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15 février 2013 - Débat « Arria » du Conseil de sécurité sur les conséquences sécuritaires du changement climatique

Intervention de M. Jacques Lapouge, Ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique

Monsieur le Président,

Dix-huit mois après l’adoption par le Conseil d’une déclaration présidentielle qui reconnaissait que le changement climatique pouvait « à long terme, aggraver les menaces existantes à la paix et la sécurité internationales », je me réjouis de reprendre la discussion sur ce sujet d’une importance première pour l’action du Conseil à l’avenir et remercie les organisateurs de ce débat.

Je voudrais souligner trois points :

Premièrement, le changement climatique est bien réel, et nous en ressentons tous les jours les impacts. Les risques qu’il nous fait courir sont eux aussi bien réels. Il y a, bien sûr, la menace pour nos partenaires des Petits Etats insulaires en développement, dont l’existence-même peut être mise en péril, comme les orateurs l’ont abondamment démontré ce matin. Le climat est aussi une menace sur la productivité agricole, sur la disponibilité des ressources et sur la viabilité des régions côtières qui abritent plus du tiers de la population mondiale. Enfin, le changement climatique démultiplie les menaces à la paix et à la sécurité dans les régions et les Etats les plus fragiles.

Je me félicite ainsi que cette réunion nous donne l’occasion d’analyser les vecteurs de conflit sur lesquels le changement climatique aura les effets les plus immédiats. Je rappelle que le paragraphe 8 de la déclaration présidentielle de 2011 prévoyait déjà que soit systématiquement incluse, dans les rapports qu’adresse le Secrétaire général au Conseil, une analyse de l’impact du changement climatique sur la sécurité. Pour toutes ces raisons, le Conseil de sécurité doit prendre ses responsabilités aussi dans ce domaine, et assumer pleinement le mandat que lui confie la Charte pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Deuxièmement, nous devons agir aujourd’hui pour éviter que le Conseil de sécurité ne soit obligé demain de prendre des mesures de gestion de crise. La communauté internationale doit se mobiliser à tous les niveaux. Nous devons, et c’est bien là l’essentiel, viser l’adoption en 2015d’un accord international ambitieux et applicable à tous dans le cadre de la Convention Climat, tant en termes d’atténuation que d’adaptation. La France s’engage fortement dans ce sens, et s’est proposée pour accueillir la Conférence des parties de 2015, la CoP21.

Le Conseil de sécurité peut et doit, de son côté, prendre en compte l’impact de ses propres actions. Il n’est pas admissible que les opérations de maintien de la paix dégagent chaque année près d’un million de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, ou contribuent à l’épuisement des ressources rares dans les régions vulnérables où elles opèrent. La France se félicite que le Secrétariat de l’ONU ait commencé à agir pour limiter l’impact environnemental des opérations de maintien de la paix. Elle souhaite que cet effort soit poursuivi et amplifié.

Troisièmement, nous devons tous nous mobiliser pour contribuer à ce que les menaces ne se réalisent pas. C’est pourquoi la France, en tant que membre de l’Union européenne, de concert avec ses partenaires, soutient avec détermination l’engagement pris à Rio du renforcement d’une gouvernance mondiale du développement durable et de l’environnement. Cette responsabilité nous engage envers les générations futures. De cette responsabilité, la France prend sa part. Nous avons décidé d’affecter en priorité, ces trois prochaines années sur les moyens de l’Agence française de développement, plus 6 milliards d’euros, au secteur de l’accès aux énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. De plus, nous avons décidé d’affecter une part du produit de la taxe sur les transactions financières au « Fonds vert pour le climat », dont la création a été décidée à Copenhague.

La réunion de ce jour est pour nous tous aux Nations unies un appel à l’action. Ne perdons pas un instant, faisons de la menace climatique un outil de mobilisation pour prévenir des conflits qui pourraient en résulter et, à long terme, pour sauvegarder la Planète pour les générations futures.

Je vous remercie.



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