad ces deux dernières années. Il s’accompagne d’un engagement résolu sur le terrain, avec une reprise de notre coopération bilatérale dans les domaines de la défense, de l’industrie, de l’agriculture, de la sécurité intérieure, de la gouvernance, de l’environnement et de la culture.

Cet appui s’est traduit au niveau international, la France apportant son soutien à la demande légitime formulée par les autorités irakiennes de rendre à l’Irak le statut international qui était le sien avant le mois d’août 1990. La résolution 1859, que nous avons parrainée, fixait en 2008 cet objectif. Deux ans plus tard, et alors que l’Irak a accompli des efforts considérables pour s’y préparer, le Conseil a clos aujourd’hui trois volets de mesures prises sous chapitre VII. La France s’en félicite.

En ce qui concerne tout d’abord les restrictions concernant les armes de destruction massive et les activités nucléaires civiles, le Conseil avait indiqué sa disposition, le 26 février dernier, une fois les mesures nécessaires prises, à lever les restrictions. Nous pouvons aujourd’hui saluer les efforts réalisés par l’Irak dans ce domaine. Car la levée des sanctions en matière de désarmement et de non-prolifération, dont le symbole est lourd des errements du passé, permettra au nouvel Irak d’accéder à des technologies jusqu’alors interdites. C’est sur la base de la confiance retrouvée que nous engageons les autorités irakiennes à poursuivre leurs efforts, en contractant les engagements internationaux qui viendront consacrer la clôture de ces chapitres douloureux.

La France se félicite également que l’Irak retrouve aujourd’hui la pleine souveraineté sur ses recettes pétrolières. Le fait que le dispositif Pétrole contre Nourriture touche à sa fin manifeste de manière symbolique la normalisation du statut international de l’Irak, et le retour à sa souveraineté.

Si la France n’a pas été en mesure de soutenir ce texte aujourd’hui, ce n’est à l’évidence pas parce que son objectif lui pose le moindre problème. Cet objectif - permettre à l’Irak de retrouver sa pleine souveraineté sur les fonds retenus au titre du programme Pétrole contre nourriture - nous le soutenons bien entendu totalement.

Restent les modalités d’application, dans un dossier d’une grande complexité technique. Des discussions intenses mais tardives ont été engagées pour parvenir à un texte que l’ensemble des membres du Conseil de sécurité, et donc la France, puisse soutenir. Elles n’ont malheureusement pas permis de parvenir à temps à un texte qui comporte toutes les garanties relatives à la clôture des activités liées à ce programme, que nous jugions nécessaires. Nous souhaitons qu’il soit tenu le plus grand compte de nos demandes lorsque se matérialiseront les accords prévus par la résolution.

L’Irak doit pouvoir sortir du chapitre VII. En ce sens, nous nous félicitons des progrès accomplis par les gouvernements d’Irak et du Koweït pour trouver une solution aux questions qui restent pendantes entre les deux pays et nous encourageons le renforcement de leur coopération. Dans cette perspective, il est essentiel que l’Irak mette maintenant en œuvre sans plus tarder les dernières obligations internationales qui lui incombent au titre des résolutions du Conseil. La France continuera à l’avenir, comme elle l’a fait jusqu’à présent, à soutenir les efforts du gouvernement irakien, en concertation avec tous les acteurs concernés, pour prendre toutes les mesures permettant à l’Irak de redevenir un Etat intégré dans son environnement régional et international.

Les Nations unies, qu’il s’agisse du Conseil de sécurité ou de la MANUI, dont nous saluons le travail courageux sur le terrain, continueront d’apporter leur soutien à cet objectif. La France tient à renouveler sa disponibilité à aider ces deux pays amis, s’ils en expriment le besoin, à bâtir les fondations d’une coopération ambitieuse. Cette étape viendra, nous l’espérons, consacrer rapidement le processus de réintégration régionale dans lequel s’est engagé l’Irak avec succès et que nous soutenons pleinement.

Je vous remercie.



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