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16 mai 2011 - Conseil de sécurité - Menaces à la paix et à la sécurité internationales causées par des actes de terrorisme - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je souhaite remercier les Ambassadeurs Wittig, Puri et Sangqu pour leur présentation et m’associe à la déclaration que prononcera le représentant de la délégation européenne au nom de l’Union européenne.

Permettez-moi de faire quelques remarques à titre national :

Le terrorisme international reste une menace sérieuse pour la paix et la sécurité internationales. La mort de Ben Laden ne veut pas dire la fin d’Al Qaïda. Le combat contre les criminels qui s’en réclament doit donc se poursuivre sans relâche et rassembler tous les Etats membres des Nations unies.

Les Nations unies doivent rester mobilisées à travers l’action de leurs trois comités de sanctions.

— Premièrement, le régime de sanctions mis en place en 1999 contre Al Qaïda et les Taliban doit continuer à évoluer, ce qui ne l’affaiblit pas mais au contraire le renforce. La prochaine révision de la résolution 1904 doit donc être l’occasion de nous assurer de l’efficacité des sanctions, de leur adaptation à une menace en constante mutation et de leur légitimité. Nous devons pour cela prendre en compte l’évolution de la relation entre les Taliban et Al Qaïda depuis 10 ans et leurs objectifs respectifs. Nous voulons également que ce régime de sanctions ait un impact plus direct sur la recherche d’une solution politique au conflit en Afghanistan. Nous voulons renforcer la légitimité du régime actuel, en répondant à certaines critiques, parfois justifiées, en améliorant les procédures mises en place par la résolution 1904.

— Deuxièmement, dix ans après sa création, le Comité contre le terrorisme continue de faire progresser la lutte contre le terrorisme au niveau mondial, alors que les Etats doivent sans cesse faire face à de nouveaux défis. Je citerai deux domaines dans lesquels le Comité, grâce au soutien de la Direction exécutive du Contre-terrorisme, apporte une valeur ajoutée reconnue par tous : la protection des frontières et la lutte contre le financement du terrorisme. Ainsi, le séminaire régional organisé récemment par la DECT à Nouakchott, et auquel ont participé des praticiens de toute la région sahélienne, ouvre la voie à une amélioration de la coopération régionale dans une zone particulièrement touchée par le terrorisme. La lutte contre le terrorisme suppose aussi, pour de nombreux Etats, de renforcer leurs capacités techniques. La France y contribue et est déterminée à soutenir les efforts de la DECT dans ce domaine.

— Troisièmement, en ce qui concerne le Comité 1540, je voudrais à mon tour me féliciter de l’adoption à l’unanimité de la résolution 1977, qui renouvelle pour une période de dix ans le mandat du Comité. Le Conseil envoie ainsi un message clair, et uni, sur la nécessité d’une action de long-terme de la communauté internationale pour lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.

La résolution 1977 donne aussi au Comité les moyens d’assurer de manière plus efficace son mandat. Je pense notamment au renforcement du groupe d’experts chargé de l’assister, aux mécanismes d’examen quinquennal, à la possibilité pour le Comité d’établir des priorités spécifiques, au développement du partage d’expérience et de bonnes pratiques, ou encore à la promotion d’un dialogue actif du Comité, notamment sur place, avec les Etats concernant leurs efforts de mise en œuvre. Nous nous félicitons également que la résolution 1977 renforce l’action du Comité en matière d’assistance, domaine auquel nous attachons beaucoup d’importance. La France est ainsi disposée à accueillir à Paris, en collaboration avec le Bureau des affaires de désarmement, une conférence sur l’assistance.

Il ne s’agit plus seulement de faire connaître la résolution 1540, mais de concentrer nos efforts sur sa mise en œuvre concrète par tous les Etats membres. La résolution 1977 nous fournit une feuille de route claire pour les 10 ans à venir. C’est à nous maintenant d’utiliser ces nouveaux outils ; nous comptons y travailler activement avec les autres membres du Comité.

Enfin, la coordination est importante, c’est pourquoi la France apporte tout sont soutien aux travaux de l’Equipe spéciale contre le terrorisme qui doit poursuivre son travail de coordination des différents acteurs, y compris les trois comités dont il est question aujourd’hui.



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