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15 mai 2014 - Conseil de sécurité - Bosnie-Herzégovine - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Haut représentant en Bosnie-Herzégovine pour sa présentation et je m’associe à l’intervention qui sera prononcée par l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Je concentrerai mon intervention sur trois points :

Les Bosniens ont clairement manifesté leur mécontentement en février dernier.

Comme le souligne M. Inzko, ces manifestations sont l’expression d’une défiance grandissante vis-à-vis d’une élite qui s’est jusqu’à présent montrée incapable de faire fonctionner les institutions du pays, de répondre aux besoins de la population ni de lui donner de perspective d’avenir.

Ces manifestations ont été limitées, avec des accès de violence, regrettables, mais qui n’ont heureusement fait que des dégâts matériels. Elles n’ont en rien remis en question le fonctionnement des institutions. Il s’agit là de la preuve du désir des Bosniens de faire entendre leur voix et de leur volonté de voir émerger une classe politique intègre, et digne de confiance. C’est le principal enseignement des comités populaires de réflexion qui ont été créés suite aux manifestations de février.

Nous souhaitons désormais que cette conscience politique nouvelle s’exprime pacifiquement à travers une forte participation citoyenne aux élections générales d’octobre prochain. D’ici là, la campagne politique doit permettre à ceux qui aspirent à diriger la Bosnie-Herzégovine de prouver qu’ils seront en mesure de répondre aux aspirations, notamment socio-économiques, de tous les Bosniens.

Les manifestations de février prouvent que les Bosniens, dont certains n’étaient même pas nés à l’époque de la Yougoslavie, aspirent aujourd’hui à un autre avenir. Nous devons collectivement œuvrer pour leur offrir une perspective de long terme.

Monsieur le Président,

Seule la perspective d’intégration européenne offre une voie d’avenir viable pour la Bosnie-Herzégovine et cette perspective doit agir comme catalyseur de la transformation de ce pays.

Nous réaffirmons notre attachement à voir la Bosnie-Herzégovine rejoindre l’Union européenne en tant que pays uni, souverain et jouissant de sa pleine intégrité territoriale. Cet espoir est largement partagé par la population de Bosnie-Herzégovine auprès de qui l’Union européenne n’a jamais perdu son attrait. Nous souhaitons voir cette aspiration mutuelle traduite dans les faits.

C’est notamment dans le domaine socio-économique que l’Union européenne a tout son rôle à jouer. En lançant l’initiative en faveur de la croissance et l’emploi, l’Union européenne agit doublement en Bosnie-Herzégovine : en intervenant directement en réponse aux besoins économiques de la population ; en accompagnant les autorités du pays pour qu’elles prennent les mesures de réforme nécessaires pour permettre l’émergence d’un tissu économique durable.

Pour autant, il n’en demeure pas moins que les dirigeants de la Bosnie-Herzégovine devront nécessairement à l’avenir entreprendre des réformes destinées à rendre leur pays plus fonctionnel.

Enfin, si la mission de l’Union européenne, EUFOR Althea, conserve une capacité résiduelle de soutien aux autorités de Bosnie-Herzégovine, c’est avant tout dans le domaine du développement des capacités que l’Union européenne doit intervenir pour permettre aux forces de sécurité bosniennes d’opérer de manière autonome.

Monsieur le Président,

Le cadre hérité de Dayton demeure le référenciel de l’action de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine.

Le Haut-représentant, M. Inzko, garant des accords de paix, a notre plein soutien. Nous rendons hommage à ses efforts impartiaux pour accompagner l’émergence d’un Etat uni et qui réponde aux pleines aspirations des Bosniens. Nous rappelons à ce titre que toutes les parties ont l’obligation de coopérer avec lui et ses services aux termes mêmes des accords et, notamment, de lui transmettre la documentation requise.

Nous appelons également toutes les parties constituantes de Bosnie-Herzégovine à cesser toute rhétorique nationaliste et à mettre fin à toute action divisant le pays. Notre message est clair : il ne peut y avoir de remise en cause de l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.

L’avenir de la Bosnie-Herzégovine passe par la collaboration toujours plus étroite entre les entités qui la composent. La réconciliation intercommunautaire est essentielle pour consolider le sentiment d’appartenance tous à une histoire et à une destinée commune.

C’est dans cet esprit de réconciliation que la France s’est engagée dans la commémoration du souvenir du premier conflit mondial en Bosnie-Herzégovine.

Je vous remercie.


En savoir plus sur la Bosnie-Herzégovine.



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