Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

15 novembre 2011 - Conseil de sécurité
La situation en Bosnie-Herzégovine - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie M. Inzko, Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine pour sa présence et le rapport qu’il vient de faire au Conseil. Je saisie également cette occasion pour saluer la contribution de la Bosnie-Herzégovine aux travaux de ce Conseil. Je m’associe à la déclaration que fera le chef de la délégation de l’Union européenne un peu plus tard.

Monsieur le Président,

Nous nous apprêtons à renouveler pour un an l’autorisation d’action d’EUFOR ALTHEA dans un contexte politique lourd d’incertitudes pour la Bosnie-Herzégovine.

La situation sécuritaire est calme et stable depuis plusieurs années. Le mérite en revient aux Bosniens eux-mêmes et leurs institutions. Les arrestations de Ratko Mladic le 26 mai dernier et de Goran Hadzic le 20 juillet suivant, et leur transfert immédiat à La Haye pour y être jugés constituent un développement positif qui clôt une étape, toutes les personnes poursuivies par le Tribunal Pénal International pour l’ex Yougoslavie ayant désormais été arrêtées. Je relève que ces arrestations n’ont déclenché aucune réaction significative sur le terrain.

Mais depuis maintenant plus d’un an et les élections d’octobre 2010, le pays a été incapable de former un nouveau gouvernement central. Le conseil des ministres démissionnaire gère les affaires courantes, le budget fonctionne sur une base temporaire.

Cette absence de gouvernement commence à avoir un impact négatif important sur l’économie et diffère les réformes qui permettraient de progresser dans la voie européenne. Nous invitons donc tous les dirigeants bosniens à trouver rapidement les compromis nécessaires à la constitution d’un gouvernement central et à la reprise du processus de réformes, à commencer par la mise en conformité de la constitution avec la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme. Ne pas le faire serait se condamner à tourner le dos à toute perspective européenne alors que, les uns après les autres, tous les Etats de la région saisissent cette opportunité et se préparent, chacun à son rythme, à rejoindre un jour de plein droit la famille européenne.

Ceci requiert en préalable la reprise du dialogue politique et à l’inverse d’abandonner le recours à une rhétorique nationaliste aujourd’hui encore trop présente allant jusqu’à nier la légitimité de l’Etat de Bosnie-Herzégovine, membre des Nations unies et du Conseil de sécurité ou attaquant la légalité des décisions du Haut Représentant. Ce dernier élément rend nécessaire que le personnel du bureau du Haut Représentant puisse bénéficier des garanties adéquates en termes d’immunités.

Au-delà des paroles, il y a les actes. La France reste à ce titre très préoccupée et met en garde les dirigeants bosniens contre toute initiative qui contreviendrait aux accords de paix de Dayton-Paris, et qui constituerait une menace pour la stabilité et l’intégrité du pays. D’une manière plus générale, la France appelle de nouveau les dirigeants de Bosnie-Herzégovine à revenir au dialogue, à surmonter leurs divisions et à inscrire leur action dans une logique de consolidation d’un Etat fonctionnel et respectueux des principes démocratiques. Il leur en revient la responsabilité en tout premier lieu, ils ont reçu le vote des électeurs bosniens pour cela.

Monsieur le Président,

Dans ce contexte, je tiens ici à réaffirmer l’attachement de mon pays à l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.

Le Haut Représentant, garant des Accords de Paix au nom de la Communauté internationale, son action, son dialogue avec les représentants politiques bosniens reçoivent tout notre soutien.

Je souhaite à cet égard signaler tout particulièrement l’engagement renforcé de l’Union européenne aux côtés de la Bosnie-Herzégovine. L’Union européenne a agrée au printemps dernier une approche renforcée pour la Bosnie-Herzégovine et sa présence sur le terrain vient d’être consolidée en conséquence, un nouveau Représentant Spécial Délégué de l’UE, M. Sorensen, a pris ses fonctions il y a quelques mois pour accompagner et soutenir le pays dans son processus de consolidation et de réformes. Il a tout notre soutien. Par ailleurs, comme les ministres des Affaires étrangères de l’UE l’ont décidé le 10 octobre dernier, EUFOR ALTHEA sera reconfigurée pour se recentrer sur la formation et le conseil de force armée bosnienne tout en conservant les moyens pour prendre en charge, le cas échéant, les tâches exécutives en soutien des efforts des autorités bosniennes.

Afin d’améliorer l’efficacité de notre action, nous devons à Bosnie-Herzégovine un effort constant d’adaptation de notre présence à la situation sur le terrain, qu’il s’agisse de la présence civile et militaire de l’Union européenne ou de la reconfiguration du Bureau du Haut Représentant. La France prend pleinement part à cet effort.

Je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU