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16 avril 2010 - Conseil de sécurité- Débat public sur la consolidation de la paix : intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Stratégie pour prévenir la récurrence des conflits

Je remercie son excellence M. Katsuya OKADA, ministre des Affaires étrangères du Japon, pour sa présence parmi nous aujourd’hui, et le Japon pour avoir organisé ce débat public sur ce vaste sujet qu’est la consolidation de la paix.

Je remercie également le Secrétaire Général, le ministre des Affaires étrangères d’Afghanistan, le ministre de la Défense de la Sierra Léone, la Ministre de la justice du Timor oriental et la Banque Mondiale pour leur présence et pour les déclarations qu’ils ont prononcées ce matin.

La France s’associe à la déclaration que prononcera l’Union Européenne tout à l’heure.

Monsieur le président,

Les Nations unies concentrent tous les instruments - politique, militaire, humanitaire et de développement - sur lesquels nous pouvons appuyer une stratégie efficace qui évitera aux pays fragilisés par la guerre de retomber dans des conflits.

En premier lieu, les stratégies de consolidation de la paix les plus efficaces sont généralement définies sur le terrain en accord avec les autorités locales. L’appropriation nationale est un aspect fondamental de leur réussite. Comme l’a souligné le Secrétaire Général dans son rapport de juillet 2009, des efforts doivent s’ancrer dans les politiques des pays, en tenant compte des capacités locales, nationales et internationales disponibles. La conférence de Londres sur l’Afghanistan en janvier dernier a ainsi réaffirmé l’engagement à long terme de la communauté internationale aux côtés du peuple et des autorités afghans, sur la base d’une feuille de route prévoyant l’accélération de la prise en main de leurs responsabilités souveraines par les Afghans.

Monsieur le président,

L’instauration d’une paix durable dans un pays sortant de conflit passe ensuite par une meilleure cohérence des stratégies appliquées et par la participation de tous les acteurs de la consolidation de la paix, qu’il s’agisse des agences des Nations Unies, des institutions financières internationales, des organisations non gouvernementales, des gouvernements nationaux ou de la société civile.

Ce rôle de coordination revient en premier lieu à la Commission de Consolidation de la Paix. Il y a cinq ans, le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale ont créé cet organe consultatif subsidiaire pour permettre une meilleure harmonisation des acteurs et des ressources. Aujourd’hui, force est de constater que les résultats obtenus en la matière peuvent et doivent être améliorés.

En effet, l’architecture onusienne de la consolidation de la paix doit être capable de répondre aux réalités sur le terrain et de mieux répondre aux attentes des Etats membres en définissant des axes prioritaires qui seront traités par l’ensemble des acteurs sur le terrain. La Commission de Consolidation de la Paix doit devenir un élément central et reconnu, tant à New York que sur place et tant au sein des Nations unies que parmi la communauté internationale.

Le fonds de Consolidation de la paix, créé en parallèle de la Commission, doit avoir un rôle de catalyseur, en mobilisant les donateurs bilatéraux et multilatéraux. Mais il faut répondre non seulement aux besoins immédiats mais aussi à plus long terme. Ici, réside l’une des plus grandes difficultés de la consolidation de la paix : nous devons être capables à la fois d’anticiper, d’agir et de faire évoluer nos stratégies de manière à éviter qu’un pays ne retombe dans le conflit.

Monsieur le président,

Au delà des cas dont la CCP est saisie, nous devons travailler à améliorer la coordination de l’ensemble des acteurs de la famille des Nations unies, notamment dans les pays où des Opérations de maintien de la paix ou des missions politiques spéciales sont déployées. C’est le cas notamment en République démocratique du Congo. De nouveaux outils adaptés, comme les cadres stratégiques intégrés permettent de coordonner l’action de l’ensemble des acteurs au profit de pays où un effort de consolidation de la paix est nécessaire.

Pour conclure, monsieur le président, je voudrais rappeler que la consolidation de la paix ne dépend pas nécessairement d’une sortie officielle de conflit. L’exemple malheureux du Timor Leste a montré qu’un retrait trop précipité d’une opération de maintien de la paix et une absence de prise en charge suffisante du processus de transition pouvait conduire à une reprise du conflit. Afin de mettre en place des stratégies durables, applicables à moyen et long terme, la consolidation de la paix doit être clairement comprise comme une dimension du maintien de la paix, et non seulement comme la séquence suivante. Le débat que la France a organisé le 12 février dernier a montré l’importance d’intégrer la dimension consolidation de la paix dès le lancement d’une OMP. L’intensification des relations entre la CCP et le Conseil de sécurité pourrait aussi permettre de renforcer cette relation entre maintien et consolidation de la paix.

La révision de la CCP doit permettre de renforcer celle-ci et de donner aux Nations unies un outil véritablement efficace pour éviter que les pays ne retombent dans les conflits.

Je vous remercie./.



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